On ne vantera jamais assez les efforts louables de nos municipalitĂ©s pour pallier les effets dĂ©sastreux d’une politique gouvernementale mesquine qui vise Ă  rĂ©duire sa participation aux finances des collectivitĂ©s locales.

collectivite locale dotation-publique

Prenons l’exemple de ma commune, une paisible petite ville du littoral armoricain du Bassin Arverne catalano-provençal (voilĂ  oĂč a conduit le redĂ©coupage psychĂ©dĂ©lique de nos rĂ©gions). Ses 10 000 habitants ont pour maire un instituteur, pardon un professeur des Ă©coles, Ă  la retraite qui se revendique socialiste (ce qui est courageux par les temps qui courent), encore que bon nombre de membres de feu son parti en doutent presque furieusement


C’est pourtant un garçon sympathique. Je l’affirme haut et fort : un homme qui Ă©crit des romans policiers ne peut pas ĂȘtre fonciĂšrement mauvais. Bref, voilĂ  un Ă©dile bien mĂ©ritant contraint Ă  maĂźtriser de façon « drastique » (qualificatif technocratique qui ne peut que rassurer le contribuable) les dĂ©penses de sa ville.

Imaginez les contorsions auxquelles doit se livrer dĂ©sormais notre bon maire pour attĂ©nuer cette baisse assassine de dotations alors que, aidĂ© par une Ă©quipe exemplaire, il a pris jusqu’alors un soin mĂ©ticuleux Ă  gĂ©rer en bon pĂšre de famille le bas de laine bien usagĂ© qui lui avait Ă©tĂ© lĂ©guĂ©.

Songez que les frais de personnel ne reprĂ©sentent que 53 % de son budget pour 400 salariĂ©s et contractuels et que le montant des subventions aux associations plafonne modestement Ă  14 % de celui-ci. Son endettement par habitant n’a Ă©tĂ© que doublĂ© en cinq ans. Une vraie performance !

Certes, des grincheux louchent dĂ©sormais sur la communautĂ© de communes qui, avec ses 450 salariĂ©s, siphonne aussi efficacement qu’indirectement les comptes bancaires des administrĂ©s, en grande partie des retraitĂ©s, mais que voulez-vous
 il n’y a pas d’omelettes sans casser les vieux.

Il n’y a pas non plus de petites Ă©conomies et il faut bien commencer par un bout. La pĂ©riodicitĂ© de la collecte des ordures mĂ©nagĂšres s’y prĂȘte merveilleusement. Pour preuve, en quelques annĂ©es on est passĂ© du ramassage quotidien au ramassage bihebdomadaire. Pourquoi ne pas tenter l’hebdomadaire ? Et mon maire, en praticien mĂ©ticuleux de l’écologie, de nous Ă©crire : « Soucieuse d’adapter son service de collecte au plus prĂšs des besoins, d’en maĂźtriser le coĂ»t, et de respecter les nouvelles rĂ©glementations, la collecte des ordures, s’opĂ©rera une fois par semaine. »

J’imagine la satisfaction d’une jeune voisine, mĂšre de jumelles de quelques mois, son stock de couches souillĂ©es sur les bras, si j’ose m’exprimer ainsi, mesurant pleinement cette adaptation « plus prĂšs des besoins », Ă  ceux justement de ses nourrissonnes. VoilĂ  une dĂ©cision qui ne saurait laisser notre sĂ©millant Ă©dile en odeur de saintetĂ© dans ce foyer exemplaire et plus encore au fond de ses poubelles. Je ne m’étendrai pas sur les mĂȘmes contraintes infligĂ©es aux aides mĂ©nagĂšres ou papy et mamy-sitters, tributaires des incontinences diverses et avariĂ©es d’une population vieillissante.

Sans vouloir jouer les conseilleurs, il serait bon de rappeler Ă  nos Ă©lus qu’en pĂ©riode de renouvellement de leur mandat, c’est justement dans le besoin qu’on reconnaĂźt ses vrais amis
 Ă  la condition de ne pas marcher dessus. Et pour nos gouvernants c’est ce genre de dĂ©tail en la matiĂšre qui fait cale au char de l’État dans sa progression vers des lendemains purs et radieux.

J’ai honte, je l’avoue, d’évoquer un sujet aussi scabreux, voire scatologique, mais que voulez-vous, nĂ©cessitĂ© (en chalet ou non) fait loi.

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