par Michel Grimard, Président du ROUE. 

Renouer des liens avec la Russie n’avait rien d’outrancier, comme voulaient le faire croire tous ceux qui, sans relĂąche, nous dĂ©considĂ©raient sans nous permettre de nous exprimer. Il semble que nos appels Ă  cesser de refuser le dialogue et Ă  faire preuve d’un plus grand rĂ©alisme aient Ă©tĂ© entendus.

Notre confĂ©rence-dĂ©bat du 20 mars dernier « Comment relancer les relations avec la Russie » a reçu un Ă©cho favorable. Elle a aidĂ© Ă  faire prendre conscience de l’absurditĂ© des nocives relations franco-russes et du nĂ©cessaire rĂ©tablissement de liens raisonnables.

Comme l’a dĂ©clarĂ© le PrĂ©sident Emmanuel Macron : « Il faut effacer les frictions passĂ©es, ce qui n’efface pas forcĂ©ment des points de tension sur l’actualitĂ©. »

Nous nous rĂ©jouissons des propos chaleureux qu’il a tenus sur la Russie, « grande puissance profondĂ©ment europĂ©enne ».

« Cette Europe qui va de Lisbonne à Vladivostok ».

Des positions constamment affirmĂ©es par le ROUE et qui figurent dans sa charte. De la mĂȘme façon que la France a dĂ©fendu la rĂ©intĂ©gration de la Russie au Conseil de l’Europe, elle doit Ɠuvrer pour qu’elle retrouve sa place dans le G7, dont elle a Ă©tĂ© exclue en 2014 lors de l’annexion de la CrimĂ©e.

La crĂ©dibilitĂ© de ce groupe en dĂ©pend. Les membres du G7 sont-ils exempts de tous reproches ? Non, certains ont annexĂ© ou maintiennent sous leur tutelle des rĂ©gions ou des pays qui leur sont parfois plus Ă©trangers que la CrimĂ©e Ă  l’égard de la Russie.

Pour ne citer qu’eux, c’est le cas de l’Angleterre avec l’Irlande du Nord et Gibraltar, de la Chine avec le Tibet.

Puissance importante, incontournable sur la scĂšne internationale, la Russie ne peut ĂȘtre absente du G7. L’Europe doit certes se soustraire aux antagonismes Washington-Moscou qui l’impactent, mais la Russie demeure le partenaire qui s’impose naturellement et logiquement Ă  l’Europe. Seule la conjoncture dicte actuellement le rapprochement avec la Chine, dont les intĂ©rĂȘts sur l’extrĂȘme SibĂ©rie sont sources d’affrontements futurs avec la Russie.

L’Union europĂ©enne doit tenir compte de cette contradiction et agir avec maĂźtrise et subtilitĂ© Ă  l’égard de la Russie, sans laquelle une Europe, mĂȘme unie, serait orpheline d’un atout essentiel. Maintenir le lien transatlantique, certainement, mais en finir avec l’OTAN, instrument de vassalitĂ© de l’Europe au service des États-Unis, est un impĂ©ratif.

Concevoir avec la Russie une nouvelle architecture de sĂ©curitĂ© pour l’Europe, comme le souhaite le PrĂ©sident Emmanuel Macron, mĂ©rite intĂ©rĂȘt, mĂȘme si l’idĂ©e a Ă©tĂ© Ă©voquĂ©e plusieurs fois dans le passĂ©.

La rĂ©activation la plus rĂ©cente a eu lieu en 2010 sous la prĂ©sidence de Dimitri Medvedev. En octobre 2011, le ROUE a d’ailleurs organisĂ© un diner-dĂ©bat sur le thĂšme « L’Europe ne peut Ă©viter une refonte de son architecture de sĂ©curité ».

Monsieur Dimitri Rogozine, Ă  l’époque Ambassadeur de la FĂ©dĂ©ration de Russie auprĂšs de l’OTAN y participait. Il fut, dans les semaines qui suivirent, nommĂ© Vice Premier Ministre, chargĂ© de la dĂ©fense et de l’industrie spatiale. Il est aujourd’hui Directeur GĂ©nĂ©ral de la Corporation d’État de ROSCOSMOS.

Dimitri Rogozine.

Dimitri Rogozine.

Au moment oĂč le PrĂ©sident Donald Trump montre sa versatilitĂ© concernant la dĂ©fense de l’Europe et sa stratĂ©gie unilatĂ©rale de mise en cause des traitĂ©s, FNI et Ă  terme START III, le renouvellement de l’architecture de sĂ©curitĂ© de notre continent devient une urgence.

Si la naĂŻvetĂ© n’est pas de mise en diplomatie, il ne convient pas, pour autant, de bloquer toute initiative, comme le font la Pologne et les pays Baltes qui refusent systĂ©matiquement les discussions et recherches de paix, dĂšs qu’il s’agit de la Russie.

Leur atlantisme viscĂ©ral les rend totalement tributaires de l’OTAN et ambivalents sur la dĂ©fense europĂ©enne, car proches dans les dĂ©clarations, mais Ă©loignĂ©s dans les actes. Ils agissent Ă  l’opposĂ© de la Finlande qui prĂŽne le dialogue avec la Russie, dont elle a eu Ă©galement Ă  pĂątir.

Pour certains, le projet d’une nouvelle architecture de sĂ©curitĂ© europĂ©enne serait un piĂšge tendu par la Russie, au prĂ©texte qu’elle serait mue par un unique but – dĂ©truire l’Europe –, alors que celle-ci n’aurait jamais manifestĂ© la moindre agressivitĂ©.

C’est oublier sa volontĂ© d’introduire l’OTAN en Ukraine et en GĂ©orgie, pour complĂ©ter l’encerclement de la Russie. Au lieu de dresser des barriĂšres sources de suspicions et par lĂ  mĂȘme de conflits, recherchons des structures communes, privilĂ©giant la paix.

Dans cet esprit et face au rejet des diffĂ©rents traitĂ©s sur le contrĂŽle des armements qui favorisent, de nouveau, leur libre prolifĂ©ration, la France doit ĂȘtre prĂ©sente lors des Ă©ventuelles discussions sur ce sujet.

La relance du ComitĂ© consultatif de coopĂ©ration gelĂ© en 2014, participe Ă  cette volontĂ© de rapprochement voulue par le PrĂ©sident Emmanuel Macron. La rĂ©union du 2+2 Ă  laquelle participait d’ailleurs Dimitri Rogozine, ne peut que les prĂ©munir mutuellement en facilitant la comprĂ©hension entre les deux pays.

AprĂšs avoir remerciĂ© la France pour ses efforts en faveur de la rĂ©insertion de la Russie au sein du Conseil de l’Europe, le PrĂ©sident Vladimir Poutine a dĂ©montrĂ© sa volontĂ© d’apaisement. Comme convenu, les Ă©changes de prisonniers entre Kiev et Moscou ont eu lieu et se sont bien dĂ©roulĂ©s ; d’autres doivent suivre.

Un dĂ©but de processus de paix dans le Donbass, alliant Ă©lections et promulgation d’une nouvelle loi accordant un statut spĂ©cial pour cette rĂ©gion, a Ă©tĂ© saluĂ© comme une avancĂ©e majeure par la Russie. À Kiev d’agir.

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99