30 juillet 2016

L’Union européenne et l’Iran

Par Hans Joachim Froh

Les anciens commissaires européens Karel de Gucht et Louis Michel ont critiqué la décision de l’UE d’entamer des relations commerciales avec l’Iran. Les deux anciens commissaires belges au Commerce et à la coopération internationale et au développement plaident en effet pour que soit remis au centre de ces accords, le respect des droits de l’Homme.

La Commission actuelle, présidée par Jean-Claude Juncker et qui avait envoyé en avril 2016, pas moins de huit commissaires européens en Iran, guidés par Federica Mogherini, suite à la levée des sanctions économiques et financières, est particulièrement embarrassée.

La lettre des deux commissaires estime que toute relation avec l’Iran devrait être liée à des progrès visibles dans les droits de l’Homme et leur mise en œuvre, alors même que Le nombre d’exécutions dans le pays donne une terrible image de la machine à tuer de l’État. Rappelons également les liens étroits de l’Iran avec le Hezbollah, inscrit sur la liste des mouvements terroristes de l’UE. Le courrier des deux commissaires insiste aussi sur la répression des minorités ethnique et religieuse, la marginalisation des femmes, le manque de garanties pour des élections libres et justes et l’attitude agressive de l’Iran envers les États européens. Force est d’admettre que l’Union européenne a pris cette initiative dans le cadre de la continuité de la « nouvelle ère » de relations bilatérales que les autorités européennes cherchent à développer avec Téhéran, suite à l’accord intervenu sur le nucléaire.

En avril 2016 à Téhéran, Federica Mogherini ne s’était pas embarrassée de précaution particulière et avait « osé même penser qu'(elle parlait) au nom des 500 millions d’Européens qui soutiennent cette nouvelle ère. »

Si les ONG et les députés européens déplorent la place secondaire qui a été accordée aux droits de l’Homme pendant la visite de l’UE en Iran, l’Onu rappelle aussi la détérioration constante de la situation s’agissant des exécutions et les « failles fondamentales » de l’administration judiciaire.

Rappelons aussi que cette relance des relations avec l’Iran a eu lieu malgré le nombre record d’exécutions dans le pays et que l’Union européenne maintient toujours les sanctions imposées au pays, en raison des nombreuses violations des droits de l’Homme mais aussi des liens de ce pays avec les organisations terroristes.

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