J’ai dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© la grande montĂ©e de la paupĂ©risation des nord-amĂ©ricains, qui rejoint celle ignorĂ©e par nos mĂ©dias et nos instituts, des Français et des EuropĂ©ens affamĂ©s par les banksters et l’explosion trĂšs raisonnĂ©e de la dette immonde. On lit les lignes suivantes sur le blog de Pierre Jovanovic, concernant l’AmĂ©rique, « premiĂšre puissance mondiale » toujours donnĂ©e en exemple par nos talentueux socialistes : « 7 % de la population, soit 21 millions de gens, vivent en pauvretĂ© absolue, avec un revenu infĂ©rieur de 50 % Ă  ce que l’on considĂšre comme seuil de la pauvretĂ©. Et 33 % de la population, soit 105 millions de gens, vivent dans la pauvretĂ©, ou toute proche (
) Ces chiffres ont Ă©tĂ© obtenus dans How the US Census Measures Poverty, US Census Bureau, Income, Poverty, and Health Insurance Coverage in the United States 2014, US Census Bureau. »

Cette misĂšre frappe de plus en plus de monde, Ă  part votre dĂ©putĂ© et le patron de votre chaĂźne tĂ©lĂ©. J’ai des amis « millionnaires » dĂ©primĂ©s et ruinĂ©s par les Ă©tudes longues et trop coĂ»teuses de leurs enfants (80 000 euros par an en moyenne, car il faut payer, loger, habiller, vĂ©hiculer et nourrir tout cela, Ă  Singapour, AdelaĂŻde ou sur la CĂŽte Ouest) qui me disent ne faire plus partie que de la classe moyenne supĂ©rieure
 Les bonnes Ă©lĂšves sans fortune finissent comme cette jeune avocate dans une chambre de bonne Ă  800 euros Ă  Saint-Germain-des-PrĂ©s, ou comme cette interne qui vient de s’acheter un 19m2 pour la modique somme de 200 000 euros, toujours Ă  Paris, entre deux bombes et deux Ă©meutes.

Certains s’acharnent sur les musulmans ou les fascistes ; ils feraient mieux de regarder ailleurs. La question du portefeuille me paraüt plus importante, mais allez savoir pourquoi on n’en parle jamais ! C’est mal vu à table par les bobos.

Les Ă©tudiants crient famine, d’autant que les Ă©tudes sont devenues une commodity de plus en plus chĂšre, et qui ne dĂ©bouche sur rien : un jeune ami, ingĂ©nieur chez Airbus, dĂ©bute ainsi Ă  SĂ©ville Ă  1 400 euros, alors qu’il a fait huit ans d’études. Son pĂšre me dit qu’il ne veut pas l’envoyer Ă  Londres, oĂč la biĂšre coĂ»te huit euros.

Du coup, un certain Brandon Wade a fait fortune en crĂ©ant le site SeekingArrangement.com qui favorise des arrangements entre des sugar daddies (on traduit ?), des quadras ou quinquagĂ©naires nantis et des Ă©tudiantes qui se prĂ©cipitent pour trouver du dollar. Ce site avait soixante-mille membres en 2010, et il est montĂ© Ă  2 millions de membres en 2015. Le sexe n’est pas garanti, il est juste implicite, ajoute le site rebelle libertarien Zerohedge.com. Et le Mr Wade prĂ©cise religieusement que le sexe, comme l’argent, sont des nĂ©cessitĂ©s, qu’il se contente de les faire se rencontrer.

Mais CĂ©line l’a mieux dit dans le Voyage au bout de la nuit : « Presque tous les dĂ©sirs du pauvre sont punis de prison
 Depuis l’ascension de Musyne et de Mme Herote, je savais que le cul est la petite mine d’or du pauvre. »