par Iven Durepos.

Le bioterrorisme n’est plus une menace Ă  ignorer. C’est dĂ©sormais connu, un agent pathogĂšne  mortel peut ĂȘtre reproduit en laboratoire. Des chercheurs canadiens ont rĂ©ussi Ă  synthĂ©tiser une souche active du virus de la variole. Leur expĂ©rience a dĂ©montrĂ© qu’il est aujourd’hui possible de crĂ©er des agents pathogĂšnes pour l’homme avec relativement peu de moyens. Une Ă©pidĂ©mie gĂ©ante provoquĂ©e par une attaque bioterroriste n’est plus donc de la science-fiction.

Pour Bernard Plouvier, mĂ©decin honoraire des hĂŽpitaux et membre Ă©lu de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York, « il est Ă©vident que d’ici 20 Ă  30 ans, l’on pourrait assister Ă  une Ă©pidĂ©mie (mortelle dans 50 Ă  60% des cas) de variole ». D’autant plus que l’on a arrĂȘtĂ© la vaccination jennĂ©rienne. D’aprĂšs l’ancien chef du service hospitalier,  « les populations vierges de tout contact avec les poxvirus de type variole-vaccine seront plus que dĂ©cimĂ©es en cas d’attaque terroriste avec ce type de virus hautement pathogĂšne.»

Bien que, selon les informations de la Commission EuropĂ©enne, aucune Ă©pidĂ©mie grave ne menace actuellement l’Europe, en cas d’attaque d’un virus hautement contagieux, le nombre de victimes sera immense.

Il n’est pas Ă  exclure non plus le risque d’une Ă©pidĂ©mie provoquĂ©e par des failles techniques non-dĂ©tectĂ©es dans un laboratoire. Des prĂ©parations mal inactivĂ©es de pathogĂšnes dangereux, un personnel mal formĂ© ainsi que des procĂ©dures de biosĂ©curitĂ© mal appliquĂ©es, tout cela peut mettre en danger la santĂ© voire la vie des milliers de personnes, Ă©tant donnĂ© que de tels faits se sont dĂ©jĂ  produits dans le passĂ©.

De surcroĂźt, « la recherche et d’une maniĂšre gĂ©nĂ©rale la culture, la manipulation et le transport de souches microbiennes pathogĂšnes et contagieuses ou des toxines (la botulinique ou les toxines cholĂ©riques, par exemple) peuvent ĂȘtre dĂ©tournĂ©s de leur but scientifique », souligne monsieur Plouvier.

Dans ce contexte, la surveillance des laboratoires de ce type est extrĂȘmement importante. Cela concerne surtout  les pays oĂč le climat politique et social est instable. L’Ukraine, par exemple, dont le territoire de l’est est toujours ravagĂ© par la guerre, compte plusieurs laboratoires de microbiologie prĂšs de la rĂ©gion du conflit. Cela met en danger non seulement les pays concernĂ©s, mais aussi leurs voisins. Car, en cas d’accident, la contamination passera aisĂ©ment les frontiĂšres, mĂȘme si on les « ferme », explique notre expert.

« Je vous rappelle que de 1940 Ă  1944, les frontiĂšres suisse, espagnole ou maritime suĂ©doise n’ont, heureusement pour certains, pas Ă©tĂ© aussi impermĂ©ables que divers auteurs le prĂ©tendent de nos jours. D’autant que les petits animaux se moquent Ă©perdument des frontiĂšres. Le rĂŽle des rats, des chiens et des chats, des volailles, des chauves-souris dans la transmission des maladies contagieuses est assez connu.»

En outre, les chercheurs et les savants des États  dĂ©stabilisĂ©s par des conflits sont particuliĂšrement vulnĂ©rables, et leur travail risque d’ĂȘtre utilisĂ© par des acteurs malveillants Ă  des fins terroristes.

Comment peut-on éviter une flambée épidémique?

Certes, les mesures de prĂ©vention peuvent s’avĂ©rer efficaces dans la lutte contre le bioterrorisme bien qu’il soit impossible de prĂ©venir toutes les attaques.

Le Dr Bernard Plouvier appelle Ă  ne pas abandonner les vaccinations efficaces ainsi que reprendre celle contre la variole et rĂ©introduire le caractĂšre obligatoire du BCG. Il prĂ©cise qu’en dĂ©pit de rares contre-indications et des effets secondaires aux vaccinations,  les risques prĂ©visibles d’une Ă©pidĂ©mie sur «population vierge» sont beaucoup plus importants. En effet, « les AborigĂšnes d’Australie, les Maoris de Nouvelle-ZĂ©lande, les AmĂ©rindiens des États-Unis  et du Canada ou d’AmĂ©rique latine et des Antilles  ont Ă©tĂ© exterminĂ©smoinspar les vilains Blancs que par les maladies contagieuses  telles que variole ou rougeole », ajoute l’expert.

Il ne faut pas surtout oublier que les manipulations avec des agents pathogĂšnes doivent ĂȘtre effectuĂ©es dans des laboratoires isolĂ©s, avec un personnel sĂ©questrĂ© du reste de la population. Car ce que l’histoire nous enseigne, ce n’est pas un si, mais un quand l’ignorance de ces prĂ©cautions nous en coĂ»tera en santĂ© et en vies. Et des vies certainement trĂšs nombreuses.

Cet article est paru sur le site European News.

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