Depuis Montesquieu – qui reprenait les billevesĂ©es d’un juriste-politicien intellectuellement fort malhonnĂȘte, le sieur Marcus Tullius Cicero –, il est devenu classique de pĂ©rorer sur l’indĂ©pendance des trois pouvoirs : ExĂ©cutif, LĂ©gislatif et Judiciaire.

Ce faisant, on oublie la tyrannie religieuse, qui passe allĂšgrement du spirituel au temporel quand un clergĂ© y trouve son compte, et les facĂ©ties du soi-disant 4e pouvoir, celui d’informer-dĂ©sinformer l’opinion, qui fut toujours au service des opinions politiques du rĂ©dacteur ou de ses (plus ou moins gĂ©nĂ©reux) bailleurs de fonds.

L’actualitĂ© nous dĂ©montre, une fois de plus, qu’en France, cette « sĂ©paration » n’existe pas et que la Justice est au service de qui dĂ©tient la rĂ©alitĂ© du Pouvoir, c’est-Ă -dire les puissances d’argent. Durant la Grande Guerre, le collaborateur juif de Clemenceau, Édouard Ignace, sous-secrĂ©taire d’État Ă  la Justice militaire, a dit : « Rien n’égale la servilitĂ© de la Cour de cassation ».

Il semble que cette attitude, bien connue de tous les historiens Ă©tudiant le second Ă©pisode de la Guerre civile europĂ©enne du XXe siĂšcle – soit les annĂ©es 1940-1945 et les suivantes qui ne furent guĂšre trĂšs honorables –, puisse ĂȘtre Ă©tendue Ă  d’autres secteurs directement dĂ©pendants du Garde des Sceaux.

Alors qu’il Ă©tait bien parti dans la course Ă  l’échalote Ă©lysĂ©enne, François Fillon est touchĂ© en plein essor par d’opportunes rĂ©vĂ©lations provenant de son camp et de celui du mignon-Macron, relayĂ©es par un journal dont les scoops ne vivent que de dĂ©nonciations.

La pourriture politicienne atteignant des records dans notre Douce France, on se serait attendu Ă  davantage de retenue du cĂŽtĂ© d’un Parquet financier qui a, en principe et en pratique, bien d’autres affaires Ă  traiter et de plus urgentes que l’emploi nĂ©potiste, qu’aucune loi n’interdit
 Quant Ă  savoir si tel emploi correspond Ă  un travail rĂ©el ou non, c’est tellement difficile Ă  juger ! Qu’on demande aux excellences socialistes condamnĂ©es pour « emploi(s) fictif(s) » et qui se retrouvent ENSUITE bombardĂ©es ministres ou sous-ministres.

NON ! En pleine prĂ©campagne Ă©lectorale, il est urgent, voire « urgemment urgent », d’ouvrir une information contre un candidat qui n’aime ni les Francs-maçons ni les gens de la gauche caviar.

À l’évidence, si Fillon et sa smala s’avĂšrent innocents (mais on ne le saura qu’APRÈS les Ă©lections), il faudra rĂ©voquer pour partialitĂ©, qui fleure la forfaiture, tous les magistrats qui auront trempĂ© dans la dĂ©cision d’ouverture de l’information judiciaire. Car c’est une forfaiture que de mĂȘler la Justice au dĂ©bat politique.

Enfin, ces nobles juges et procureurs devraient retourner Ă  leurs manuels de Droit constitutionnel : le fondement de la DĂ©mocratie est l’égalitĂ© de tous les citoyens devant la Loi. Donc, si l’on ouvre une information contre le candidat Fillon, il faut en ouvrir une simultanĂ©ment Ă  l’encontre de TOUS les Ă©lus pratiquant un nĂ©potisme qui pourrait ĂȘtre suspect d’emploi fictif
 on va dĂ©cimer les deux Chambres, en plus des assemblĂ©es rĂ©gionales et du Parlement europĂ©en !

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Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spĂ©cialisĂ© en MĂ©de­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naĂŻf et vrai machiavel ; La tĂ©nĂ©breuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie mĂ©dicale et politique ; Dictionnaire de la RĂ©volution française,
) et d'essais (RĂ©flexions sur le Pouvoir. De Nietzsche Ă  la Mondialisation ; Le XXIe siĂšcle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,
). Il a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York en mai 1980.

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