9 avril 2016

Le Panama et les paradis fiscaux expliqués aux moins nuls

Par Nicolas Bonnal

 

 

On parlait dans Le Figaro d’une chasse aux paradis fiscaux menée par cent courageux journaux dans le monde. Cette chasse avait lieu au Panama, pays jadis martyrisé par Bush père, recouvert de bases et de HLM pour retraités américains, pays en fait « creusé par  son canal » (Debord).

On sépara ce petit isthme de sa Colombie natale le jour où le grand capital américain décida qu’il faudrait le creuser, ce canal ! Un aventurier nommé Bunau-Varilla, de passeport français d’ailleurs, se chargea de recruter sur place des rebelles façon syrienne, des combattants de la liberté, pour exterminer tous les récalcitrants et rattacher cet isthme au grand capital américain, toujours actif et inspiré.

Il faut reconnaître que ce capital bouge plus vite que le cerveau du journaliste !

Mon cerveau a tilté lorsque j’ai vu que parmi les « méchants » attrapés par ces courageux journaux sponsorisés par la CIA, il y avait Michel Platini (une des rares idoles sportives de ma jeunesse), le malheureux Cahuzac (vous savez, le seul bosseur du PS, « proche de l’extrême-droite » !) et les inévitables « proches » de Vladimir Poutine. Ils tombaient à pic ceux-là, car comme l’expliquait le site sputniknews.com, depuis la regrettée prise de Palmyre, on n’ose plus attaquer la diplomatie ou l’armée russe ! Alors on s’en prend aux trois millions de milliards de roubles que Vladimir aurait planqués – sans rire ! – au Panama (lieu de naissance de John McCain).

Le Figaro, il ne faut pas l’oublier, est ce journal bourgeois qui demande la fin du SMIC alors qu’il touche 16 millions de subventions par an pour insulter les précaires, soutenir le candidat Juppé et épargner le PS. Les gros journaux européens, il ne faut pas l’oublier non plus, après le livre du journaliste Ulfkotte, sont souvent contrôlés par les agents de la CIA. On est bien sûr moins contrôlés pour la chronique des chiens écrasés ; mais c’est une autre affaire quand il s’agit de diaboliser Poutine et l’extrême-droite, fût-ce par le biais du ministre socialiste du budget, ou le pauvre Platini et la FIFA, passée depuis l’an dernier sous contrôle anglo-américain.

Mais trêve de mondanités (Let’s cut the shit, comme on dit en anglais)… Il y a deux paradis fiscaux pour les ultra-riches aujourd’hui dans le monde. Ce sont le Royaume-Uni, tout content me semble-t-il de son futur Brexit, et les États-Unis d’Amérique. Mitt Romney, qui gagne 200 millions de dollars par an en délocalisant les usines de son pays, avoua en 2012 payer juste dix millions de dollars d’impôts. On se souvient du texte honnête publié par le requin humanitaire Warren Buffett, qui avouait payer moins d’impôts que sa secrétaire, confessant que sa « classe » avait gagné la guerre.

La mise au pas de tel paradis fiscal (Monaco ou la Suisse) sert l’oligarchie de Londres et de Washington, qui a aussi décrété la mise à mort de la Russie. Et nos andouilles célèbrent comme une victoire une de leurs éternelles raclées. Mais c’est une habitude.