La presse espagnole, tout aussi minable que la presse française, ne parle que de deux choses cet Ă©té : le coup d’État US Ă  venir au Venezuela (en attendant celui des USA, lisez David Stockman et Philippe Grasset sur ce sujet croustillant, la rĂ©volution orange en AmĂ©rique !) et le transfert du footeux Neymar Ă  un milliard d’euros ou quatre fois plus.

football

En creusant ce sujet fatiguĂ©, je tombe sur un article qui reproche au « nazi Franco » (« Franco est nazi et il a aidĂ© Ă  l’holocauste », c’est ce qu’on raconte maintenant en Espagne, alors qu’il avait sĂ©curisĂ© tous les Juifs qu’il pouvait) d’avoir organisĂ© des matchs de foot avec les « nazis » de Vichy ou mĂȘme les « Italiens nazis ». On va reprocher au poisson de nager maintenant


Remarquez que s’il avait jouĂ© avec l’URSS, on le lui reprocherait aussi
 Il fallait que l’équipe espagnole joue avec l’équipe US le jour de Nagasaki (seul archevĂȘchĂ© japonais d’ailleurs) ou avec l’équipe british le jour de Dresde. C’est dĂ©cidĂ©ment le seul moyen de complaire Ă  cette terrifiante presse aux ordres.

Je me rĂ©pĂšte donc : lisez le classique historien Stanley Payne, de plus en plus effarĂ© par la rĂ©alitĂ© intellectuelle espagnole. « Un peuple anesthĂ©siĂ©, abruti par la consommation, l’hĂ©donisme et la tĂ©lĂ©-poubelle ». Fermez le ban. Orson Welles en voulut finalement Ă  « la dĂ©mocratie en Espagne qui a mis fin Ă  l’Espagne. »

Football donc : toutes les images montrent que, panem et circenses aidant, le foot a toujours aidĂ© Ă  abrutir, manipuler les masses et Ă  concentrer leur vide Ă©nergie dans le chaudron rĂ©vulsĂ© des stades. Qu’il s’agisse de dĂ©mocratie fascisante comme chez nous, ou de nazisme ou de tyrannie soft franquiste, la manip’ reste la mĂȘme. Le prĂ©sident US Eisenhower (« nazi » aussi donc) a fait rentrer le « nazi » Franco dans l’Otan, Gary Cooper passait ses vacances en « Espagne nazie », Kirk Douglas tourna Spartacus dans l’« Espagne nazie », et Tyrone Power y mourut, pendant qu’Orson Welles ou Ava Gardner s’y prĂ©lassaient en tournant trois classiques du cinĂ©ma US (Pandora, La fĂȘte est finie, Falstaff, etc.).

Sur le foot ou la politique de ces temps de la Fin, Guy Debord avait Ă©crit naturellement : « Ainsi se recompose l’interminable sĂ©rie des affrontements dĂ©risoires mobilisant un intĂ©rĂȘt sous-ludique, du sport de compĂ©tition aux Ă©lections. »

Huizinga aussi (qui ?) avait remis le foot à sa place dans son Homo Ludens (son quoi ?).

Mais j’en reviens au cas Neymar (ou au cas nullard). Neymar comme Ronaldo sert les agendas multiculturels, mondialistes et wahhabites. Neymar comme Ronaldo – qui cĂ©lĂšbre ensemble maintenant le ramadan et son homophilie – sert l’agenda numĂ©rique, transhumain ou transgenre, Neymar comme Ronaldo sert l’abrutissement collectiviste de cette rĂ©pugnante et eschatologique sociĂ©tĂ©, Neymar comme Ronaldo sert les inĂ©galitĂ©s effarantes de revenus (soixante-dix millions pour Ronaldo, soit dix mille fois plus que le salaire moyen de la jeunesse en Espagne), Neymar comme Ronaldo enfin sert Ă  dĂ©tourner l’attention sur des sujets qui ne fĂącheront pas cette clique de consommateurs qui nous entourent, et qui sont guettĂ©s, sans le savoir, par la troisiĂšme Guerre mondiale voulue par leurs mĂ©dias et le sĂ©nat US.

Le mot de la fin pour Bernanos qui avait tout compris du monde moderne et du foot selon le gĂ©nĂ©ralissime : « Franco a tout sacrifiĂ© aux puissances d’argent, y compris la Phalange elle-mĂȘme
 Une DĂ©mocratie sans dĂ©mocrates, une RĂ©publique sans citoyens, c’est dĂ©jĂ  une dictature, c’est la dictature de l’intrigue et de la corruption. »

Eh bien ! On y est avec les smartphones (smert, la mort en russe, mĂȘme racine que ce mot saxon) et les supporters de football.

AprĂšs, question du jour entendu mille fois par jour : « Qu’est-ce tu ferais avec tout ce fric ? »

Hein ? Qu’est-ce qu’on ferait ?

Leur « monde moderne » est décidément un abattoir.

Sources

Nicolas Bonnal – Comment les Français sont morts ; la culture comme arme de destruction massive (Amazon.fr).

Stanley Payne – Franco y el franquismo.

Guy Debord – La sociĂ©tĂ© du spectacle (§ 62).

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Nicolas Bonnal

Essayiste et chroniqueur politique, Nicolas Bonnal est l’auteur d’une quinzaine de livres sur la politique, l’identitĂ©, l’initiation et le cinĂ©ma
 Derniers livres parus aux Éditions Dualpha : Le paganisme au cinĂ©ma ; La chevalerie hyperborĂ©enne ; le Graal et Donald Trump, le candidat du chaos. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s en Espagne.

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