Inutile de revenir une fois de plus sur le sujet du racisme systĂ©mique, concept foireux, qui fait un retour en force dans l’actualitĂ© nord-amĂ©ricaine. Depuis l’affaire George Floyd, le dos au mur, les personnalitĂ©s publiques canadiennes doivent se prononcer sur le sujet, agressĂ©es par des journalistes inquisiteurs pour qui le racisme systĂ©mique envers les noirs est un fait avĂ©rĂ©, scientifique, dont on ne peut douter. Toute cette affaire et cette chasse aux sorciĂšres, dont la liste des victimes ne cesse de s’allonger car quiconque met en doute son existence doit illico quitter l’espace public comme Stockwell Day, Gordon Klein et Taylor Selfridge l’ont appris Ă  leurs dĂ©pens, occulte une discrimination bien rĂ©elle et avĂ©rĂ©e. RĂ©ellement avĂ©rĂ©e. C’est la discrimination que subissent les Canadiens français sur cette terre qui est la leur.

Cela ne prit pas moins de dix ans devant les cours de Colombie-Britannique et la Cour suprĂȘme du Canada pour que les Canadiens français, dĂ©fricheurs de l’AmĂ©rique septentrionale, aient finalement gain de cause : ils ont droit Ă  une Ă©ducation de qualitĂ© dans leur langue.

Ce droit est inscrit dans la Constitution et faisait partie des garanties offertes au QuĂ©bec pour son adhĂ©sion Ă  la confĂ©dĂ©ration de 1867, mais, la plupart des gouvernements provinciaux n’offraient pas une Ă©ducation en français d’une qualitĂ© semblable Ă  celle des Ă©coles anglaises. Il y a dix ans, un groupe de parents francophones de Colombie-Britannique s’adressa Ă  la justice pour voir leurs droits Ă  l’éducation en français finalement respectĂ©s. Et, le 12 juillet, le plus haut tribunal du pays a tranchĂ© en leur faveur.

De nombreuses provinces s’étaient liguĂ©es contre ce groupe de parents. Leur victoire signifie que les gouvernements provinciaux ne peuvent invoquer des finances serrĂ©es pour restreindre les droits des francophones d’obtenir une Ă©ducation de qualitĂ© dans leur langue maternelle.

Le droit Ă  l’éducation n’était plus ouvertement brimĂ© comme ce fut le cas par le passĂ© avec certaines lois francophobes telles que celles de l’Ontario et du Manitoba, mais le systĂšme francophone Ă©tait et reste sous-financĂ©.

En Colombie-Britannique, le transport scolaire et les bĂątiments sont inadĂ©quats. Le jugement souligne, comme l’explique la Presse canadienne, « des trajets en autobus deux fois plus longs, des Ă©coles sans bibliothĂšque, sans gymnase, ou encore avec des gymnases trop petits pour certains sports, et d’autres mal chauffĂ©s oĂč les enfants font de l’exercice avec leurs manteaux, et des programmes Ă©ducatifs offerts ailleurs, mais inexistants dans leurs Ă©coles ».

De ce fait, plusieurs parents choisissaient d’envoyer leurs enfants Ă  l’école anglaise pour leur permettre de se dĂ©velopper, ce qui Ă©videmment accĂ©lĂ©rait le processus d’assimilation Ă  la majoritĂ© anglophone, un processus qui semble irrĂ©versible.

DĂ©sormais, quoique aucun Ă©chĂ©ancier ne soit imposĂ©, les provinces auront le devoir d’offrir une Ă©ducation en français qui soit comparable Ă  celle offerte dans les Ă©coles anglaises.

Mais, l’éducation ne reprĂ©sente qu’un des aspects de la discrimination envers les francophones au Canada.

Cette discrimination, peu en ont parlĂ©, trop occupĂ©s Ă  parler de la sous-reprĂ©sentation de certaines ethnies dans certains domaines Ă©conomiques. Et pourtant, elle est bien rĂ©elle. Combien de Canadiens-français ont dĂ», depuis 1867, opter pour des Ă©coles anglaises et s’assimiler pour pouvoir obtenir une chance Ă©gale, et ce dans leur propre pays ? Le drame des Canadiens français, trop pĂąles pour ĂȘtre plaints, ne dĂ©range Ă©videmment pas les bien-pensants. Les droits de la minoritĂ© canadienne-française reprĂ©sentent bien peu comparativement Ă  ce qui se passe au sud de la frontiĂšre.

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A propos de l'auteur

RĂ©mi Tremblay

RĂ©mi Tremblay, Ă©diteur du Harfang, porte-parole de la FĂ©dĂ©ration des QuĂ©bĂ©cois de souche, collaborateur Ă  plusieurs journaux (PrĂ©sent, Livr’Arbitres, Council of Euro-Canadians et Alternative Right) ; il a dĂ©jĂ  publiĂ© le livre "Les Acadiens : du Grand DĂ©rangement au Grand Remplacement" et "Le Canada français, de Jacques Cartier au gĂ©nocide tranquille" (avec Jean-Claude Rolinat) aux Ă©ditions Dualpha. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s au Canada.

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