22 juillet 2016

Les annonces destinées à vous faire peur

Par Jean-Pierre Rondeau

 

 

Nombre d’intervenants dans les médias, y compris parfois certains jugés comme sérieux ou amis, se délectent souvent à agiter les peurs. Leurs motivations sont diverses et parfois se conjuguent : montrer que l’on sait, que l’on est initié, se rendre intéressant, vendre ses livres et ses lettres dites confidentielles, vendre de l’or ou des produits dangereux, voire pourris, journalistes en mal de copie ou de scoop, ou, tout simplement, économistes qui voudraient que l’économie colle à leurs théories, certes parfois brillantes, mais peu concrètes ou dépassées, etc. Mais celle-ci se dérobe.

Au vu de ce que nous avons écrit précédemment, il est évident que nous pensons que la situation économique est terrible. Néanmoins, nous ne nous en servons pas pour vous vendre n’importe quoi.

Croyez-vous que seuls les comptes bancaires seraient touchés en cas de faillite d’une banque systémique ?

Croyez-vous que seuls les comptes bancaires seraient touchés en cas de faillite d’une banque systémique ?

La BRRD (Bank Recovery and Resolution Directive « La Directive européenne sur le redressement des banques et la résolution de leurs défaillances ») a bien été votée au Conseil de l’Union Européenne à la demande de Madame Lagarde, au nom du FMI : possibilité de saisir 10 % des dépôts bancaires en cas de faillite de banque systémique.

Nous sommes harcelés de demandes de clients inquiets, ce que nous comprenons.

Mais soyons sérieux : Croyez-vous que seuls les comptes bancaires seraient touchés en cas de faillite d’une banque systémique ? Ce mot implique que de nombreuses autres banques et la Finance en général seraient impactées. Rappelons-nous de Lehman Brothers ! De nombreuses banques en subiraient les conséquences. C’est donc à quelque chose de beaucoup plus grave auquel nous serions confrontés, mais avec pratiquement aucun moyen d’y échapper. Il faut donc se méfier des « bons » conseils.

Nous pensons à une espèce d’ISF exceptionnel (Par exemple, une année et 10 % pris une fois ?), touchant même les patrimoines les plus modestes. Car, si l’on doit saisir une partie des soldes des comptes bancaires, on saisira aussi les contrats d’assurance et les livrets, les comptes à terme et autres placements. Mais aussi les titres, l’immobilier locatif (prélèvement à payer en plusieurs versements), les comptes à l’Étranger (suppression en cours de la confidentialité). Les billets devront être échangés à la Banque de France qui retira 10 % (ceux de 500 € vont l’être bientôt : traque des fonds ramenés de Suisse ou du Luxembourg). L’Or gardé caché ne servira plus à grand-chose. Un registre existe maintenant pour les nouveaux achats. Fiction ? Peut-être, mais le même FMI a déjà réfléchi à cela.

Certains des « bons amis » que j’ai listés plus haut invitent à avoir des espèces chez soi ou dans un coffre (idiotie dans les deux cas), à placer à Hong Kong ou ailleurs sur des produits pourris (le Forex pour les particuliers) ou dans de l’immobilier exotique, de l’Europe de l’est ou des USA (sans aller vérifier). À fuir !

Autre conseil imbécile : ouvrir des comptes dans plusieurs banques pour bénéficier des fonds de garanties des banques et des compagnies d’assurances. Si un tel krach systémique intervient, les fonds de garantie seront mangés avec la disparition de la première entreprise. Tout au plus, chaque foyer (époux et enfants compris) recevra quelques centaines d’euros qu’il ait un compte ou dix comptes. Mais cela est peu probable.

L’éclatement de la zone euro et la sortie de l’euro. Nous ne sommes pas des gourous et nous ne savons pas ce qui va arriver. Par contre, nous souhaitons conseiller des positions qui protègent au mieux quel que soit le sens à venir.

Simple réflexion : la dévaluation, soit moins 24 %, nous venons de la connaître avec un euro passé de 1,50 à 1,14 dollar aujourd’hui. Et pour les plus âgés, nous en avons connu d’autres.

 

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertés n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontés aussi dévouées soient elles… Sa promotion, son développement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nécessitent une équipe de collaborateurs compétents et disponibles et donc des ressources financières, même si EuroLibertés n’a pas de vocation commerciale… C’est pourquoi, je lance un appel à nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prêts à nous aider ; il faut dire qu’ils sont très sollicités par les medias institutionnels… et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertés et eux, c’est assez incompatible !… En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertés.