Le 27 avril sur le site du quotidien PrĂ©sent, je signais un papier mettant en avant l’obsession qu’entretient le gouvernement de Justin Trudeau Ă  propos du « suprĂ©matisme blanc », qui serait la principale menace dans le monde, avant l’Islam et le rĂ©chauffement planĂ©taire. Certains mĂ©dias, fort peu critiques, ont repris la doxa trudeauiste et prĂ©sentent le « terrorisme d’extrĂȘme droite » comme Ă©tant la nouvelle menace dĂ©fiant le Canada, mais aussi l’Occident au sens large.

Dans les discours officiels, deux tueries sont imputĂ©es Ă  l’extrĂȘme droite au Canada : celui de la rue Yonge Ă  Toronto, le 23 avril 2018, et celui de la mosquĂ©e de QuĂ©bec, le 29 janvier 2017.

La premiĂšre fut le fait d’Alek Minassian qui fonça au volant d’une mini-fourgonnette sur les nombreux piĂ©tons dĂ©ambulant sur cette rue passante, tuant ainsi une dizaine de victimes. Le coupable, atteint du trouble d’Asperger, une forme d’autisme, aurait eu des frustrations en tant qu’« incel », terme Ă  la mode dans certains forums web pour dĂ©crire les « cĂ©libataires involontaires ». Aucun motif politique, aucun manifeste, seulement la frustration de ne pas ĂȘtre populaire auprĂšs des femmes, ce qui selon le gouvernement et les mĂ©dias de masse qui suivent une logique qui m’échappe, ferait de lui un « terroriste d’extrĂȘme-droite ».

Le cas de la mosquĂ©e, Ă  cause de la cible choisie, pointe Ă©videmment vers un attentat islamophobe. Mais, il faut creuser un petit peu plus. Pourquoi un homme n’ayant jamais professĂ© d’opinions politiques aurait-il dĂ©cidĂ© de commettre un attentat de ce genre ? LĂ , le tueur Alexandre Bissonnette Ă©claira notre lanterne durant son procĂšs : il voulait ĂȘtre un tueur de masse, tout simplement, dans toute la barbarie apolitique que cela implique. Pourquoi une mosquĂ©e ? Car, petite lueur de conscience, il avait dĂ©cidĂ© de ne pas frapper les premiĂšres cibles qu’il avait choisies, soit un centre commercial et l’UniversitĂ© Laval, de peur de tuer des femmes et des enfants. La mosquĂ©e oĂč on ne trouve ni demoiselle, ni bambin, s’était alors imposĂ©e dans son esprit. Cela contrevient au concept d’égalitĂ© homme-femme, mais cette fois les fĂ©ministes ne se sont pas indignĂ©es.

VoilĂ  donc les deux attentats d’extrĂȘme-droite qui prouveraient hors de tout doute que le « suprĂ©matisme blanc » – que plusieurs journaux quĂ©bĂ©cois continuent Ă  orthographier « suprĂ©macisme » en copiant leurs dĂ©pĂȘches Ă  partir de l’anglais – est la pire menace Ă  la sĂ©curitĂ©.

Les attentats islamiques qui ont causĂ© des morts et des blessĂ©s au Canada ne comptent pas. En fait, les 32 211 attentats commis par des Islamistes depuis 2001 qui ont causĂ© 146 811 morts, tels que recensĂ©s dans le journal allemand Welt am Sonntag ne comptent pas aux yeux d’Ottawa. On prĂ©fĂšre mettre en avant les deux tueries, bien qu’elles n’aient aucun lien avec « l’extrĂȘme-droite ».

Pourquoi un tel mensonge ? Un mensonge qui si est gros que seuls les plus lobotomisés y adhÚrent ?

Jacques de Kremer dans Lectures Françaises (« L’art de la diversion mĂ©diatique », numĂ©ro 737, septembre 2018) l’explique bien, quoique son excellent article ne parle pas de Trudeau, mais de Macron.

Il s’agit de faire diversion, comme un illusionniste. DĂ©tourner l’attention ailleurs, voilĂ  l’objectif de Trudeau en cette pĂ©riode prĂ©Ă©lectorale.

Le bilan du rĂšgne Trudeau est catastrophique Ă  tous les niveaux ! Sauf un : combattre l’extrĂȘme droite. Qu’importe qu’il n’y ait pas de menace « suprĂ©matiste » au Canada, si Trudeau parvient Ă  en faire un enjeu, il est clairement celui qui a fait le plus dans ce domaine, nous le lui concĂ©dons.

Il a endettĂ© le pays, ajoutĂ© de nouvelles taxes, fait reculer l’économie, restreint les libertĂ©s, mais il a combattu la menace terroriste d’extrĂȘme-droite.

Tout ce qui lui reste Ă  faire avant l’élection de l’automne, c’est de convaincre la population que cette fantasmagorique menace existe rĂ©ellement. Avec de serviles journalistes sans esprit critique, il pourrait bien rĂ©ussir !

Et pendant ce temps, personne ne semble s’inquiĂ©ter du fait que l’extrĂȘme gauche parvienne avec des menaces Ă  faire annuler de pacifiques lancements de livres !