9 juillet 2018

Panthéonisation

Par Alexis Arette

Certes, l’apôtre a bien assuré que l’époux fidèle sanctifie l’époux infidèle, de sorte que l’on peut penser que la gloire de Simone Veil doit rejaillir sur son époux, et pourtant j’ai constaté autour de moi que bien des gens s’étonnaient de la chose.

Panthéon.

Panthéon.

C’est que les Français ne savent pas que la panthéonisation n’a pas de règles très précises, et que Madame Berthelot, qui ne s’était distinguée que dans sa cuisine, y fut admise avec son mari, un chimiste éminent.

On se demande cependant pourquoi tant de panthéonisés, restent-ils sans leurs compagnes ? Tous ne furent pourtant pas cocus ! Mais l’Égalité républicaine a autant de mystères que la religion.

Le premier honoré dans ce temple, primitivement dédié à Sainte Geneviève, fut Mirabeau, une immense fripouille que sa famille avait dû faire interner pour éviter le déshonneur. Mais il avait eu le mérite d’inciter la révolution à jeter la tête du Roi à l’Europe comme un défi…

Le second panthéonisé fut Marat, et comme on venait de découvrir que Mirabeau était une franche canaille, on le jeta dehors. Mais Marat devait subir le même sort, quand on eut les preuves de sa folie sadique. Et certains rapportent que sa charogne fut jetée à la voirie.

À sa place, on panthéonisa Jean-Jacques Rousseau qui avait laissé ses enfants aux soins de l’assistance publique pour avoir le temps de philosopher. C’est lui qui s’en prit à la logique de Descartes, en déclarant : « Écartons les faits ! Ils n’ont rien à voir à l’affaire ! »

Cela allait permettre à la république de ne tenir compte que des utopies.

On passa ensuite à Voltaire qui devait renverser le Décalogue en affirmant : « Il faut mentir comme un diable, non pas timidement, non pas pour un temps, mais hardiment et toujours ! »

Il eut comme émule lointain un certain Charles De Gaulle qui en fit son crédo politique.

Il paraît que le couple Veil reposera entre Messieurs Monnet et Cassin que je tiens pour deux malfaisants notoires.

Monnet nous fit entrer dans l’Europe américanisée que nous subissons encore et Cassin, qui se prétendait juriste, s’appliqua à prouver que l’élection du Maréchal Pétain reconnue par tous les pays du monde, était en fait illégitime puisque de Gaulle l’avait décidé ainsi !

Je ne dirai rien du fastueux cortège qui accompagna les Veil au Panthéon. Je pense qu’il y avait aussi le cortège invisible de 8 millions de petits citoyens assassinés depuis la légalisation du meurtre prénatal. Mais il est vrai que ce n’était pas exactement dans les intentions de Madame Veil.

Madame Veil avait pensé admettre l’avortement pour des cas de détresse. Grâce au laïcisme, le cas de détresse allait devenir ce qu’il est aujourd’hui : soit la gêne de toute grossesse… et le meurtre prénatal allait ainsi devenir une industrie florissante de la société avancée. C’était le triomphe de la « Chienlit » de 1968, avec « Il est interdit d’interdire ! »

Le « permis de tuer », rendu célèbre par les films de James Bond devenait un permis populaire. Chaque femme pouvait tuer son enfant en sachant qu’elle était dans le sens du progrès républicain…

Et pourtant, la Synagogue comme l’Église condamne le meurtre prénatal. Mais Madame Veil n’avait plus la foi héroïque des maccabées. Questionné à ce sujet, un membre très éminent du consistoire juif de France, me déclara : « Simone Veil ? Mais nous la vomissons ! C’est une apostate ! Elle n’entre jamais dans une synagogue ! »

En dehors de sa célébrité sur la loi meurtrière, Simone Veil n’était qu’une victime de la barbarie nazie sans plus de mérite que tant d’autres victimes juives, bohémiennes où chrétiennes. Intelligente, elle devint une très habile femme d’affaires, mais conçut une effroyable fureur de son échec aux élections de 1989. Alors que les médias sous la dictature du « lobby qui n’existe pas » (expression de François Mitterrand !) la présentaient comme la femme « la plus populaire de France », elle obtint le score ridicule de 8,43 % des suffrages, alors que Giscard en obtenait 29 % !

Sa colère se reporta sur son directeur de campagne, François Bayrou, qu’elle traita de traître et d’illuminé.

On a dit que lors des manifestations contre le mariage homosexuel, elle s’était un instant mêlée à la foule des chrétiens, mais la crapule veillait et insinua qu’elle n’avait plus toute sa tête.

Rappelons que l’on modifia le code de la décoration pour lui permettre d’être faite grand officier de la Légion d’honneur, sans passer par les grades subalternes !

Prisonnière des honneurs, on peut se demander si Simone Veil, vieillissante, pouvait échapper à l’entourage qui s’en était servi. Une chose est certaine : c’est qu’elle aurait dû admettre et dire que sa famille fut protégée, comme tant d’autres familles juives, tant que la zone libre qui dépendait de Vichy ne fut pas occupée.

Ainsi, sans parler d’Emmanuel Berl qui écrivit les premiers discours du Maréchal Pétain, elle aurait pu tenir compte d’un historien comme Georges François Dreyfus qui estimait devoir la vie des siens au Maréchal Pétain !

Il faut citer aussi la journaliste communiste Annie Kriegel qui revenue de ses erreurs, se demandait si la politique du Maréchal n’avait pas été plus favorable aux Français juifs, qu’aux autres français !

Quant à son homonyme, la grande Simone Weil qui, après avoir combattu dans les brigades internationales, se convertit au Christ, elle affirma qu’il faudrait retenir pour l’avenir, un certain nombre de principes de la Révolution Nationale !

Si nous sortons un jour de la dépendance yankee, si les salaires des parvenus sont remis en question, si les avortoirs sont fermés, si la peine de mort empêche les criminels de récidiver, si l’islam est contenu, si les peuples constituants de la France retrouvent le sens de la fête de la Fédération, alors peut-être y aura-t-il une dépanthéonisation qui fera la distinction entre le privilège et le mérite.

Bien sûr, rien aujourd’hui ne permet de l’espérer, mais demain, qui sait ?

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