Le pape François, la luthĂ©rienne Angela Merkel et, depuis peu, les dirigeants du mouvement Amnesty International reprochent, et fort durement, aux EuropĂ©ens de ne pas ĂȘtre assez gĂ©nĂ©reux dans l’accueil des « rĂ©fugiĂ©s », d’ĂȘtre d’immondes Ă©goĂŻstes, voire d’authentiques « criminels par abstention » puisque chaque jour meurent des ĂȘtres humains qui tentent dĂ©sespĂ©rĂ©ment de gagner notre (supposĂ©) Eden.

Curieusement, on ne reproche que trĂšs discrĂštement, voire pas du tout, leur manque de gĂ©nĂ©rositĂ©, leur Ă©goĂŻsme, leur potentiel criminel au gouvernement et aux citoyens des USA
 pourtant rĂ©ellement responsables des malheurs des authentiques rĂ©fugiĂ©s, issus des pays ravagĂ©s par les guerres civiles, ethniques et religieuses, certes ancestrales, mais qui ont prolifĂ©rĂ©, explosĂ© depuis les rĂšgnes de George Bush junior et de ses nĂ©o-conservateurs, puis celui, plus dĂ©sastreux encore d’Obama, fils de musulman et titulaire du Prix Nobel de la Paix pour l’annĂ©e 2009.

Que le leader catholique et la chanceliĂšre teutonne courent eux aussi aprĂšs un Nobel de la Paix, ceci ne concerne qu’eux, l’association Amnesty-machin en ayant dĂ©jĂ  Ă©tĂ© dotĂ©e. Leurs larmes de crocodile, leurs gĂ©missements bizarres ne devraient nullement Ă©mouvoir les EuropĂ©ens, du moins la fraction la moins sotte des populations europĂ©ennes et pour plusieurs raisons.

D’abord, l’Europe est victime d’un chĂŽmage d’ampleur considĂ©rable et le simple bon sens commande de ne pas importer de (supposĂ©s) travailleurs exotiques quand il n’y a pas assez de travail pour les autochtones
 on rappelle aux nĂ©o-socialistes actuels que c’était le dogme de leurs ancĂȘtres du Front populaire.

Ensuite, des centaines de milliers d’Africains, noirs et maghrĂ©bins, continuent de se ruer Ă  l’assaut de l’Europe, mĂȘme lorsque leur pays d’origine n’est pas victime de guerre civile ou Ă©trangĂšre : ceux-lĂ  ne sont nullement des « rĂ©fugiĂ©s », mais des candidats Ă  l’immigration Ă©conomique et l’on en revient au paragraphe prĂ©cĂ©dent. Les Français n’ont nul remords de conscience Ă  Ă©prouver : dans un pays oĂč le chĂŽmage touche (en chiffres honnĂȘtes, non trafiquĂ©s) entre 5 et 5,5 millions d’individus, nous avons accueilli 10 Ă  11 millions d’Extra-EuropĂ©ens
 dont 25 % des sujets en Ă©tat et en Ăąge de travailler sont des chĂŽmeurs !

Pour les authentiques rĂ©fugiĂ©s (Afghans, Syriens, Irakiens et Kurdes, Libyens, YĂ©mĂ©nites, et on en oublie), il ne faudrait pas oublier d’oĂč vient le crime initial, qui sont les fauteurs de guerre civile ou Ă©trangĂšre, Ă  forte connotation de haines raciales et religieuses : les roitelets de la pĂ©ninsule arabique, les gouvernements successifs des USA depuis une trentaine d’annĂ©es, l’actuel gouvernement islamique de Turquie, enfin les gouvernants de l’État d’IsraĂ«l.

Certes, des gouvernants rĂ©putĂ©s « français » sont trĂšs inopportunĂ©ment intervenus en Irak (aprĂšs l’invasion du KoweĂŻt), en Afghanistan, en Libye et de nos jours en Syrie, mais la Nation n’a jamais Ă©tĂ© consultĂ©e par referendum sur l’intĂ©rĂȘt de ces guerres, exotiques autant que coĂ»teuses
 si Jacques Chirac a refusĂ© de s’associer Ă  la 2e guerre d’Irak, qui s’est terminĂ©e par la pendaison de son dictateur et le chaos local, rapidement Ă©tendu au pays voisin, ce ne fut nullement par rĂ©flexe gaulliste d’indĂ©pendance vis-Ă -vis des USA et de l’OTAN (ce n’était que la noble raison invoquĂ©e), mais parce que Chirac, premier ministre de ValĂ©ry Giscard d’Estaing, avait entretenu des relations intimes avec Saddam Hussein lorsqu’il servait de super-nĂ©gociant en armes de fabrication française ; le dictateur irakien tenait Chirac, devenu PrĂ©sident de la RĂ©blique, disons par le
 portefeuille.

Alors les belles oraisons, les cris d’indignation sur commande, les injures Ă  peine voilĂ©es d’un pape dĂ©magogue, de la luthĂ©rienne devenue subitement dĂ©mente, ou d’une officine cosmopolite, devraient laisser froide l’opinion publique française. AprĂšs tout, le masochisme, la haine de soi, le reniement de notre civilisation et de notre histoire ne sont que des jeux d’esthĂštes riches et repus, de gauchistes dĂ©boussolĂ©s ou d’ambitieux atteints de la fiĂšvre nobĂ©lienne.

Le vĂ©ritable humanisme est de forcer les Africains Ă  maĂźtriser leur dĂ©mographie et de les contraindre Ă  mettre en valeur leur Ă©norme continent, au sol et au sous-sol fabuleusement riches : c’est Ă  eux, si fiers de leur nĂ©gritude, de travailler pour faire passer l’Afrique de l’état de boulet Ă©conomique pour les autres continents au statut d’autosuffisance alimentaire. Le vĂ©ritable humanisme, c’est d’anĂ©antir le djihadisme, grotesque anachronisme mĂ©diĂ©val au XXIe siĂšcle et de laisser les peuples du Proche et du Moyen Orient s’auto-administrer.

Car si une repentance doit se faire jour, c’est non pas du cĂŽtĂ© des Nations occidentales qui furent des exportatrices de civilisation, mais chez les maĂźtres du jeu actuel : les tout-puissants patrons de l’économie et du cĂŽtĂ© de leurs marionnettes du demi-monde de la politique et de media.

PlutĂŽt que d’un masochisme gĂ©nĂ©ralisĂ©, l’Occident a besoin d’une repentance bien ciblĂ©e.

A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spĂ©cialisĂ© en MĂ©de­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naĂŻf et vrai machiavel ; La tĂ©nĂ©breuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie mĂ©dicale et politique ; Dictionnaire de la RĂ©volution française,
) et d'essais (RĂ©flexions sur le Pouvoir. De Nietzsche Ă  la Mondialisation ; Le XXIe siĂšcle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,
). Il a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York en mai 1980.

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