Alors que se profile dĂ©jĂ  l’ombre menaçante de la rentrĂ©e des classes, jamais mes petits-enfants ne sauront ce que, jeune lombric, prisonnier de l’humus familial, me tortillant sans fin pour en sortir, j’ai pu endurer. Et pourtant


Pour parcourir les kilomĂštres me sĂ©parant de l’école je marchais, triste et solitaire, sans la moindre oreillette « bluetooth » pour m’aider Ă  traverser une ville indiffĂ©rente Ă  l’angoisse qui m’étreignait Ă  la seule idĂ©e des heures d’enfermement qui m’attendaient et des roustes toujours possibles distribuĂ©es par des professeurs intraitables.

Car, Ă  l’époque, le chĂątiment corporel Ă©tait monnaie courante et lorsque tel maĂźtre m’en octroyait un sans la moindre vergogne, mes parents souscrivaient Ă  ces mĂ©thodes barbares en m’en offrant un autre. Triste et solitaire
 peut-ĂȘtre pas tout Ă  fait car j’avais tĂŽt fait de rejoindre des compagnons de chaĂźne avec lesquels, jusqu’à la porte du collĂšge, nous nous rĂ©confortions en disant pis que pendre de nos tortionnaires.

De retour Ă  la maison, un autre type d’enfermement m’attendait. À l’époque, les jeux Ă©lectroniques n’existaient pas. Tournant comme un ours (Brun bien sĂ»r) en cage dans l’appartement familial, que faire pour voler du temps au temps ? Fatalitas ! Comme le disait ChĂ©ri Bibi, autre forçat d’une sociĂ©tĂ© profondĂ©ment injuste. J’en Ă©tais rĂ©duit Ă  apprendre mes leçons et Ă  faire mes devoirs. Un comble pour un cancre affichĂ©.

Le soir venu, aucun Ă©cran ne venait Ă©clairer mon horizon carcĂ©ral. Alors, pour m’évader, je me rĂ©signais Ă  lire. Pour me venger je dĂ©vorais Jules Verne, Alexandre Dumas, Paul FĂ©val, Michel ZĂ©vaco, Walter Scott, James-Olivier Curwood, Mark Twain
 Et, bien malgrĂ© moi et pour la plus grande joie de mon pĂšre, j’assimilais, comme ces buvards que je tachais rageusement, des donnĂ©es tant historiques que gĂ©ographiques que mes professeurs avaient bien du mal Ă  me faire ingurgiter par ailleurs.

Jules Verne, Alexandre Dumas, Paul FĂ©val, Michel ZĂ©vaco, Walter Scott, James-Olivier Curwood, Mark Twain


Jules Verne, Alexandre Dumas, Paul FĂ©val, Michel ZĂ©vaco, Walter Scott, James-Olivier Curwood, Mark Twain
 et quelques autres !

Le jeudi, en l’absence de rĂ©seaux sociaux (nous n’avions mĂȘme pas le tĂ©lĂ©phone Ă  la maison), il ne me restait qu’à rejoindre dans la rue, des copains de galĂšres pour taper pendant des heures dans des balles pourries ou pour tenter des Ă©vasions au guidon de biclous Ă  peine plus rĂ©cents que la draisienne ou le cĂ©lĂ©rifĂšre.

Certes nous n’avions aucun problĂšme de dĂ©railleur Ă©lectronique ou de frĂ©quencemĂštre. Adidas, Nike et autres marques prestigieuses n’existaient pas et l’usure de nos chaussures de ville nous valait des punitions supplĂ©mentaires quand leurs semelles se mettaient Ă  bailler comme un lion de l’Atlas affamĂ©.

À nous dĂ©penser ainsi sans compter, les risques de surpoids Ă©taient trĂšs limitĂ©s d’autant que ni le coca-cola, ni le pop-corn n’avaient encore traversĂ© la MĂ©diterranĂ©e. Il faut ajouter que, les portables et tablettes restant Ă  inventer, lorsque nous nous rĂ©unissions entre galopins, Ă  dĂ©faut de muscler nos doigts dans un silence de cathĂ©drale comme cela se voit aujourd’hui, nous Ă©changions joyeusement sur le triste sort qui Ă©tait le nĂŽtre (nous frĂŽlons lĂ  l’oxymore).

Ces dimanches que haĂŻssait tant Charles Aznavour, Ă©grenaient leurs heures au rythme d’un rituel Ă©touffant. N’y voyez pas pour autant celui de la « grand’messe » oĂč, dĂ©guisĂ© en mannequin de catalogue pour enfants, les cheveux anormalement bien peignĂ©s, je retrouvais les copains de catĂ©chisme tout aussi apprĂȘtĂ©s. Pas de retransmissions sportives tĂ©lĂ©visuelles, bien sĂ»r. J’étais condamnĂ© Ă  suivre mon pĂšre au stade pour partager enthousiasme et dĂ©convenues avec des gens que je ne connaissais mĂȘme pas.

Et mon gĂ©niteur d’affirmer que cela contribuait Ă  mon apprentissage de la vie en sociĂ©tĂ©. C’est vrai, je le concĂšde, les commentaires « en direct » de voisins de tribune particuliĂšrement truculents, rajoutaient une touche originale au spectacle qui s’offrait Ă  nous. Le soir venu, rassemblĂ©e autour du monumental « poste de TSF », la famille communiait Ă  l’émission policiĂšre qui clĂŽturait immuablement le repos dominical.

Et le cinĂ©ma me direz-vous ? Effectivement le dimanche aprĂšs-midi, hormis le stade, je frĂ©quentais « le cinĂ©ma du curé » oĂč je retrouvais mes chers copains du « Coudiat » (le nom de mon quartier). C’était alors la surprise du chef car nous ne dĂ©couvrions le titre du film qu’une fois dans la salle. Nous nous installions sur des chaises en fer rembourrĂ©es aux noyaux d’olives. Dans l’attente de la projection, du changement de bobine, voire du collage de la pellicule rompue en plein suspense, nous n’avions pas la moindre sucette glacĂ©e ou « fraise tagada » Ă  nous mettre sous la dent pour meubler ces insupportables interruptions.

Quand je vous disais que nous avons vĂ©cu l’enfer en ces temps difficiles oĂč l’idĂ©e des droits de l’enfant n’était pas mĂȘme Ă©voquĂ©e !

Victime rĂ©signĂ©e ? Curieusement, Ă  quelques heures de la mort de ma mĂšre devenue nonagĂ©naire, je confessais tout bĂȘtement que les innombrables coups de martinet que j’avais reçus Ă©taient tous parfaitement mĂ©ritĂ©s.

Un brin masochiste ou simplement victime du syndrome de Stockholm ? Il faudra que je m’en ouvre Ă  mon psychanalyste lorsqu’il sera rĂ©tabli ( il est pour l’instant hospitalisĂ© dans un Ă©tablissement psychiatrique).

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