Combien de fois a-t-on pu entendre lors de dĂ©bats ou dans la presse, de la part des intellectuels avisĂ©s et des journalistes : « Ce que vous dites n’est pas une opinion mais un dĂ©lit », coupant ainsi court Ă  tout dĂ©bat. Bien sĂ»r, le vieux « dĂ©lit d’opinion » n’existe pas dans les dĂ©mocraties abouties qui sont les nĂŽtres. Alors on a tournĂ© la difficultĂ© en lĂ©gifĂ©rant. Ainsi, en effet, on ne peut plus parler d’« opinion » quand nombre d’opinions sont judiciarisĂ©es. On a dĂ©passĂ© le stade du « politiquement incorrect » en instituant le plus commode « judiciairement incorrect ». Plus efficace aussi car sanctionnable concrĂštement. Les dĂ©mocraties modernes ont ceci de remarquable : il leur faut toujours un habillage lĂ©gal pour imposer leurs visions des choses. Les Parlements agissent donc pour faire taire tout droit de s’exprimer en-dehors des versions officielles de la bien-pensance. On y ajoute la pincĂ©e traditionnelle du rappel aux « valeurs rĂ©publicaines » dont personne ne sait prĂ©cisĂ©ment ce qu’elles recouvrent ou plutĂŽt ce qu’on veut leur faire dire, et le tour est jouĂ©.

Cette judiciarisation de la libertĂ© des dĂ©bats a tout de mĂȘme quelques relents de bonnes vieilles dictatures Ă  l’ancienne qui ne faisaient pas autre chose. Ah ! Le bon vieux temps des grands procĂšs soviĂ©tiques. À quand l’internement en hĂŽpital psychiatrique pour opinion dĂ©lictuelle ? D’ailleurs et juste pour l’anecdote, il est envisagĂ© pour les « dĂ©linquants de la route » (ceux qui roulent Ă  135 au lieu de 130 sur autoroute donc) aprĂšs 3 stages de rĂ©cupĂ©ration de points toujours infructueux, qu’un entretien avec un psychologue commence la rĂ©Ă©ducation de ces dĂ©linquants « asociaux ». C’est un tout petit dĂ©but, mais qui rappelle d’autres mĂ©thodes du passĂ© et peut-ĂȘtre celles d’un futur qui n’existaient que dans les ouvrages de science-fiction du « meilleur des mondes ».

Il est ainsi dĂ©lictuel, dans la plupart des pays europĂ©ens, d’avoir des opinions ne serait-ce que nuancĂ©es sur :

  • L’homosexualitĂ© institutionnalisĂ©e
  • La IIe Guerre mondiale
  • Le racisme et l’antisĂ©mitisme
  • La colonisation
  • Les statistiques ethniques
  • Les religions (sauf christianisme qui est assimilĂ© Ă  toutes les horreurs de notre histoire : guerres, colonisations, antisĂ©mitisme, etc.)
  • L’identitĂ© des peuples (car assimilĂ©e aux thĂšmes prĂ©cĂ©dents)
  • Et tant d’autres dĂšs lors qu’un rapprochement avec les thĂšmes prĂ©cĂ©dents est effectuĂ©.

Pour faire court, l’essentiel des grands sujets de sociĂ©tĂ©, de notre histoire et des idĂ©es politiques est frappĂ© d’interdit de prĂšs ou de loin et sujet Ă  des plaintes devant les juridictions pĂ©nales oĂč les juges appliqueront avec la plus grande sĂ©vĂ©ritĂ© la loi aprĂšs une interprĂ©tation parfaitement impartiale des faits ou des propos attaquĂ©s. Bien entendu.

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