On va laisser en parler un qui a le don d’énerver mĂ©dias et « élites » : Alexis Carrel, Prix Nobel de mĂ©decine quand mĂȘme, et grande star en AmĂ©rique Ă  l’époque de Roosevelt. Le chirurgien avait enlevĂ© ses gants pour dire ses quatre vĂ©ritĂ©s, car il savait avant les Orlov, Kunstler et autres collapsologues que nous Ă©tions bien condamnĂ©s.

Alexis Carrel

On cite l’édition amĂ©ricaine que le prestigieux Carrel avait prĂ©sentĂ©e Ă  New York avant la Guerre : « En somme, la sociĂ©tĂ© moderne, cette sociĂ©tĂ© engendrĂ©e par la science et la technologie, commet la mĂȘme faute que toutes les civilisations de l’AntiquitĂ©. Elle crĂ©e des conditions de vie oĂč la vie de l’individu et celle de la race deviennent impossibles. Elle justifie la boutade du doyen Inge : Civilization is a disease which is almost invariably fatal. Bien que la signification rĂ©elle des Ă©vĂ©nements qui se passent en Europe et aux Etats-Unis Ă©chappe encore au public, elle devient de plus en plus claire Ă  la minoritĂ© qui a le temps et le goĂ»t de penser. Toute la civilisation oc­cidentale est en danger. Et ce danger menace Ă  la fois la race, les nations, et les individus. Chacun de nous sera atteint par les bouleversements causĂ©s par une guerre europĂ©enne. Chacun souffre dĂ©jĂ  du dĂ©sordre de la vie et des institutions, de l’affaiblissement gĂ©nĂ©ral du sens moral de l’insĂ©curitĂ© Ă©conomique, des charges imposĂ©es paries dĂ©fectifs et les cri­minels. La crise vient de la structure mĂȘme de la civilisation. Elle est une crise de l’homme. L’homme ne peut pas s’adapter au monde sorti de son cerveau et de ses mains. Il n’a pas d’autre alternative que de refaire ce monde d’aprĂšs les lois de la vie. Il doit adapter son milieu Ă  la nature de ses activitĂ©s organiques aussi bien que mentales, et rĂ©nover ses habitu­des individuelles et sociales. Sinon, la sociĂ©tĂ© moderne rejoindra bientĂŽt dans le nĂ©ant la GrĂšce et l’Empire de Rome. Et la base de cette rĂ©no­vation, nous ne pouvons la trouver que dans la connaissance de notre corps et de notre Ăąme. »

À propos de Rome et de la GrĂšce : JuvĂ©nal, SuĂ©tone, SĂ©nĂšque ont vu et vĂ©cu notre situation. Sans oublier PĂ©trone !

Carrel ramĂšne la dĂ©mocratie Ă  une idĂ©ologie, et on est bien d‘accord : « Aucune civilisation durable ne sera jamais fondĂ©e sur des idĂ©olo­gies philosophiques et sociales. L’idĂ©ologie dĂ©mocratique elle-mĂȘme, Ă  moins de se reconstruire sur une base scientifique, n’a pas plus de chance de survivre que l’idĂ©ologie marxiste. Car, ni l’un ni l’autre de ces systĂšmes n’embrasse l’homme dans sa rĂ©alitĂ© totale. »

Le culte moderne de la laideur, de la hideur mĂȘme, est une tare universelle maintenant.

Carrel explique : « Le sens esthĂ©tique existe chez les ĂȘtres humains les plus primitifs, comme chez les plus civilisĂ©s. Il survit mĂȘme Ă  la disparition de l’in­telligence car les idiots et les fous sont capables d’Ɠuvres artistiques. La crĂ©ation de formes ou de sĂ©ries de sons, qui Ă©veillent chez ceux qui les regardent ou les entendent, une Ă©motion esthĂ©tique, est un besoin Ă©lĂ©mentaire de notre nature. L’homme a toujours contemplĂ© avec joie les animaux, les fleurs, les arbres, le ciel, la mer, et les montagnes. Avant l’aurore de la civilisation, il a employĂ© ses grossiers outils Ă  reproduire sur le bois, sur l’ivoire, et la pierre, le profil des ĂȘtres vivants. »

Nous sommes moins que des fous, alors ?

