10 septembre 2026

En Saxe-Anhalt, l’AfD remporte une énorme victoire

Par Michel Festivi

(article écrit sans recours à l’Intelligence artificielle)

Dans ce Land de l’Est, l’un des plus pauvres d’Allemagne, onzième par sa population et huitième par sa superficie, avec comme capitale Magdebourg, L’AfD vient de remporter lors du renouvellement des députés régionaux, une victoire historique. « Nous avons écrit une page d’histoire, nous avons besoin d’un changement politique fondamental » a déclaré le jeune et très charismatique chef du parti, et qui a mené une campagne des plus dynamique, Ulrich Siegmund. Car aucun parti n’avait enregistré un score aussi élevé dans une élection régionale, sur les dix dernières années. Et pourtant, bien au contraire, l’AfD n’a rien renié de ses fondamentaux.

Cependant, la gauche et aussi les partis du système CDU inclus, avaient multiplié les rassemblements, les manifestations, les appels à faire barrage à « la bête immonde ». On en a décompté plus de 25 ces derniers jours, appelant à lutter contre « le fascisme, l’extrême droite, l’exclusion », jouant à la manière des : Attal, Philippe, Glucksmann et consorts de chez nous, sur « la peur », pour tenter d’empêcher la population de se rallier à ce mouvement patriote, qui entend mettre l’Allemagne au premier rang, à la première place.

Examinons les chiffres. En juin 2021, sur un peu plus de 1 million 700 000 électeurs, 60% avaient voté. La CDU avait obtenu 40 sièges, l’Afd 23 députés. Ce 6 septembre 2026, avec un taux de participation de 77,8%, L’AfD triomphe avec 43,79% des suffrages et 39 élus soit 16 de plus. La CDU du chancelier Merz s’effondre : 17,23% et 15 élus. Le SPD perd un élu avec 8 sièges, les Vert font bonne figure avec deux élus de plus : soit 8 députés, l’extrême gauche Die Linke perd 4 sièges pour se retrouver à 8 également. Reste la gauche antisystème et pro Russe le BSW, qui réussit à se hisser jusqu’au parlement régional avec 5,27% et 5 élus. On notera que le taux de participation a augmenté de près 20 points, la mobilisation a largement profité à l’AfD.

L’AfD n’ a pas la majorité absolue, qui est jaugée à 42 sièges. Mais le rassemblement de tous les partis qui pourraient s’allier contre l’AfD : la CDU, le SPD, les Verts et Die Linke non plus, tous leurs députés réunis n’arrivent qu’à 39 élus. En effet, les alliés traditionnels de la CDU, les Libéraux du FDP ont disparus du Landtag, alors qu’il avait 7 élus en 2021.

Le BSW avait déclaré qu’en aucun cas il ne s’allierait avec la CDU, qu’il déteste. Ses 5 sièges pourraient apporter à l’AfD, la majorité absolue, ou du moins une bienveillante abstention. D’intenses négociations à l’Allemande vont sans doute commencer. Si le BSW s’abstient, l’AfD pourrait remporter la Présidence du Land. Le vote au premier tour se fait à la majorité absolue. Si une deuxième fois, la majorité absolue n’est toujours pas atteinte, et si le Landtag décide de ne pas se dissoudre, le ministre-président peut ensuite être élu à la majorité relative, dans ce cas une abstention du BSW suffirait.

Le BSW est une scission de Die Linke, crée en 2024. S’il semble exclure une coalition avec l’AfD, il pourrait soutenir certaines mesures ponctuelles et devrait s’abstenir au troisième tour de l’élection du ministre-président, pour faire passer le candidat de l’AfD à la majorité simple. Le BSW a déclaré « il est simplement totalement antidémocratique d’exclure durablement un parti voté par environ 40% des électeurs, le pare-feu a échoué ». Mais le parti est divisé sur ce point, suite à un entretien avec le journal Correctiv, où il avait déclaré faire vouloir faire passer des dossiers concrets avec l’AfD, provocant des critiques internes. Ce mouvement est assez atypique, combinant des positions très à gauche sur le plan économique, une vive opposition au libéralisme, avec des positions conservatrices sur le plan sociétal et des critiques fermes sur le soutien à l’Ukraine, demandant instamment des négociations diplomatiques et la fin de la guerre.

L’AfD a incontestablement profité de l’immense impopularité du Chancelier, à 16% dans les sondages, du jamais vu outre-Rhin, et de la situation très dégradée du pays, qui souffre d’une crise économique inédite, depuis la fin de la guerre. Il suffit d’évoquer l’ancien fleuron de l’économie allemande, Volkswagen, qui licencie à tour de bras, pour comprendre pourquoi les politiciens allemands, sont tant décriés. La population de ces Lands de l’Est juge que sa situation se détériore de jour en jour, et à juste titre. La dilution de l’identité allemande a eu un impact considérable, bien sûr, comme l’immigration incontrôlée et massive qui a explosé sous Merkel. Par ailleurs, Ulrich Siegmund, 35 ans, toujours souriant, a mené une campagne électorale tonitruante, maîtrisant à la perfection les réseaux sociaux. Il a multiplié les rencontres avec les habitants, promettant de mettre fin au déclin. Les électeurs ont fait la queue à chacun des meetings de l’AfD pour obtenir un selfie ou un autographe. La dernière réunion publique avec les deux leaders nationaux de l’AfD, Alice Weidel et Tino Chrupalla a été un véritable succès. Beaucoup de ses partisans indiquaient aux médias : « Ulrich Siegmund nous a redonné le sentiment de cohésion, c’est ce qui nous manque en Allemagne ». Car au-delà des idées et de l’idéologie, la politique est avant tout un sentiment d’incarnation, d’appartenance, ce que l’AfD réussit parfaitement à accomplir.

Et dire que Merz, comme Macron, avait promis de réduire de moitié l’influence de l’AfD, lorsqu’il est arrivé à la Chancellerie ! On peut dire qu’il a tenu sa promesse !  Il vient de déclarer avoir été choqué par ce score, le peuple n’aurait donc pas le droit de s’exprimer d’une certaine manière c’est assez confondant.

En France toute la classe politique a fustigé ce résultat, reprenant les thèmes habituels de la peur et du fascisme à l’unisson : macronistes, socialistes, centristes et lfistes réunis, la médiocrité habituelle dans toute sa splendeur de nos politiciens de pacotilles. Le RN garde le silence, seul Reconquête a exprimé sa satisfaction, ainsi que de petites formations souverainistes. En Allemagne, l’onde de choc est considérable. La popularité de Merz n’a jamais été aussi faible, et son remplacement est une option qui est sur la table, plus que jamais. Il faut dire qu’avec son charisme d’une huitre, il n’est guère motivant.

On attend maintenant le 20 septembre, où auront lieu les élections en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, où l’AfD est crédité à 35% des intentions de vote.

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