Rappelons que la « ligne de l’Oural » a Ă©tĂ© dĂ©finie par le gĂ©ographe de Pierre Le Grand, Vassili Tatichtchev, afin de faire apparaĂźtre la Russie comme une puissance europĂ©enne, en situant pour cela en Europe une partie importante du territoire et largement majoritaire de la population de l’Empire. Choix politique, la « ligne Tatichtchev » correspond aussi Ă  une rupture culturelle au sein de la Russie entre les peuples d’Asie Ă  l’Est et europĂ©ens Ă  l’Ouest.

Les VarĂšgues, descendant de Scandinavie, fondent Kiev au IXe siĂšcle et essaiment dans toute la zone de la future « Russie blanche » dont l’Oural est bien symboliquement la limite. Les Russes sont le rempart de l’Europe contre les Mongols aux XIIIe et XIVe siĂšcles, comme Vienne stoppera la dĂ©ferlante musulmane de l’Empire Ottoman pour la seconde fois, en 1683, grĂące Ă  une armĂ©e de secours composĂ©e de Polonais, d’Allemands et d’Autrichiens.

L’avenir de la Russie est en Europe. Mais dans une Europe unifiĂ©e et puissante de 500 millions d’habitants face aux 130 millions de Russes, et capable de traiter un projet commun d’Europe « dilatĂ©e ».

Mais, pour cela, il faut donner l’idĂ©al d’une « nouvelle frontiĂšre » Ă  l’Europe. Pas l’idĂ©al Ă©conomico-financier de l’Union europĂ©enne, mais une nouvelle frontiĂšre comme celle que Kennedy sut impulser en 1961 aux AmĂ©ricains, en lançant son « Go to the Moon », et montrant qu’aucun dĂ©fi n’était insurmontable pour un pays qui se fabrique son devenir et sa puissance.

Notre nouvelle frontiĂšre est certes d’abord gĂ©ographique et repose sur une volontĂ© politique de solidaritĂ© europĂ©enne et de nos intĂ©rĂȘts communs. Que les États sans convictions autres que les profits de la manne financiĂšre europĂ©enne, quittent l’Europe, ou en soient Ă©jectĂ©s. Le cordon sanitaire de nos frontiĂšres doit ensuite ĂȘtre assurĂ© par une armĂ©e europĂ©enne et non par les seuls moyens inefficaces des États-frontiĂšre actuels.

Notre nouvelle frontiĂšre, c’est la conscience de la richesse de notre civilisation occidentale et de la modernitĂ© de nos racines. C’est ĂȘtre fier de nos identitĂ©s, de notre histoire, de nos combats pour survivre jusqu’à aujourd’hui. Que ceux qui ne sont pas prĂȘts Ă  donner leur sang, comme leurs ancĂȘtres l’ont fait partout en Europe, pour que vive notre civilisation, quittent l’Europe oĂč ils n’ont rien Ă  faire. C’est ĂȘtre fier de nos diffĂ©rences pour mieux respecter celles des autres civilisations. Les enjeux gĂ©opolitiques modernes peuvent se traiter de puissances Ă  puissances, dans le respect plutĂŽt que dans la confusion des genres et la volontĂ© d’uniformiser le monde
 Ă  notre image dĂ©lĂ©tĂšre. Mais il y faut une volontĂ© politique radicale et rĂ©volutionnaire pour inverser un systĂšme de pensĂ©e et de valeurs qui nous mĂšne dans le sillage des intĂ©rĂȘts des USA pour conserver leur leadership mondial, Ă  notre dĂ©clin dĂ©finitif.

Notre nouvelle frontiĂšre n’est pas de nous renfermer sur nos États moribonds, mais d’avoir une ambition pour l’Europe, plus vaste, plus unie, plus puissante, et enfin respectĂ©e. Cette nouvelle frontiĂšre est celle des valeurs de notre immense Europe, Eurussie, qui refusent celles de la mondialisation telle que celle qu’on veut nous imposer, et son uniformisation destructrice, au profit des peuples nombreux qui, eux, ont encore conscience de leurs identitĂ©s et de leurs systĂšmes de valeurs.

Les horreurs de la dĂ©stabilisation des Proche et Moyen Orient auraient-elles pu atteindre un tel paroxysme avec ses dĂ©clinaisons terroristes, avec une Europe unifiĂ©e, fiĂšre de ses convictions, puissante et dĂ©terminĂ©e, et des USA isolĂ©s ? D’autres horreurs nous attendent si l’Europe persiste dans sa mollesse Ă©picurienne, sans but ni idĂ©al, et en plus sans mĂȘme apporter l’aisance Ă©conomique Ă  ses peuples dĂ©sarmĂ©s et appauvris.

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