Ne boudons pas notre plaisir, dans la famille des nuisibles, voilĂ  le troisiĂšme qui « dĂ©gage », aprĂšs JuppĂ© et Sarkozy dont il a mis d’ailleurs en pratique un des immortels principes « Casse-toi, pauv’ con ! ».

La vraie question est : nous aura-t-il débarrassés des socialistes et du socialisme ?

En 2014, j’avais usĂ© de cette formule dans un article pressentant que ce pourrait ĂȘtre le seul bĂ©nĂ©fice historique de François Hollande.

En fait d’historique, le socialisme, nĂ© avec la rĂ©volution industrielle, commence Ă  dater sĂ©rieusement et le mĂ©rite de Hollande est d’en avoir achevĂ© le cycle historique. Ce cycle s’achĂšve non pas avec l’extinction de la pauvretĂ©, parce que les socialistes aiment tellement les pauvres qu’ils en crĂ©ent ou en importent, mais dans l’impuissance de l’État Ă  distribuer plus qu’il ne le fait aujourd’hui. DĂ©jĂ  depuis la dĂ©monstration Mitterrand, il apparaissait clairement que redistribuer du pouvoir d’achat consistait Ă  gonfler un pneu crevĂ©, tant ce pouvoir d’achat distribuĂ© profitait aux importations.

DĂšs lors le socialisme n’avait plus, pour lui, que le sociĂ©tal dont le mariage homosexuel est apparu comme le sommet sociĂ©taliste, divisant gravement les Français et provoquant le plus grand « mouvement social » depuis 1968. Ici, on mesure le paradoxe d’une gauche qui traditionnellement accompagnait le « mouvement social » et en revendiquait le monopole et qui aujourd’hui le provoque contre elle. Quoiqu’il advienne de la primaire Ă  venir et des candidatures de la gauche, nous avons deux catĂ©gories de gauche : la premiĂšre, se voulant pragmatique, n’ira pas beaucoup plus loin que Hollande dans le rĂ©formisme, sauf Macron peut-ĂȘtre, et le recours au marchĂ©, tandis que l’autre campera sur des fondamentaux archaĂŻsants du socialisme, le vrai. Un siĂšcle et demi pour s’en apercevoir en France ! La bonne nouvelle Ă©tant que cette faille risque d’empĂȘcher pour longtemps toute union de la gauche.

Un socialisme latent

Pour ce qui est de nous dĂ©barrasser des socialistes, Hollande y aura ƓuvrĂ© avec une certaine persĂ©vĂ©rance, comme quoi on peut rĂ©ussir mĂȘme si l’on est sans talent.

Bien entendu, il n’aura pas rĂ©ussi Ă  Ă©radiquer le socialisme latent des Français qui choisiront toujours la sĂ©curitĂ© avant la libertĂ©. Ils ont sucĂ© le lait de l’alma mater Ă©ducation, oĂč l’enseignement de l’économie est plus que dĂ©sastreux (voir mon livre Les derniĂšres nouvelles du Mammouth, Ă©d. le Trident, 2002).

Curieusement la culture politique des Français crĂ©dite l’État d’un a priori de surhumanitĂ© faisant des hommes de l’État, par automatisme, des hommes au-dessus des intĂ©rĂȘts particuliers. C’est lĂ  un contresens sur l’intĂ©rĂȘt public que de lui faire dĂ©border les seules questions rĂ©galiennes.

En ce domaine, on peut admettre que, sur ces fonctions, il faut une volontĂ© supĂ©rieure qui transcende les intĂ©rĂȘts particuliers. Mais dĂšs lors que l’État vient funestement dans le champ de l’économique, les hommes de l’État sont trĂšs Ă©loignĂ©s d’agir dans le sens du bien commun.

Élection oblige, ils nous diront que les inĂ©galitĂ©s croissent, jouant habilement du sentiment de jalousie qui sommeille en chacun d’entre nous.

« Ce n’est pas tout de rĂ©ussir dans la vie, encore faut-il que vos amis Ă©chouent », disait Sacha Guitry. Et beaucoup de Français sont encore convaincus qu’en faisant les poches des riches, on rĂ©duira le nombre de pauvres. S’exprime ainsi, disait Tocqueville, notre « goĂ»t dĂ©pravĂ© pour l’égalitĂ© qui porte les faibles Ă  vouloir attirer les forts Ă  leur niveau et qui rĂ©duit les hommes Ă  prĂ©fĂ©rer l’égalitĂ© dans la servitude Ă  l’égalitĂ© dans la liberté » (De la dĂ©mocratie en AmĂ©rique).

Gageons que dans la campagne Ă  venir on entendra beaucoup parler, d’un « ultralibĂ©ralisme » que pour ma part je continue, en vain de chercher en France (57 % du PIB en PrĂ©lĂšvements obligatoires), ne rencontrant gĂ©nĂ©ralement qu’un socialisme latent.

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A propos de l'auteur

Olivier Pichon

Olivier Pichon , professeur agrĂ©gĂ© de l'universitĂ©, ancien professeur en prĂ©pa Hec ( Ă©conomie et histoire), conseiller regional d'Île de France 1992-2004, ancien directeur de « Monde et Vie » ; il collabore actuellement Ă  « Nouvelles de France » et dirige l'Ă©mission « Politique et Ă©co » sur TV LibertĂ©s.

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