Dans Le bras droit du monde libre, un excellent ouvrage Ă©lectronique disponible sur le site des Ă©ditions Alexipharmaque pour 5 euros, Laurent Schang, collaborateur aux revues RĂ©flĂ©chir & Agir et ÉlĂ©ments, fait l’éloge du FN FAL. Qu’on ne se mĂ©prenne pas, il s’agit du fusil automatique lĂ©ger produit par la Fabrique nationale de Herstal Ă  LiĂšge en Belgique !

Dans la mĂȘme catĂ©gorie d’arme, on aurait aujourd’hui envie de pleurer le bon vieux « Clairon », c’est-Ă -dire le FAMAS (Fusil d’assaut de la Manufacture d’armes de Saint-Étienne) qui Ă©quipe les troupes françaises depuis 1979 et qui sera remplacĂ© en 2017 par le HK 416 A5. On s’est fĂ©licitĂ© de la vente des avions Rafale Ă  l’Inde. Mais ce succĂšs de haute technologie militaire ne doit pas cacher le dĂ©clin accĂ©lĂ©rĂ© de l’industrie française de l’armement. Le remplacement du FAMAS par une arme allemande Ă  l’heure du made in France Ă©claire d’une lumiĂšre crue une triste rĂ©alité : la dĂ©sindustrialisation fort avancĂ©e de l’Hexagone, car ont successivement fermĂ© en 1999-2000, l’établissement du Mans de GIAT Industries, puis la Manufacture d’arme stĂ©phanoise, rendant dorĂ©navant impossible de nouvelles gĂ©nĂ©rations de FAMAS.

Les prĂ©sidences Chirac, Sarkozy et Hollande sont coresponsables de cette perte considĂ©rable. En octobre 2011, le chef d’État-major de l’armĂ©e de terre, le gĂ©nĂ©ral Bertrand Ract-Madoux, prĂ©venait dĂ©jĂ  la commission des Affaires Ă©trangĂšres et de la DĂ©fense nationale du SĂ©nat : « Pour ce qui est du remplacement du FAMAS, je regrette comme vous que cette arme ne puisse ĂȘtre française. »

Certes, les sĂ©nateurs avaient appris des spĂ©cialistes que le FAMAS fĂ»t par rapport Ă  d’autres armes Ă©quivalentes un fusil d’assaut lourd, complexe Ă  entretenir et coĂ»teux Ă  fabriquer. Mais la commission sĂ©natoriale a-t-elle su qu’une PME stĂ©phanoise, spĂ©cialisĂ©e dans l’armement de poing et d’épaule, avait conçu le FAST (Fusil d’assaut de Saint-Étienne) ?

Pourquoi cette solution française n’a-t-elle pas Ă©tĂ© retenue ? Non pas parce que le cahier des charges de la Direction gĂ©nĂ©rale de l’armement comportait quelque 600 points diffĂ©rents sur l’arme et ses munitions, mais plutĂŽt parce qu’une clause spĂ©cifique exigeait que le fabricant dĂ©gageĂąt un chiffre d’affaires minimum de 80 millions d’euros ! Cette discrimination financiĂšre excluait d’office la moindre PME française pourtant essentielle pour l’équilibre et le dynamisme Ă©conomiques du pays. Tout a Ă©tĂ© fait pour favoriser de grandes entreprises oĂč les bureaucrates pourront ensuite pantoufler en toute sĂ©rĂ©nitĂ©.

AprÚs 40 ans de bons et loyaux services, le FAMAS aurait mérité une autre fin.

Bonjour chez vous !

Cette « Chronique hebdomadaire du Village planétaire » a été diffusée sur Radio-Libertés le 28 octobre 2016.

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