Puis Carrel soulĂšve la menace de la civilisation qui pĂšse sur les ouvriers et artisans condamnĂ©s Ă  disparaĂźtre : « Aujourd’hui mĂȘme, quand son sens esthĂ©tique n’est pas dĂ©truit par son Ă©ducation, son mode de vie, et le travail de l’usine, il prend plaisir Ă  fabriquer des objets suivants son inspiration propre. Il Ă©prouve une jouissance esthé­tique Ă  s’absorber dans cette Ɠuvre. Il y a encore en Europe, et surtout en France, des cuisiniers, des charcutiers, des tailleurs de pierre, des menuisiers, des forgerons, des couteliers, des mĂ©caniciens, qui sont des artistes. Celui qui fait une pĂątisserie de belle forme, qui sculpte dans du saindoux des maisons, des hommes et des animaux, qui forge une belle ferrure de porte, qui construit un beau meuble, qui Ă©bauche une grossiĂšre statue, qui tisse une belle Ă©toffe de laine ou de soie, Ă©prouve un plaisir analogue Ă  celui du sculpteur, du peintre, du musicien, et de l’architecte. »

Carrel plaint, comme le Chaplin des Temps modernes, les ouvriers : « Si l’activitĂ© esthĂ©tique reste virtuelle chez la plupart des individus, c’est parce que la civilisation industrielle nous a entourĂ©s de spectacles laids, grossiers, et vulgaires. En outre, nous avons Ă©tĂ© transformĂ©s en machines. L’ouvrier passe sa vie Ă  rĂ©pĂ©ter des milliers de fois chaque jour le mĂȘme geste. D’un objet donnĂ©, il ne fabrique qu’une seule piĂšce. Il ne fait jamais l’objet entier. Il ne peut pas se servir de son intelligence. Il est le cheval aveugle qui tournait toute la journĂ©e autour d’un manĂšge pour tirer l’eau du puits. »

Un petit procĂšs d’intention contre la civilisation – procĂšs trĂšs mal vu maintenant qu’elle est jugĂ©e fantastique et parfaite : « L’industrialisme empĂȘche l’usage des activitĂ©s de la conscience qui sont capables de donner chaque jour Ă  l’homme un peu de joie. Le sacrifice par la civilisation moderne de l’esprit Ă  la matiĂšre a Ă©tĂ© une erreur. Une erreur d’autant plus dangereuse qu’elle ne provoque aucun sentiment de rĂ©volte, qu’elle est acceptĂ©e aussi facilement par tous que la vie malsaine des grandes villes, et l’emprisonnement dans les usines. Cependant, les hommes qui Ă©prouvent un plaisir esthĂ©tique mĂȘme rudimentaire dans leur travail, sont plus heureux que ceux qui produisent uniquement afin de pouvoir consommer. Il est certain que l’industrie, dans sa forme actuelle, a enlevĂ© Ă  l’ouvrier toute originalitĂ© et toute joie. »

Le grand savant met enfin les points sur les I : « La stupidité et la tristesse de la civilisation présente sont dues, au moins en partie, à la suppression des formes élémentaires de la jouissance esthétique dans la vie quotidienne. »

Ensuite le docteur Carrel aggrave son cas. Il cĂ©lĂšbre en effet la beautĂ© artisanale. ApprĂ©ciez au passage ses grandes qualitĂ©s littĂ©raires qui nous changent des stylistes de science et vie ; et des alphabĂštes actuels sĂ©lectionnĂ©s au QCM : « La beautĂ© est une source inĂ©puisable de joie pour celui qui sait la dĂ©couvrir. Car elle se rencontre partout. Elle sort des mains qui modĂšlent, ou qui peignent la faĂŻence grossiĂšre, qui coupent le bois et en font un meuble, qui tissent la soie, qui taillent le marbre, qui tranchent et rĂ©parent la chair humaine. Elle est dans l’art sanglant des grands chirurgiens comme dans celui des peintres, des mu­siciens, et des poĂštes. Elle est aussi dans les calculs de GalilĂ©e, dans les visions de Dante, dans les expĂ©riences de Pasteur, dans le lever du so­leil sur l’ocĂ©an, dans les tourmentes de l’hiver sur les hautes montagnes. Elle devient plus poignante encore dans l’immensitĂ© du monde sidĂ©ral et de celui des atomes, dans l’inexprimable harmonie du cerveau hu­main, dans l’ñme de l’homme qui obscurĂ©ment se sacrifie pour le salut des autres. Et dans chacune de ses formes elle demeure l’hĂŽte inconnu de la substance cĂ©rĂ©brale, crĂ©atrice du visage de l’Univers  »

L’atrophie esthĂ©tique donc morale peut survenir : « Le sens de la beautĂ© ne se dĂ©veloppe pas de façon spontanĂ©e. Il n’existe dans notre conscience qu’à l’état potentiel. À certaines Ă©poques, dans certaines circonstances, il reste virtuel. Il peut mĂȘme disparaĂźtre chez les peuples qui autrefois le possĂ©daient Ă  un haut degrĂ©. C’est ain­si que la France dĂ©truit ses beautĂ©s naturelles et mĂ©prise les souvenirs de son passĂ©. »

Comme on sait la meilleure maniÚre de détruire tout cela reste le tourisme de masse.

