2 mai 2017

Pronostic second tour : c’est désormais du 50/50

Par Philippe Delbauvre

 

Ainsi que l’indique le titre de l’article, le présent écrit constitue une réactualisation de l’article précédent publié sur Eurolibertés (1).

J’avais effectué donc une analyse qualitative, mais surtout quantitative du second tour de la présidentielle 2017 à venir. J’y indiquais que, contrairement à ce qu’affirment sondeurs et journalistes très intéressés – sens péjoratif, bien sûr – nous étions beaucoup plus proches, chiffres à l’appui donc, d’un 55/45 % que d’un 65/35 %, dans les deux cas au profit d’Emmanuel Macron.

Lors de l’écriture du premier article, il ne fallait pas importuner les lecteurs avec la notion d’abstention, le fait quantitatif avec les nombreux chiffres inhérents, étant déjà fastidieux. Ne faisons plus de même aujourd’hui au motif que les derniers événements ont révolutionné l’équation.

C’est ainsi que :

Jean-Luc Mélenchon vient de se prononcer pour le « Ni, Ni », comprendre le refus d’apporter son soutien à Emmanuel Macron, quand bien même Marine le Pen lui est opposée. Or, La France insoumise a représenté au premier tour près de 20 % des suffrages, ce qui n’est pas rien. On peut se douter qu’une partie de cet électorat passera outre, votant soit Macron, soit le Pen, ou pourquoi pas, optant pour la pêche.

Contrairement à l’article précédent, comptabilisons donc les voix d’Emmanuel Macron, puis déduisons celles de Marine le Pen.

Il n’est pas de réelles raisons qu’Emmanuel Macron n’obtienne de nouveau les 24 % dont il bénéficia lors du premier tour. Voilà qui semble acquis.

Il est bien peu possible qu’une partie, même minime de l’électorat de Marine le Pen, se reporte sur lui.

On reste donc à 24 %

Quant à l’électorat de François Fillon – une vingtaine de % – la donne vient d’être bouleversée. Si l’analyse de l’article précédent reste valide, la donne change.

On le sait, Marine le Pen vient de faire savoir que si elle venait à être élue, elle choisirait alors Nicolas Dupont-Aignan comme Premier ministre.

Qui est ce personnage aux yeux de l’électorat de droite ?

Un homme de droite justement. Tout comme un Philippe de Villiers. Turbulents l’un comme l’autre, néanmoins. Il n’empêche, si le second vient du Parti républicain, le premier a fait ses classes et longuement au RPR avant d’intégrer l’UMP. Nicolas Dupont-Aignan fut aussi un temps compagnon de route de Charles Pasqua, gaulliste des plus engagés s’il en est. Or, l’électorat gaulliste – François Fillon s’est lui aussi toujours réclamé de l’homme de Londres – est assez légitimiste, et donc, n’a guère goûté la trahison quant au traité de Lisbonne. Cet électorat considère donc Nicolas Dupont-Aignan comme l’un des leurs. Il ne s’agit pas d’affirmer que nul électeur de François Fillon ne se reportera sur Emmanuel Macron mais que cette partie sera très minoritaire. Comptons 5 % sur les 20 % du premier tour.

Voici Macron à 24 + 5 = 29 %

Viennent maintenant les 20 % de Mélenchon dont il est des plus difficiles de prédire le devenir. Outre qu’une partie non politicienne votera Front National ou plus exactement Marine, ne serait-ce que par aversion pour la finance internationale, le positionnement très excentré du Front de gauche empêchera nombre d’électeurs de voter Rothschild. Considérons donc que 11 % des suffrages se reportent sur Emmanuel Macron (les études par la suite montreront que ce sera bien moins).

24 + 5 + 11 = 40 %.

Et les quatre grands blocs d’avoir déjà été pris en compte.

On peut accorder à Emmanuel Macron les 6,5 % du Parti socialiste. Même si, quelques exceptions…

24 + 5 + 11 + 6,5 = 46,5 %

L’électorat de Nicolas Dupont-Aignan, ravi de voir son poulain, nommé en cas de victoire du Front National Premier ministre ne votera presque pas pour Emmanuel Macron. 0,5 % ?

24 + 5 + 11 + 6,5 + 0,5 = 47 %

Reste les tout petits candidats.

Accordons à Emmanuel Macron les cinq sixièmes de l’électorat de Jean Lassalle – c’est beaucoup – soit 1 %.

24 + 5 + 11 + 6,5 + 0,5 + 1 = 48 %

Accordons maintenant à Emmanuel Macron – et là c’est vraiment abuser pour cause de détestation de la finance internationale – les 1,75 % des deux candidats de l’extrême gauche :

24 + 5 + 11 + 6,5 + 0,5 + 1 + 1,75 = 49,75 %

Accordons, là encore c’est beaucoup, 0,25 % des suffrages des Asselineau et Cheminade à Emmanuel Macron.

49,75 + 0,25 = 50 %

Et ce sera très certainement bien moins…

Autrement exprimé, la messe n’est pas dite. D’autant plus que Philippe de Villiers va peut-être bien sortir du bois. Encore une fois de plus, l’électorat de droite de Fillon, c’est-à-dire non centriste, frustré de son absence au second tour, qu’il croyait acquise depuis plusieurs années va vouloir se venger…

La dynamique de la campagne de la semaine qui s’annonce, y compris le débat de mercredi soir, va être déterminante.

« Rien ne va plus, faites vos jeux. »

Note

(1) https://eurolibertes.com/politique/oser-pronostic-second-tour/

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.