Lorsque Nostradamus traita, dans ses « Centuries », du Pape BenoĂźt XVI, il Ă©crivit qu’il serait « trĂšs peu Romain » ! Je pensais qu’il pouvait faire allusion Ă  son origine allemande, ou, la pire des choses, qu’il serait hĂ©rĂ©tique par rapport Ă  la tradition Romaine ! Or, cela signifiait tout simplement qu’il ne serait pas longtemps Ă  la tĂȘte de l’Église. L’hĂ©rĂ©sie Ă©tait d’ailleurs invraisemblable de la part de celui qui, en tant que cardinal, avait Ă©tĂ© un tel dĂ©fenseur de la tradition, qu’il s’était rendu suspect aux yeux du secteur « progressiste » de l’Église.

C’est ainsi qu’aprĂšs la publication de l’Encyclique Humanae Vitae par le Pape Paul VI, cette Église « avancĂ©e » (j’emploie le terme comme on parle des viandes « avancĂ©es » ) avait Ă  ce point manifestĂ© sa dĂ©sapprobation, que le cardinal EtchĂ©garay avait pu dire : « Nous assistons Ă  un schisme silencieux. »

On avait jusqu’alors Ă©voquĂ© le « schisme » du secteur « traditionnaliste » conduit par Monseigneur Lefebvre, jugeant le Concile en partie hĂ©rĂ©tique. Mais enfin, si l’on veut bien considĂ©rer l’histoire de l’Église, on constate qu’elle dut affronter dĂšs l’origine une foule d’interprĂ©tations diverses des Évangiles, et de la Bible hĂ©braĂŻque, que l’on connaĂźt sous le nom de « Gnoses ». Le terme signifie : « Connaissance », ce que ces mouvements prĂ©tendaient dĂ©tenir, alors qu’ils s’essayaient en fait Ă  interprĂ©ter les textes obscurs en traitant leurs mystĂšres par beaucoup d’imagination. Ces diverses tendances, allaient de l’extrĂȘme mysticisme, avec le refus de la sexualitĂ©, jusqu’aux licences les plus viles. Le ManichĂ©isme lui, fut un concurrent plus direct, et son aspect moral sĂ©duisit un instant Saint Augustin. On en retrouvera des traces jusqu’au IIIe siĂšcle, avec les Bogomiles et les Cathares.

Le Nestorianisme lui, considĂ©rait que le Christ avait deux natures, et que c’était seulement sa nature humaine qui avait Ă©tĂ© crucifiĂ©e. Le Nestorianisme eut une influence missionnaire considĂ©rable dans les pays orientaux, et il aurait rĂ©ussi Ă  introduire la conception trinitaire jusqu’en Chine ! Mais ce fut l’hĂ©rĂ©sie Arienne qui ne reconnaissait le Christ que comme un Dieu « subordonné », ce qui Ă©tait mieux acceptĂ© par les paĂŻens que le mystĂšre de La TrinitĂ©, qui fut sur le point de l’emporter, car une hĂ©rĂ©sie est d’autant plus dangereuse qu’elle contient une part de vĂ©rité : On a prĂ©tendu que mĂȘme le Pape douta, et que l’empereur Constantin, qui pourtant avait officialisĂ© le christianisme, aurait hĂ©sitĂ© sur son lit de mort !

Mais ce fut aprĂšs le catharisme, rapidement circonscrit, mais qui ravagea le Languedoc, la RĂ©forme qui cassa la chrĂ©tientĂ©, par des guerres inexpiables, dont on a dit qu’elle causa la mort d’un tiers de la population des Allemagne.

La rĂ©vocation de l’Édit de Nantes devait ensuite provoquer le ralliement des protestants Ă  la RĂ©volution française, qui, suivant l’historien protestant Pierre Chaunu, fit en 4 ans plus de victimes que n’en avait faites l’inquisition en quatre siĂšcles !

Avec le recul, il est permis de conclure qu’il y eut d’immenses malentendus, Ă  laquelle une meilleure connaissance de l’Histoire eut permis de remĂ©dier. Mais Luther qui refusait toute interprĂ©tation « symbolique » de la Bible pour s’en tenir Ă  la lettre, avait sacralisĂ© la violence, sur la base des guerres exterminatrices, prĂ©tendues saintes, de MoĂŻse et JosuĂ© contre les populations CananĂ©ennes !

L’avancĂ©e des sciences aussi eut dĂ» faire rĂ©examiner les textes, mais elle allait dĂ©river vers un « scientisme » antireligieux, qui durerait jusqu’à une Ă©poque rĂ©cente, et qui allait trouver un semblant de justification dans le « clĂ©ricalisme » d’une Ă©glise fortement compromise avec l’autoritarisme de l’État.

En effet, la Monarchie somptuaire, et dite « de droit divin », avait pris le pas sur la Royauté populaire des origines, et les intrigues et les licences de la « Cour » allaient y ajouter.

Le « scientisme » pervertit mĂȘme la Maçonnerie, qui, Ă  son stade opĂ©ratif avait Ă©tĂ© chrĂ©tienne. En sus, dĂšs qu’il y eut collusion entre la Maçonnerie devenue spĂ©culative et la Haute finance, le doute religieux devint une sorte d’élĂ©gance, et dĂ©jĂ , lorsque Louis XVI devint roi, l’Église s’interrogea sur la nĂ©cessitĂ© du sacre !

