24 janvier 2017

Brèves d’Europe fin janvier 2017

Par Patrick Parment

 

Union européenne. C’est finalement l’Italien Antonio Tajani, 63 ans, qui a été élu président du Parlement européen, avec 351 voix sur 713 (contre 282 à son adversaire et 80 blancs ou nuls). Élu pour deux ans et demi, il remplace Martin Schulz, qui a renoncé à un troisième mandat pour tenter sa chance sur la scène politique allemande.

Antonio Tajani (PPE) doit son succès au soutien de dernière minute de l’Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ADLE). Mais ces retrouvailles ont un prix. L’ADLE a négocié quatre postes de vice-président, contre trois auparavant, et le poste clé de président des présidents de commission.

Plusieurs sources européennes annoncent que l’UE va demander très vite la somme de 40 milliards € à la Grande-Bretagne comme « solde de tout compte » pour quitter le navire européen. Boris Johnson accuse François Hollande de vouloir soumettre l’Angleterre à une « dérouillée punitive. »

« En perte d’influence », « marginalisée », « transparente » – tels sont les attributs qualifiant le plus souvent la présence française au Parlement européen. La tendance n’est pas au changement.

« Brice Hortefeux, Rachida Dati ou Nadine Morano comptent pour zéro dans l’influence française », regrette une source socialiste. Mais à gauche, Vincent Peillon et ses camarades ne sont pas non plus des plus assidus.

Aucun d’eux n’est favori pour occuper les postes de président de commissions redistribués la semaine prochaine. Seule Sylvie Guillaume (PS) a été réélue vice-présidente du Parlement. C’est la seule Française à ce poste. « Les autorités nationales ne s’intéressent pas d’assez près aux responsabilités des eurodéputés », constate-t-elle.

Angleterre. Interrogé sur la possibilité que le Royaume-Uni devienne le paradis fiscal de l’Europe, le ministre de l’Économie Philip Hammond a prévenu que si son pays « n’a aucun accès au marché européen », il pourrait « changer de modèle économique » pour regagner de la compétitivité.

Discours sans ambiguïté de Theresa May : « Nous quittons l’Union européenne (UE), mais nous ne quittons pas l’Europe, le Brexit doit permettre de contrôler le nombre d’Européens qui viennent ici », a insisté Theresa May.

Ce départ doit aussi permettre aux Britanniques de développer leurs « propres accords commerciaux », « construire une Grande-Bretagne mondiale […] et accroître les échanges avec les grands marchés du monde. »

Allemagne. La Cour constitutionnelle a une nouvelle fois rejeté la demande d’interdiction du NPD, ce parti d’extrême droite, dont les dirigeants sont officiellement surveillés par les services de Renseignement. Motif : ne présente aucun danger vu sa faible audience.

Moteur économique de l’Europe, Angela Merkel est devenue la cible répétée de Donald Trump alors qu’ils ne se sont jamais rencontrés. En réponse, la chancelière allemande a multiplié les appels à l’unité. « Résoudre les problèmes, que cela soit l’immigration ou la croissance économique, cela dépend de nous seuls » a-t-elle avancé.

Alors qu’elle dirige la présidence du G20 cette année, Angela Merkel appelle aussi les milieux économiques allemands à serrer les rangs face aux menaces de protectionnisme. Pour elle, le libre marché est « le meilleur préalable au maintien de la prospérité ».

Les inquiétudes face à une possible guerre commerciale avec Washington sont toutefois réelles outre-Rhin. Les États-Unis sont depuis 2015 le premier partenaire commercial de l’Allemagne, devant la France, grâce notamment au secteur automobile.

Lituanie. Ce pays va ériger une clôture à la frontière en tenant compte de la zone fortement militarisée de Kaliningrad. « Les raisons sont économiques – empêcher la contrebande, et géopolitiques – renforcer la frontière extérieure de l’Union européenne », a dit le ministre de l’Intérieur, Eimutis Mislunas. La construction de cette clôture de 130 km environ, haute de deux mètres devrait être achevée avant la fin de l’année.

Russie. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a souhaité, « bonne chance » à son homologue américain John Kerry, avec qui il conserve des « liens très chaleureux et amicaux ». Pour le reste, Moscou est décidé à solder l’ère Obama, coupable notamment d’avoir aidé l’État islamique et dont les services de renseignement diffusent de « fausses nouvelles » sur la Russie.

« Ils sont pires que des prostituées, ils n’ont aucune limite morale », a renchéri Vladimir Poutine, qui s’en est pris à la « dégradation des élites politiques américaines. »

Sergueï Lavrov, ministre des Affaires étrangères, s’est livré avec gourmandise à une explication de texte des propos accordés par Donald Trump à la presse européenne, différente de l’interprétation alarmiste qu’en ont tirée les chancelleries occidentales.

À Moscou, une immense affiche est apparue en face de l’ambassade américaine avec ces mots : « Bye-Bye Obama ».

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