Florence Mraizika est docteur des Mines de Saint-Étienne et diplĂŽmĂ©e d’aramĂ©en de l’universitĂ© HĂ©braĂŻque de JĂ©rusalem. Elle est par ailleurs spĂ©cialiste de l’intertextualitĂ© Bible-Coran et a Ă©tudiĂ©, au sein de l’Institut Catholique de Toulouse, le motif de l’alliance biblique dans le Coran ainsi que les strates de composition du corpus coranique. Avec cet ouvrage, sous-titrĂ© le dĂ©fi de la science, elle propose une analyse du Coran en se basant sur les nouvelles dĂ©couvertes sur les origines de l’islam. PrĂ©cisons que la vision de l’auteur est exclusivement sunnite. Bien Ă©videmment, l’islam ne se rĂ©sume pas au sunnisme. L’histoire des premiers temps islamiques et les corpus ne sont pas les mĂȘmes dans le sunnisme et le chiisme.

Il convient, pour bien commencer, de rĂ©pondre Ă  cette fameuse question : qu’est-ce que le Coran ? L’auteur Ă©crit : « Le Coran est le livre saint de l’islam. De taille Ă©quivalente environ au Nouveau Testament, il se compose de 114 chapitres appelĂ©s sourates. Chaque sourate se compose de versets – des centaines pour les premiĂšres sourates, quelques-uns pour les derniĂšres, les spĂ©cialistes allant mĂȘme jusqu’à numĂ©roter des sous-divisions au sein des versets. »

Que trouve-t-on rĂ©ellement en lisant le Coran ? LĂ  encore Mraizika propose une rĂ©ponse factuelle : « Le Coran est un ensemble de rĂ©cits, de narrations et de commandements. Dans la foi islamique, il s’agirait de la parole de Dieu lui-mĂȘme, immuable et incrĂ©Ă©e, telle que son ange, Gabriel, l’aurait rĂ©vĂ©lĂ©e en arabe Ă  Muhammad et telle que lui-mĂȘme l’aurait alors prĂȘchĂ©e dans l’Arabie du VIIe  siĂšcle entre 610 et 632 (annĂ©e de sa mort), entre les villes de La Mecque et de MĂ©dine, faisant de lui le prophĂšte de l’islam. »

Il y a une notion importante sur laquelle nous ne voulons pas faire d’impasse : « Selon la tradition musulmane, cette prĂ©dication aurait Ă©tĂ© uniquement orale et apprise par cƓur par les premiers compagnons de Muhammad. Des mises par Ă©crit partielles et multiples auraient Ă©tĂ© commencĂ©es du vivant de Muhammad, mais c’est aprĂšs sa mort que le Coran sera Ă©ditĂ© et normalisĂ©. La tradition musulmane met en avant le rĂŽle Ă©minent du calife Othman, qui, prenant le pouvoir en 644, aurait entrepris la mise par Ă©crit dĂ©finitive du texte coranique. »

Pour rĂ©sumer, le Coran se prĂ©sente comme la parole de Dieu rĂ©vĂ©lĂ©e Ă  l’humanitĂ© dans la langue arabe. Comme toute religion, elle affirme la supĂ©rioritĂ© de son Dieu, maĂźtre et crĂ©ateur de l’univers auquel l’humanitĂ© doit se soumettre. L’auteur Ă©nonce que « le Coran prĂ©sente de nombreuses histoires de personnages bibliques et parabibliques, revendiquĂ©es comme autant de personnalitĂ©s islamiques : Abraham, IsmaĂ«l, Joseph, Pharaon, MoĂŻse, NoĂ©, Jonas, JĂ©sus, Marie, etc. ». Les musulmans Ă©taient obligĂ©s d’agir ainsi pour justifier la prĂ©tendue continuitĂ© avec les monothĂ©ismes hĂ©braĂŻque et chrĂ©tien.

Il faut aussi noter, contrairement Ă  ce que laissent entendre certains musulmans, que « le Coran condamne les non-musulmans pour ĂȘtre rĂ©tifs Ă  l’islam, en particulier les Gens du Livre, ChrĂ©tiens et Juifs, les premiers principalement pour ĂȘtre coupables du pĂ©chĂ© d’associationnisme, et les seconds pour avoir condamnĂ© JĂ©sus, sali Marie et falsifiĂ© leur texte saint, la Torah, dont la substance aurait Ă©tĂ© initialement celle de l’islam. Ils sont vouĂ©s Ă  l’enfer ». Dire le contraire revient Ă  omettre ou cacher un des points fondamentaux de la doctrine islamique.

Nous en entendons souvent parler, mais le rappel ne nous semble pas superflu : « Le Coran exhorte les croyants au combat armĂ© dans le chemin de Dieu, pour rĂ©pandre et imposer l’islam. Il dĂ©taille les modalitĂ©s du combat et de la guerre sainte (jihĂąd). »

Au cours de son analyse, elle pose une autre interrogation lourde de sens : « le Coran peut-il ĂȘtre lu par tout un chacun ? » Elle rĂ©pond ainsi : « C’est un texte peu comprĂ©hensible par lui-mĂȘme. Voire incomprĂ©hensible. Comme il se prĂ©sente, le Coran est en effet d’un abord difficile : pas de prĂ©sentation du locuteur (des locuteurs ?), ni des personnages ; ruptures permanentes de style et de sens ; interruptions brutales des narrations qui sont reprises ou pas dans d’autres sourates ; ordonnancement arbitraire des sourates et versets ; injonctions et commandements parfois contradictoires. »

Autre remarque importante que mentionne Mraizika: « De fait, [le Coran] ne peut ĂȘtre compris sans clefs de lecture extĂ©rieures au texte ; ces clefs vont permettre d’expliquer qui sont les personnages mentionnĂ©s, les lieux, les circonstances. » Elle ajoute que les sources islamiques sont tardives : « Par exemple, pour ce qui concerne la biographie de Muhammad (sĂźra), auteur prĂ©sumĂ© du Coran (ou transmetteur depuis Dieu via l’ange Gabriel selon la foi musulmane), le premier document connu est un texte du IXĂšme siĂšcle, Ă©crit par Ibn Icham qui revendique de l’avoir composĂ© Ă  partir d’une biographie prĂ©cĂ©dente d’Ibn Ishaq, datant du VIIIĂšme siĂšcle, elle-mĂȘme disparue. Les sources de premiĂšre main se rĂ©fĂ©rant Ă  l’histoire de la communautĂ© islamique sont inexistantes ».

Le Coran décréé, Florence Mraizika (Docteur Angelique).

Le Coran décréé, Florence Mraizika (Docteur Angelique).

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