Et l’évolution de la « libre-pensĂ©e » fut telle qu’un siĂšcle aprĂšs, le Grand Orient abandonna jusqu’à la notion dĂ©iste du « Grand Architecte de l’Univers » pour s’ouvrir au laĂŻcisme antichrĂ©tien.

Le « satanisme » serait l’ultime Ă©volution du courant libĂ©ral. Et le gĂ©nĂ©ral amĂ©ricain Pike, en liaison avec la « charbonnerie » italienne (qui rĂȘvait d’installer un pape maçon au Vatican) se prononça clairement pour le culte dĂ©moniaque, Ă  cette nuance prĂšs, que, rĂ©pudiant le nom qu’il jugeait pĂ©joratif de Satan, il faisait obĂ©dience Ă  « Lucifer » considĂ©rĂ© comme le « porte lumiĂšre. »

Sous l’influence des idĂ©es libĂ©rales, et sans doute sous l’influence de la politique de LĂ©on XIII, qui ne libĂ©ra l’église de la Monarchie que pour la faire tomber dans l’orbe rĂ©publicain (Le « Ralliement ») allait se constituer le courant dĂ©mocrate-chrĂ©tien, qui connut des fortunes diverses, jusqu’à l’apostasie publique de Jean Lecanuet, qui fit voter le « meurtre prĂ©natal » tenu pour « abominable » par la tradition de l’Église.

Mais le « progressisme » filiale du « modernisme » s’était durablement installĂ© dans l’Église, de sorte que le Pape Paul VI, qui un instant avait paru favorable Ă  ce courant, fut obligĂ© de dĂ©noncer les « fumĂ©es » de Satan, qui avaient pĂ©nĂ©trĂ© le Concile, jusqu’à le rendre trĂšs Ă©quivoque.

Le « schisme » de Monseigneur Lefebvre allait en dĂ©couler. Mais aujourd’hui, en demandant « La rĂ©forme des rĂ©formes », une grande partie de l’Église, africaine en particulier, remet en cause l’ambiguĂŻtĂ© de certaines dĂ©clarations Conciliaires


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TrĂšs haut dignitaire de la Maçonnerie (mais apparemment trĂšs croyant, ce qui fera l’objet d’un commentaire particulier), Michel Baroin avait donnĂ© des prĂ©cisions sur l’état de l’Épiscopat français en affirmant que les trois quarts des ÉvĂȘques appartenaient aux loges, et que le quart restant n’y avait point adhĂ©rĂ© Ă  cause de la constitution du Parti communiste qui excluait la « double appartenance ». S’il est certain que le propos Ă©tait trĂšs exagĂ©rĂ©, il dĂ©notait tout de mĂȘme un certain Ă©tat d’esprit. Notons que depuis, la constitution du Parti communiste a Ă©tĂ© modifiĂ©e, et que malgrĂ© la condamnation de la Maçonnerie rĂ©affirmĂ©e par l’Église, il est possible qu’il existe aujourd’hui des Ă©vĂȘques qui soient Ă  la fois marxistes et francs-maçons ! Le « schisme silencieux » dĂ©noncĂ© par Monseigneur EtchĂ©garay existe donc.

AprÚs la chute par manque de lecteurs de Témoignage chrétien, journal le plus représentatif de la tendance, le spectre de la démocratie-chrétienne subsiste encore, grùce à quelques feuilles locales qui se prévalent du « centrisme », mais qui en fait appartiennent à des éditions « gauchistes », qui les font subsister afin de ratisser large.

Il y a peu, un journaliste des PyrĂ©nĂ©es-Atlantiques me confessait les difficultĂ©s qu’il avait avec un de ses supĂ©rieurs qui voulait Ă  tout prix le recruter pour sa « ConfrĂ©rie ».

Aujourd’hui, il semble que ce soit la revue Golias qui ait pris le relais de la lutte contre la tradition et qui sonne la charge contre les Ă©vĂȘques qui manifestent leur opposition au « schisme silencieux ».

La revue est dans la position que l’Église « moderniste » avait prise dans la guerre d’AlgĂ©rie en soutenant le FLN, c’est-Ă -dire en participant de façon indirecte aux atrocitĂ©s de la barbarie coranique, comme le dĂ©peçage de nos prisonniers, afin de les faire souffrir le plus longtemps possible.

Le ministre Michelet fut un de ces forbans. Il est significatif que l’Église de la trahison ait rĂ©ussi Ă  introduire une procĂ©dure de bĂ©atification en faveur de ce monstre !

C’est en considĂ©rant ce climat qu’il faut tenter de voir clair dans les positions prises par le Pape François. Transpose-t-il sur la situation internationale les positions « anti-françaises » des « modernistes » durant la guerre d’AlgĂ©rie ?

De mĂȘme que ceux-ci ne dĂ©nonçaient que les exactions françaises, pour gommer les horreurs mahomĂ©tanes, n’assistons-nous pas Ă  une sorte de « sacralisation » des musulmans, qui ne fait pas entrer dans le dĂ©bat les horreurs inouĂŻes que les Coraniques estiment ĂȘtre la loi divine ?

L’apparence de la complicitĂ© papale avec l’islamisme est telle qu’un chrĂ©tien doit obligatoirement se souvenir de la terrible prophĂ©tie de Notre-Dame Ă  La Salette : « Rome perdra la foi et deviendra le siĂšge de l’AntĂ©christ » !

Aussi, je me pose la question et me la pose en chrĂ©tien soucieux de son Église : « Rome est-elle encore dans Rome ? »

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