L’atrophie morale et intellectuelle nous rend inaptes Ă  recrĂ©er de la beautĂ© et nous accoutume Ă  une laideur Ă©pouvantable (souvenez-vous du Muriel de Resnais oĂč la ville bombardĂ©e renaĂźt de ses cendres, mais en bĂ©ton et grands ensembles) : « Les descendants des hommes qui ont conçu et exĂ©cutĂ© le monastĂšre du Mont Saint-Michel ne comprennent plus sa splendeur. Ils acceptent avec joie l’indescriptible laideur des maisons modernes de la Bretagne et de la Normandie, et surtout des environs de Paris. De mĂȘme que le Mont Saint-Michel, Paris lui-mĂȘme et la plupart des villes et villages de France ont Ă©tĂ© dĂ©shonorĂ©s par un hideux commercialisme. Comme le sens moral, le sens de la beautĂ©, pendant le cours d’une civili­sation, se dĂ©veloppe, atteint son apogĂ©e, et s’Ă©vanouit. »

La culture ? Tout le monde consomme la sĂ©rie US ou le Da Vinci code ; un copain kiosquier me disait jadis qu’il vendait jusqu’à 300 revues d’automobiles
 Alexis Carrel, toujours : « Le goĂ»t de la lecture est plus grand. On achĂšte beaucoup plus de revues et de livres qu’autrefois. Le nombre de gens qui s’inté­ressent Ă  la science, Ă  la littĂ©rature, Ă  l’art, a augmentĂ©. Mais ce sont les formes les plus basses de la littĂ©rature et les contrefaçons de la science et de l’art qui, en gĂ©nĂ©ral, attirent le public. Il ne paraĂźt pas que les excel­lentes conditions hygiĂ©niques dans lesquelles on Ă©lĂšve les enfants, et les soins dont ils sont l’objet dans les Ă©coles, aient rĂ©ussi Ă  Ă©lever leur niveau intellectuel et moral. On peut mĂȘme se demander s’il n’y a pas souvent une sorte d’antagonisme entre leur dĂ©veloppement physique et leur dé­veloppement mental. AprĂšs tout, nous ne savons pas si l’augmentation de la stature dans une race donnĂ©e n’est pas une dĂ©gĂ©nĂ©rescence, au lieu d’un progrĂšs, ainsi que nous le croyons aujourd’hui. »

L’individu d’aujourd’hui ? Avant l’obĂ©sitĂ© (42 % d’enfants obĂšses oĂč je vis), avant l’abrutissement techno et mĂ©dia, avant l’effondrement du QI, Carrel Ă©crit : « Dans la civilisation moderne, l’individu se carac­tĂ©rise surtout par une activitĂ© assez grande et tournĂ©e entiĂšrement vers le cĂŽtĂ© pratique de la vie, par beaucoup d’ignorance, par une certaine ruse, et par un Ă©tat de faiblesse mentale qui lui fait subir de façon pro­fonde l’influence de milieu oĂč il lui arrive de se trouver. Il semble qu’en l’absence d’armature morale l’intelligence elle-mĂȘme s’affaisse. C’est peut-ĂȘtre pour cette raison que cette facultĂ©, jadis si caractĂ©ristique de la France, a baissĂ© de façon aussi manifeste dans ce pays. Aux Etats-Unis, le niveau intellectuel reste infĂ©rieur, malgrĂ© la multiplication des Ă©coles et des universitĂ©s. »

Carrel remarque aussi : « Le chauffage des maisons Ă  la vapeur, l’éclairage Ă©lectrique, les ascenseurs, la morale biologique, les manipula­tions chimiques des denrĂ©es alimentaires ont Ă©tĂ© acceptĂ©s uniquement parce que ces innovations Ă©taient agrĂ©ables et commodes. Mais leur ef­fet probable sur les ĂȘtres humains n’a pas Ă©tĂ© pris en considĂ©ration
 On est arrivĂ© ainsi Ă  la construction des maisons gĂ©antes qui accumulent en un espace restreint des masses beaucoup trop considĂ©rables d’individus. Ceux-ci y habitent avec plaisir, car jouissant du confort et du luxe ils ne s’aperçoivent pas qu’ils sont privĂ©s du nĂ©cessaire. La ville moderne se compose de ces habitations monstrueuses et de rues obscures, pleines d’air polluĂ© par les fumĂ©es, les poussiĂšres, les vapeurs d’essence et les produits de sa combustion, dĂ©chirĂ©es par le fracas des camions et des tramways, et encombrĂ©es sans cesse par une grande foule. Il est Ă©vident qu’elle n’a pas Ă©tĂ© construite pour le bien de ses habitants. »

