C’est la premiĂšre fois qu’un parti, dĂ©sirant faire « nombre » aux yeux de l’opinion, permet Ă  ses adversaires de voter pour Ă©lire le candidat qu’ils jugeront le plus facile Ă  battre ! Quand l’exercice dĂ©mocratique prend cette forme d’imbĂ©cillitĂ©, elle noue des verges pour se faire fouetter. Henri Guaino, qui pourtant est du sĂ©rail, a rĂ©agi en parlant, dans l’émission de Jean-Jacques Bourdin, d’« ineptie intellectuelle ». VoilĂ  qui est prometteur pour l’avenir de la « droite centralisĂ©e » !

Si j’en crois les commentaires sur le petit Ă©cran, 600 000 militants de gauche auraient votĂ© pour Ă©liminer Nicolas Sarkozy, et je connais personnellement quantitĂ© de proches du FN qui ont votĂ© pour Ă©liminer Alain JuppĂ©.

Bien que les dĂ©bris du Parti socialiste aient des difficultĂ©s Ă  se ressouder, il leur sera plus facile au cas trĂšs improbable ou leur candidat parviendrait au second tour de l’élection prĂ©sidentielle, de s’opposer au libĂ©ral François Fillon qu’à l’équivoque Alain JuppĂ©.

Quant au FN, il avait, toujours en vue de la prĂ©sidentielle, tout intĂ©rĂȘt Ă  Ă©liminer Alain JuppĂ© qui, au second tour, aurait recueilli le plus grand nombre de voix de gauche pour battre Marine le Pen. Ce n’est peut-ĂȘtre pas exactement le cas pour François Fillon.

Une partie des Ă©lecteurs de celui-ci ont donc votĂ© par stratĂ©gie et non par adhĂ©sion ! De sorte que si l’on a pu dire que Fillon a recueilli 9 % du corps Ă©lectoral, on doit ramener ce chiffre probablement Ă  7 %. Et toutes les supputations sont imprĂ©cises, car nul ne sait s’il y aura un vĂ©ritable dĂ©blocage de la masse abstentionniste.

En sus, nul ne nie que le petit peuple socialiste, terriblement déçu par les hollandiens, a glissĂ© vers le Front National, au point que Marine Le Pen a nettement « gauchi » son discours pour ratisser large, provoquant ainsi le retrait affectif de nombreux cadres de l’ancien FN.

Mais de par les insultes qu’a dĂ©versĂ©es sur eux aussi bien la fausse droite que la vĂ©ritable gauche, ils voteront quand mĂȘme pour celle qui ne les reprĂ©sente plus tout Ă  fait.

JuppĂ©, bien que colossalement battu, a tout de mĂȘme marquĂ© un point considĂ©rable face Ă  Fillon. Partisan sans scrupule du meurtre prĂ©natal, il a donc insinuĂ© que Fillon Ă©tait rĂ©ticent en cela, de sorte que le « chrĂ©tien » Fillon a Ă©tĂ© obligĂ© d’affirmer qu’il ne s’était jamais opposĂ© Ă  la loi qui permettait le gĂ©nocide des petits citoyens français.

Bref, on a pu en dĂ©duire que Fillon Ă©tait moralement contre l’assassinat, mais qu’électoralement il Ă©tait pour ! C’était dĂ©jĂ  la position du centriste Lecanuet qui fit voter le meurtre prĂ©natal, mais comme le souligna la presse pour l’en fĂ©liciter : « En faisant taire chez lui la voix du chrĂ©tien torturé ! » (sic).

Le centrisme a ainsi dĂ©montrĂ© qu’on pouvait se dire catholique, tout en acceptant qu’on jette les bĂ©bĂ©s Ă  naĂźtre dans les incinĂ©rateurs comme faisaient il y a trois mille ans les adorateurs de Moloch, alors que l’Église a justement qualifiĂ© cet acte meurtrier d’abominable ! Cela signifie qu’une conscience chrĂ©tienne Ă  la façon centriste, face Ă  un profit Ă©lectoral peut devenir Ă©lastique ; et qu’un poste ministĂ©riel peut effacer les consciences torturĂ©es. De mon temps, on appelait cela « apostasie » 

À cette façon de concevoir la nouvelle morale, Fillon a ajoutĂ© son extrĂȘme fidĂ©litĂ© Ă  la politique sarkozyenne qui a multipliĂ© les infamies. Il a entĂ©rinĂ© l’attaque meurtriĂšre de notre aviation contre la Libye, c’est-Ă -dire contre un pays avec lequel nous n’étions pas en conflit : ce qui est un crime de guerre.

