Des moines en plein pays des camisards, mais vous n’y pensez pas ! Et pourtant, mes aĂźnĂ©s peuplaient ses sommets avant mĂȘme l’arrivĂ©e des premiers chrĂ©tiens, jusqu’au jour oĂč, bien aprĂšs les lois de 1905, chassĂ©s par la famine, ils s’exilĂšrent en Espagne et dans ce qui Ă©tait encore l’Afrique du Nord française. MalgrĂ© leur robuste constitution et leur ascĂ©tisme proverbial, ne trouvant plus le moindre os Ă  ronger, ils s’étaient rĂ©solus Ă  devenir des vautours moines mendiants, loin de leurs charniers natals.

Camisards.

Camisards.

Des citadins bĂ©dĂ©philes qui avaient dĂ©couvert dans les albums de Lucky Luke l’existence de nos cousins mexicains, les urubus somme toute bien sympathiques, ayant appris que, charognards besogneux, nous peuplions encore le pays quelques dĂ©cennies plus tĂŽt, imaginĂšrent notre rĂ©installation, sans s’inquiĂ©ter vraiment des causes de notre disparition.

Certains se persuadĂšrent que des paysans bornĂ©s et superstitieux nous avaient dĂ©cimĂ©s ou chassĂ©s Ă  coups de fusil jusqu’à nous clouer sur une porte de grange comme de vulgaires chouettes, pour conjurer les esprits diaboliques prĂ©tendument rĂ©fugiĂ©s dans nos carcasses.

C’était mĂ©connaĂźtre le sens de l’économie de ces pauvres gens pour lesquels la peau d’un vautour ne valait pas les cartouches tirĂ©es pour les abattre. Ils n’avaient que faire de nous, voiliers du ciel impressionnants certes, mais dĂ©munis de serres et de bec prĂ©dateur, incapables de chasser le moindre poulet. Ce qu’ils ignoraient c’est que les bergers qui nous abandonnaient les dĂ©pouilles de leurs bĂȘtes mortes, malades ou blessĂ©es, avaient Ă©tĂ© contraints de les enterrer, de les chauler ou de les envoyer chez les Ă©quarrisseurs, en application de nouvelles lois sanitaires, au demeurant fort louables.

Plus de charognes à dépecer, plus de charognards. Exit les éboueurs du ciel.

N’écoutant que leur affection pour leurs amis les bĂȘtes, et forgerons improvisĂ©s d’une chaĂźne de l’écosystĂšme reconstituĂ©e tant bien que mal, nos supposĂ©s bienfaiteurs oubliĂšrent dans leur enthousiasme, quelques solides maillons. Et c’est ainsi que, Ă  peine rĂ©introduits dans nos aires originelles, se posa immĂ©diatement la question de notre subsistance. Qu’à cela ne tienne ils y pourvoiraient en nous faisant parvenir des vallĂ©es quelques solides carcasses.

C’est Ă  cette fin que furent utilisĂ©s des cĂąbles jusqu’alors destinĂ©s par les forestiers au transport des billes de bois. Il fallait nous voir perchĂ©s sur les pylĂŽnes les supportant, attendant notre pitance tels des clochards Ă  la sortie de la messe.

On fit aussi appel aux services des 4×4 de l’administration pour l’apporter jusqu’à nous. Une vĂ©ritable complicitĂ© se noua bientĂŽt avec leurs conducteurs. Nous nous posions sur les vĂ©hicules avant mĂȘme qu’ils ne s’arrĂȘtent, pour nous disputer les meilleurs morceaux. Des moines gloutons, mon Dieu, pardonnez-leur ! FrĂšre Tuck de la forĂȘt de Sherwood n’était pas loin.

L’assistance publique est fort louable mais elle a ses limites et lorsqu’une population sinistrĂ©e retrouve une forte dĂ©mographie, surgit une tout autre problĂ©matique.

Pour subsister certains d’entre nous bĂ©nĂ©ficient dĂ©sormais d’une embauche dans des entreprises de spectacles comme les voleries qui prolifĂšrent Ă  travers la France. D’autres, installĂ©s dans des sites protĂ©gĂ©s ouverts au grand public, jouent les indigĂšnes dans des reconstitutions du passĂ©. Les gorges de la Jonte en sont l’exemple le plus abouti. Il y existe mĂȘme une « Maison des Vautours » annoncĂ©e Ă  grand renfort de panneaux publicitaires, des dizaines de kilomĂštres Ă  la ronde. Certains d’entre nous envisagent mĂȘme une affiliation aux syndicats du spectacle afin de bĂ©nĂ©ficier des dispositions de leur convention collective. Affaire Ă  suivre


Certes la fonction publique, a ses incontestables avantages mais, comme partout, trop nombreux sont ceux qui prĂ©tendent y faire carriĂšre. Les restrictions budgĂ©taires en limitent quelque peu l’embauche.

Alors que faire ?

Une branche de ma famille s’est repliĂ©e dans les PyrĂ©nĂ©es Orientales. Le relief et le climat leur conviennent mais, malgrĂ© la prolifĂ©ration galopante des sangliers, la chĂšre est bien maigre. Les bergers sont plus que jamais avares de charognes. Quelle est la solution ? Le moine devient prĂ©dateur. Comment, lui, que rien n’y prĂ©dispose ? DĂ©sarmĂ© mais imaginatif, il chasse dĂ©sormais en bande. Volant au ras de troupeaux de moutons, voire de vaches, ils les affolent et les poussent vers un ravin dans lequel quelques bĂȘtes se briseront les os. BĂ©nĂ©dicitĂ©, mes bien chers frĂšres !

On connaĂźt l’inimitiĂ© des bergers Ă  l’endroit des loups. Est en train de naĂźtre celle qui menace dĂ©sormais les vautours catalans. Les Ă©leveurs ont saisi les autoritĂ©s prĂ©fectorales de la question. Mais ils Ă©couvillonnent dĂ©jĂ  leurs fusils avant de rĂ©gler concomitamment organes de visĂ©e et problĂšme, mais Ă  leur façon.

On parle souvent de maillon faible ou de maillon manquant. Quelqu’un arrivera-t-il Ă  remmailler la chaĂźne alimentaire ? À moins que des moines prĂȘcheurs ne convertissent leurs frĂšres au vĂ©ganisme.

Comme le rappelait l’un de nos congĂ©nĂšres : « Les bons sentiments font rarement les bons gueuletons ».

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A propos de l'auteur

Jean-Pierre Brun

NĂ© Ă  Souk Ahras, Jean-Pierre Brun a sillonnĂ© l’AlgĂ©rie. Il a rejoint l’ArmĂ©e SecrĂšte et s’est retrouvĂ© Ă  Paris au sein de l’OAS MĂ©tro Jeunes
 Il est l'auteur de plusieurs livres aux Ă©ditions Dualpha.

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