« Qui se souvient de Juan Donoso CortĂšs ? » : c’est sur cette interrogation que Christophe Boutin introduit l’entrĂ©e « Donoso CortĂšs » dans l’excellent Dictionnaire du conservatisme dont il est Ă  l’origine avec FrĂ©dĂ©ric Rouvillois et Olivier Dard.

Juan Donoso CortĂšs.

Juan Donoso CortĂšs.

Qui se souvient en effet de cet espagnol Ă©clectique qui a partagĂ© sa vie entre l’Espagne oĂč il est nĂ© et la France oĂč il est mort aprĂšs quelques tribulations europĂ©ennes ?

Juriste de formation, historien par passion, homme politique par devoir, diplomate autant par nature que par vocation (ambassadeur d’Espagne Ă  Berlin puis Ă  Paris), il restera auprĂšs des Ă©rudits comme un formidable ciseleur de formules et un orateur au souffle puissant. Ne lui en faut-il pas d’ailleurs, pour Ă©noncer son identitĂ© complĂšte : Juan Francisco Maria de la Salud Donoso CortĂšs y Fernandez Canedo, marquis de Valdegamas. Ouf !

Tout au long d’une vie trĂ©pidante, il observe ses contemporains et les institutions qui les gouvernent. Certaines de ses observations sont des plus pertinentes, notamment lorsqu’il pose un regard aigu sur la sociĂ©tĂ© française : « Chez les peuples qui sont ingouvernables, le gouvernement prend nĂ©cessairement les formes rĂ©publicaines ; c’est pourquoi la rĂ©publique subsiste et subsistera en France. »

Il souligne ce qui pour lui en est la cause : « Le grand crime du libĂ©ralisme, c’est d’avoir tellement dĂ©truit le tempĂ©rament de la sociĂ©tĂ© qu’elle ne peut rien supporter, ni le bien, ni le mal. »

VoilĂ  qui en 2018 et entre deux grĂšves des services publics, rassurera les hommes politiques inquiets sur l’avenir de nos institutions. Encore que, Ă  en croire Donoso, le prĂ©sident et ses ministres devraient s’interroger sur la rĂ©alitĂ© des pouvoirs qu’ils croient dĂ©tenir : « Un des caractĂšres de l’époque actuelle, c’est l’absence de toute lĂ©gitimitĂ©. Les races gouvernantes ont perdu la facultĂ© de gouverner ; les peuples la facultĂ© d’ĂȘtre gouvernĂ©. Il y a donc dans la sociĂ©tĂ© absence forcĂ©e de gouvernement. »

Donoso souligne l’évolution perverse de la classe dirigeante devenue « une classe discutante » qui rĂ©pugne Ă  assumer son vrai rĂŽle et de ce fait devient incapable de dĂ©cider : « Il est de l’essence du libĂ©ralisme bourgeois de ne pas dĂ©cider [
], mais d’essayer, Ă  la place de cette dĂ©cision, d’entamer une discussion. »

N’est-ce pas ce qui pousse nos gouvernements, lorsqu’ils craignent de trancher, Ă  crĂ©er ces commissions ThĂ©odule moquĂ©es par De Gaulle.

Il dĂ©nonce la complicitĂ© entre le pouvoir et la presse d’information accusĂ©e de dĂ©goupiller ces grenades fumigĂšnes destinĂ©es justement Ă  enfumer l’opinion : « Le journalisme c’est le moyen le plus efficace inventĂ© par les hommes pour cacher ce que tout le monde doit savoir  »

Et c’est ainsi que, pour Donoso CortĂšs, s’ouvre la voie Ă  cette dĂ©rive des institutions qui conduit Ă  faire entrer « l’esprit rĂ©volutionnaire dans le Parlement. »

Ce noble espagnol qui connaĂźt l’Europe pour l’avoir sillonnĂ©e en diffĂ©rentes circonstances, devine les risques qui la guettent : « Je reprĂ©sente la tradition, par laquelle les nations demeurent dans toute l’étendue des siĂšcles. Si ma voix Ă  une quelconque autoritĂ©, Messieurs, ce n’est pas parce que c’est la mienne : c’est parce que c’est la voix de nos pĂšres. »

Donoso CortĂšs traverse des temps troublĂ©s dans lesquels rĂ©volutions, rĂ©voltes et pronunciamientos alimentent les chroniques et ne laissent guĂšre d’options aux populations qui les subissent. Il en vient Ă  considĂ©rer qu’en pĂ©riode de crise il ne reste plus qu’à choisir entre la dictature du poignard et celle du sabre. D’oĂč sa conclusion « je choisis la dictature du sabre parce qu’elle est plus noble. » Et n’est-ce pas cette dictature du poignard que nous vivons quand, en ce dĂ©but de troisiĂšme millĂ©naire, nous assistons Ă  ces morts politiques qui relĂšvent davantage d’une embuscade de ruffians que d’un duel entre gentilshommes.

Il perçoit dans les tendances politiques qui semblent se dĂ©gager les signes avant-coureurs « d’un nouveau paganisme (qui) tombera dans un abĂźme plus profond et plus horrible encore. Celui qui doit lui river sur la tĂȘte le joug de ses impudiques et fĂ©roces insolences, s’agite dĂ©jĂ  dans la fange des cloaques sociaux. »

Ne trouvez-vous pas quelque actualité à ces propos ?

Mais je vous prie d’excuser ma distraction. J’ai omis de vous prĂ©ciser que ce monsieur est nĂ© en 1809 et mort en 1853.

DĂ©cidĂ©ment comme l’affirmait le roi Salomon, il y a quelques annĂ©es dĂ©jĂ , rien de nouveau sous le soleil.

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