Il m’est souvent reprochĂ© une lĂ©gĂšretĂ© de ton dans mes propos. D’aucuns stigmatisent mĂȘme une propension Ă  parler pour ne rien dire. La pĂ©riode de confinement m’a permis d’analyser en toute objectivitĂ© ce fĂącheux travers. Au sortir de cette retraite providentielle, il m’apparaĂźt indispensable de faire amende honorable (au-delĂ  mĂȘme de celle des 135 euros due pour toute infraction Ă  la distanciation sociale). Je ne traiterai dĂ©sormais que de sujets on ne peut plus sĂ©rieux.

procrastination

J’ai donc dĂ©cidĂ© de souligner aujourd’hui un mal qui affecte notre sociĂ©tĂ©. Mal hĂ©las trop insidieux pour l’inquiĂ©ter vraiment. Je veux parler de la procrastination.

Est atteint de procrastination l’individu qui remet au lendemain ce qu’il devrait faire le jour mĂȘme. En ĂȘtre atteint ne signifie pas pour autant ne rien faire. Bien au contraire, le sujet se laisse Ă©tourdir dans une ronde effrĂ©nĂ©e d’activitĂ©s pour peu qu’elles soient accessoires et totalement Ă©trangĂšres Ă  celle qui devrait pourtant ĂȘtre sa prioritĂ©.

Le monde politique constitue dans ce domaine un champ expĂ©rimental particuliĂšrement riche. Alors que l’État est depuis des lustres, victime de carences dĂ©cisionnelles gĂ©nĂ©ratrices de dysfonctionnements constants dans ses services rĂ©galiens, ses mandataires s’imposent des prioritĂ©s toutes virtuelles. Celles-ci donnent ainsi l’illusion d’une louable action rĂ©formatrice, suffisamment chronophage pour justifier le report sine die du traitement de l’essentiel.

Un exemple ? Le temps passĂ© et les moyens consacrĂ©s Ă  un dĂ©mantĂšlement de la structure familiale traditionnelle et Ă  son remplacement protĂ©iforme en est la manifestation la plus Ă©loquente. Ainsi lorsque les forces de police sont utilisĂ©es Ă  maĂźtriser les vagues polluantes de la Manif pour tous, elles ne peuvent ĂȘtre dĂ©ployĂ©es pour rĂ©tablir le droit dans des zones qui justement n’en bĂ©nĂ©ficient plus. Nos procrastineurs gouvernementaux se persuadent d’Ɠuvrer ainsi au maintien de la paix sociale alors qu’il conviendrait urgemment de la rĂ©tablir. Nuance importante que leur indolence chronique refuse d’admettre.

Selon nos pĂšres il ne faut jamais remettre Ă  demain ce qui doit ĂȘtre fait le jour mĂȘme. Remettre Ă  deux mains ! DĂ©plorable homophonie
 Comment Benjamin Griveaux, secrĂ©taire d’État auprĂšs du Ministre de l’Économie et des finances a-t-il pu croire un seul instant pouvoir d’une seule poigne, quelle qu’en soit la vigueur en d’autres circonstances, effectuer une tĂąche qui nĂ©cessite impĂ©rativement l’utilisation des deux mains. En effet, comment manier autrement la pelle indispensable au comblement du trou creusĂ© par la dette ? C’est sans doute lĂ  l’origine de l’expression triviale « travailler comme un manche. »

Des Ă©tudes cliniques menĂ©es Ă  leur terme laissent entrevoir une relation entre la procrastination, et un affaiblissement de l’estime de soi. Il en rĂ©sulterait une anxiĂ©tĂ© chronique gĂ©nĂ©ratrice d’une impulsivitĂ© visant Ă  masquer les faiblesses de l’individu. Ces carences pourraient trouver une origine dans un apprentissage dĂ©fectueux de cette estime de soi encore embryonnaire. Il convient toutefois de noter chez certains, cette fuite en avant qui les pousse Ă  se prendre pour ce qu’ils ne sont pas : CĂ©sar, NapolĂ©on, voire de Gaulle lui-mĂȘme.

Personnellement j’en connais un qui ne cesse de mĂ©diter sur la traduction en langue vernaculaire de son patronyme biblique « Emmanuel » : « Dieu parmi nous ». Quoi qu’il en soit, c’est vraisemblablement ce doute quant Ă  leur propre estime qui explique la tendance qu’ont de nombreux hommes d’État Ă  compenser ces manques par une gestuelle impulsive, digne des plus grands bateleurs d’estrade et autres personnages de la Comedia dell’Arte.

Selon certains caractĂ©rologistes le groupement « E.N.A » pourrait permettre la classification de cette dĂ©viance comportementale qui donne trop souvent une apparence trompeuse d’activitĂ© soutenue. Faut-il prĂ©ciser que pour ces chercheurs « E.N.A » est l’acronyme de « Émotif Non Actif ». Troublante coĂŻncidence que ne manqueront pas d’exploiter les contempteurs de notre prestigieuse Ă©cole d’administration.

Des travaux rĂ©cents tendent Ă  classer le personnel politique dans les populations Ă  risque. L’un des marqueurs utilisĂ©s est l’indice de frĂ©quentation des hĂ©micycles parlementaires de la RĂ©publique française et de l’Union europĂ©enne. Il rĂ©vĂšle crĂ»ment une addiction au confinement qui depuis des annĂ©es, pousse bon nombre de leurs membres Ă  les dĂ©serter (le Covid 19 n’y est malheureusement pour rien).

Les lecteurs que le sujet intĂ©resse pourront consulter les ouvrages des psychologues Walter Mischel (Leland Stanford Junior University) et RenĂ© Le Senne (AcadĂ©mie des sciences morales et politiques) et ceux des sociologues Henri Salvador (« Le travail c’est la santé ») et Georges Moustaki (« Le droit Ă  la paresse » et « Lazy Blues »).

N’ayant aucune compĂ©tence particuliĂšre en la matiĂšre et par consĂ©quent ne pouvant ĂȘtre taxĂ© d’un quelconque manque d’objectivitĂ©, qui mieux que moi pouvait l’aborder en toute libertĂ©.

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