On ne fait aucun progrĂšs depuis, il ne manquerait plus que cela. Sur la mĂ©decine ou le pain blanc, Carrel avait tout dit aussi : « Notre vie est influencĂ©e dans une trĂšs large mesure par les journaux. La publicitĂ© est faite uniquement dans l’intĂ©rĂȘt des producteurs, et ja­mais des consommateurs. Par exemple, on a fait croire au public que le pain blanc est supĂ©rieur au brun. Aussi des quantitĂ©s de produits alimentaires et pharmaceutiques, inutiles, et souvent nuisibles, sont-ils devenus une nĂ©cessitĂ© pour les hommes civi­lisĂ©s. C’est ainsi que l’aviditĂ© des individus assez habiles pour diriger le goĂ»t des masses populaires vers les produits qu’ils ont Ă  vendre, joue un rĂŽle capital dans notre civilisation. »

On dirait du FrĂ©dĂ©ric Bernays. Cerise sur le gĂąteau : « On dirait que la civilisation moderne est incapable de produire une Ă©lite douĂ©e Ă  la fois d’imagination, d’intelligence et de courage. Dans presque tous les pays, il y a une diminution du calibre intellectuel et moral chez ceux qui portent la responsabilitĂ© de la direction des affaires politiques, Ă©conomiques et sociales. »

Notre penseur Ă©crit sur l’apocalypse touristique dont la mission est essentiellement profanatrice, ensuite consumĂ©riste (il faut traĂźner, faire du hanging around) : « L’attitude des touristes qui profanent les cathĂ©drales d’Europe montre Ă  quel point la vie moderne a oblitĂ©rĂ© le sens religieux. L’activitĂ© mys­tique a Ă©tĂ© bannie de la plupart des religions. Sa signification mĂȘme a Ă©tĂ© oubliĂ©e. À cet oubli est liĂ©e probablement la dĂ©cadence des Ă©glises. »

Dans une sociĂ©tĂ© d’imbĂ©ciles, on ne propose pas des solutions. On les oublie. Carrel a aussi soulignĂ© le dĂ©clin qualitatif et quantitatif de nos populations : « La France se dĂ©peuple dĂ©jĂ . L’Angleterre et la Scandinavie se dĂ©peupleront bientĂŽt. Aux États-Unis, le tiers supĂ©rieur de la population se reproduit beaucoup moins rapidement que le tiers infĂ©rieur. L’Europe et les États-Unis subissent donc un affaiblissement qualitatif aussi bien que quantitatif… La civilisation occidentale ne s’est jamais trouvĂ©e en aussi grave pĂ©ril qu’aujourd’hui. MĂȘme si elle Ă©vite le suicide par la guerre, elle s’achemine vers la dĂ©gĂ©nĂ©rescence grĂące Ă  la stĂ©rilitĂ© des groupes humains les plus forts et les plus intelligents. »

On le laisse conclure : « Il faut nous lever et nous mettre en marche. Nous libérer de la techno­logie aveugle. »

Tel quel !

Terminons. Je sais qu’on peut lui reprocher ici et lĂ  quelques phrases (Carrel est notamment russophobe, comme nos Ă©lites, mais il a l’excuse de la peur du stalinisme). Mais avant de lui jeter la premiĂšre pierre, on relit son Nietzsche : « Les historiens naĂŻfs appellent « objectivité » l’habitude de mesurer les opinions et les actions passĂ©es aux opinions qui ont cours au moment oĂč ils Ă©crivent. C’est lĂ  qu’ils trouvent le canon de toutes les vĂ©ritĂ©s. Leur travail c’est d’adapter le passĂ© Ă  la trivialitĂ© actuelle. Par contre, ils appellent « subjective » toute façon d’écrire l’histoire qui ne considĂšre pas comme canoniques ces opinions populaires. »

Sources

Alexis Carrel, L’homme cet inconnu.

Nietzsche, DeuxiĂšme considĂ©ration (sur l’histoire).

Nicolas Bonnal, Céline, la colÚre et les mots (Avatar éditions) ; Apocalypse touristique (Amazon.fr).

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