Uli Windisch, professeur des Universités, est le Rédacteur en chef du site lesobservateurs.ch. 

 

1) Quelle est votre position sur l’Europe ? Êtes-vous anti ou pro Européen ? Dans ce dernier cas de figure, êtes-vous pour une Europe fédérale ou une Europe de la coopération de nations souveraines, ou encore en avez-vous une autre conception ?

Je suis vigoureusement anti-UE technocratique, de plus en plus autoritaire et coupée des peuples, mais très favorable à une Europe des nations, chacune mettant en valeur ses propres richesses et particularités culturelles et autres. Avec une participation intense et concrète des peuples, par exemple au moyen du référendum. Coopération sans aucun diktat de politiques non élus, hors sol et coupés des populations.

2) Quelle que soit votre conviction, considérez-vous que rien n’arrêtera désormais la construction européenne sous sa forme actuelle ou sous une autre – que vous le déploriez ou l’espériez – ou, au contraire, que son échec est prévisible, voire même inéluctable ?

Un organisme comme l’UE ne s’effondrera pas du jour au lendemain ; tout sera fait pour son maintien, notamment par les dizaines de milliers de fonctionnaires, eux aussi totalement coupés de la population et gavés comme des oies. Même une refonte me semble impossible. Il faut repartir à zéro – évidemment très difficile – et partir de la base vers un « sommet » très différent. Je suis pour un fédéralisme à la Suisse et pas dans le sens qui veut plus de centralisation. La notion de fédéralisme a été profondément pervertie et instrumentalisée par l’UE. Le centralisme de l’UE va créer des tensions de plus en plus vives. Le cas de la Hongrie, que je trouve remarquable, en est précurseur. Et d’autres suivront, obligeant à une refonte totale au risque d’effondrement.

3) Que pensez-vous du Grand marché transatlantique (GMT), cette zone de libre-échange entre l’Europe et les États-Unis, actuellement en négociation ?

Une des grandes menaces pour les pays européens, et le plus scandaleux est l’attitude de soumission, encore une, de l’UE et le secret des négociations. Comment nos autorités peuvent-elles accepter une telle vassalisation ?

4) L’avenir de l’Europe consiste-t-il à s’amarrer aux USA ou plutôt à resserrer les liens avec la Russie ? Ou aucun des deux.

Il s’agit de coopérer avec les deux à la fois mais en étant ferme avec les USA et de sortir d’urgence de la russophobie entretenue par les USA et suivie de manière pavlovienne par l’UE. Le grand paradoxe historique : c’est la Russie qui défend le mieux certaines de nos valeurs essentielles aujourd’hui.

5) Qu’est-ce que l’Europe signifie pour vous ? Un rêve ? Un cauchemar ? Une nécessité géopolitique ? L’inévitable accomplissement d’un processus historique ? La garantie d’une paix durable pour le Vieux continent ? Ou rien du tout…

L’UE, un cauchemar ; l’Europe comme présentée ci-dessus est un grand espoir, en fait elle existe déjà ; il faut mieux la mettre en valeur dans sa diversité. Nouveau paradoxe : plus on mettra en valeur les diversités, plus les populations ressentiront un sentiment d’unité, de destin commun.

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