Qui se souvient d’un certain Pierre Poujade, libraire-papetier Ă  Saint-CĂ©rĂ©, dont les gesticulations qu’on ne qualifiait pas encore de « populistes », avaient contribuĂ© Ă  l’élection Ă  la Chambre des « dĂ©pitĂ©s » de 52 dĂ©putĂ©s se rĂ©clamant de son mouvement ?

Affiche poujade

Encore faut-il prĂ©ciser que le MRP, avec 120 000 voix de moins, avait obtenu 73 siĂšges, ce qui prouvait, une fois encore, que jamais l’arithmĂ©tique Ă©lĂ©mentaire ne saurait s’appliquer aux scrutins Ă©lectoraux. À l’origine de ce mini raz-de-marĂ©e (les tsunamis viendront plus tard), de futurs « beaufs » et autres « sans-dents » qui refusaient dĂ©sormais d’accorder leur confiance Ă  quelque politicien de profession que ce fĂ»t. Le vrai programme de ces nouveaux Ă©lus aurait pu tenir sur le dos d’un ticket de mĂ©tro : « Sortez les sortants ! ».

Qui se souvient de cette Ă©poque oĂč les crises ministĂ©rielles Ă©taient aussi frĂ©quentes que les crises de fou rire dĂ©clenchĂ©es par des chansonniers impitoyables « habillant pour l’hiver » les marionnettes qui se succĂ©daient dans les antichambres du pouvoir ?

Le prĂ©sident de la RĂ©publique, l’honnĂȘte RenĂ© Coty, d’un renversement de gouvernement Ă  un autre, marchait sur des Ɠufs
 bientĂŽt « Mollet ». De « question de confiance » en « question de confiance », les parlementaires de profession avaient perdu celle de leur Ă©lectorat.

Qui se souvient de l’accueil « maraĂźcher » que la population algĂ©roise avait rĂ©servĂ© Ă  Guy Mollet venu introniser le gĂ©nĂ©ral Catroux en qualitĂ© de ministre rĂ©sident en AlgĂ©rie ? Les fruits et lĂ©gumes de la Mitidja volant en rase-mottes, le chef du gouvernement avait opĂ©rĂ© un repli stratĂ©gique judicieux. L’ùre du vigoureux Lacoste pouvait s’ouvrir.

Qui se souvient de la dĂ©mission du marĂ©chal Juin, commandant en chef des forces alliĂ©es Centre-Europe, manifestant ainsi son dĂ©saccord Ă  la politique de dĂ©fense soutenue par le gouvernement ? Il faut dire que certains chantiers de la construction europĂ©enne Ă©taient suspendus, compte tenu des intempĂ©ries politiques qui s’abattaient sur le continent, notamment Ă  l’est. Celui de la CommunautĂ© europĂ©enne de dĂ©fense avait Ă©tĂ© abandonnĂ© le 30 aoĂ»t 1954 au motif qu’il conduisait Ă  une remise en cause de la souverainetĂ© des États membres. DĂ©jà !

Qui se souvient de l’Affaire des fuites, jugĂ©e en mai ? Deux ans plus tĂŽt des informations sur l’effort de guerre en Indochine, traitĂ©es au sein du ComitĂ© supĂ©rieur de la dĂ©fense nationale, avaient Ă©tĂ© transmises au Parti Communiste Français, pupille chĂ©ri du tuteur soviĂ©tique, trĂšs Ă  l’écoute de ses confidences.

L’opinion publique, plus que jamais mĂ©fiante Ă  l’endroit de la classe politique, Ă©tait persuadĂ©e que des lampistes payaient pour les vrais responsables, beaucoup plus haut placĂ©s dans l’organigramme Ă©tatique. Tous pourris !

Qui se souvient de la mascarade de l’opĂ©ration Suez ? Elle prĂ©tendait assainir militairement les eaux troubles du Canal. Elle avait piteusement tournĂ© en eau de boudin malgrĂ© la prĂ©sence des lĂ©gionnaires du REP. Rien Nasser de courir ! Actant la confiscation de leur succĂšs, les troupes aĂ©roportĂ©es françaises, amĂšres, sauront s’en souvenir. Dix-huit mois plus tard, elles contribueront, d’une pichenette bien appliquĂ©e, Ă  l’écroulement de la IVe RĂ©publique.

Qui se souvient de la flambĂ©e d’attentats qui, dans les derniers mois de 1956, ensanglantait Alger ? Conscient de l’impossibilitĂ© d’une victoire militaire, le FLN privilĂ©giait dĂ©sormais un terrorisme urbain aveugle visant Ă  sĂ©parer irrĂ©mĂ©diablement les communautĂ©s musulmane et europĂ©enne et Ă  les dresser l’une contre l’autre, selon le principe « action-rĂ©pression ». Impuissant Ă  rĂ©gler ce problĂšme par des mesures de simple police, le gouvernement imaginait alors un moyen aussi original qu’efficace pour entraver cette dynamique diabolique.

PassĂ© la trĂȘve des confiseurs et une derniĂšre bĂ»che de NoĂ«l ramassĂ©e, le gĂ©nĂ©ral Massu, commandant la 10e division parachutiste, serait placĂ© Ă  la tĂȘte des forces armĂ©es et de la police Ă  Alger pour, notamment, nettoyer la Casbah devenue ce qu’on appellera des dĂ©cennies plus tard « une zone de non-droit ».

Mais je divague
 Pour quelle raison un diablotin vient-il, de sa fourche malicieuse, me sortir d’une torpeur europĂ©iste, bĂ©ate et citoyenne, pour exhumer de la nĂ©cropole des annĂ©es perdues, un millĂ©sime aussi morne qu’insipide ? Fadasse Ă  un point tel que tout le monde s’est empressĂ© de l’oublier.

RĂ©miniscences ? Analogie ? Mais qui a parlĂ© d’analogie ? Allons, ne soyez pas ridicule !

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99