Il n’a pas dit un mot lorsque Sarkozy a filoutĂ© le peuple français qui s’était prononcĂ© contre Maastricht, en signant le TraitĂ© de Lisbonne qui nous infĂ©odait Ă  nouveau Ă  l’Europe mondialiste !

Il s’est tu en sachant pourtant que le gĂ©nocide paysan en serait accĂ©lĂ©ré !

Il n’a pas pris la moindre mesure contre l’immigration massive qui continuait avec l’islamisation du pays, au contraire, puisqu’en 2008 il a considĂ©rablement augmentĂ© le nombre des visas arabes : sur les 470 000 visiteurs qu’il a autorisĂ©s, combien sont restĂ©s ensuite clandestins ?

Est-il concevable que Fillon ait quelque honte de sa longue sujĂ©tion Ă  la politique antinationale de Sarkozy ? Son programme plus « libĂ©ral » n’est-il pas en fait une adhĂ©sion au mondialisme qui, par le biais d’une Europe entiĂšrement soumise au pouvoir financier, dĂ©truit les nations ?

C’est bien un projet « libĂ©ral » que la ferme Ă  1 000 vaches en progression vers la concentration des 10 000 ? C’est bien un projet libĂ©ral que la permission aux multinationales de gĂ©rer le marchĂ©, avec l’intrusion d’une alimentation de plus en plus chimique, qui appelle une pharmacopĂ©e de plus en plus compliquĂ©e ?

N’est-ce pas Philippe de Villiers qui nous dĂ©couvre la sujĂ©tion de Fillon Ă  la domination yankee ?

Lorsqu’il s’étonne de sa participation au groupe Bilderberg, Ă©manation de la Maçonnerie TrilatĂ©rale, que lui rĂ©pond Fillon ?

« Que veux-tu, Ce sont eux qui nous gouvernent ! »

Or, le projet de la TrilatĂ©rale est l’abolition des nations ! Comment donc Fillon peut-il, dans son programme, se dĂ©clarer partisan de l’Europe des nations ?

Ayant Ă©tĂ© longtemps une chiffe molle, est-il concevable que Fillon se soit converti, et que sa virilitĂ©, qui ne s’était jusqu’ici exercĂ©e que dans son foyer, soit devenue subitement politique ? On ne peut l’exclure, mais on ne peut exclure non plus une simple manƓuvre opportuniste dans le cadre d’une morale laĂŻciste qui faisait dire Ă  Einstein : « Un systĂšme de valeurs morales construit sur la base du confort et du bonheur individuel est tout juste suffisant pour un troupeau de bĂ©tail  »

Mais c’est ce que le gĂ©nĂ©ral de Gaulle avait constaté : « La France est vacharde », et qu’il avait su en profiter. Fillon pense-t-il en renouveler l’exploit ?

En fait, moins que jamais, l’on ne peut se projeter sur l’élection prĂ©sidentielle, tant paraissent se multiplier les candidats hors primaires.

Dans la droite centrifuge, on compte dĂ©jà : François Bayrou, Henri Guaino, MichĂšle Alliot-Marie, Jean Lassalle, et peut-ĂȘtre d’autres demain, sans compter Emmanuel Macron qui, aprĂšs avoir trĂšs bien servi la gauche, se prĂ©tend « de droite ».

Si ces aspirants parviennent Ă  rĂ©unir les 500 signatures requises, imagine-t-on ce que sera l’émiettement des voix de cette tendance ? En sus, il n’est absolument pas certain que, malgrĂ© la parole de Nicolas Sarkozy, ceux qui le suivirent en escomptant la victoire, se rallieront Ă  son vainqueur


Alors ? Alors, de par aussi le discrédit socialiste, Jean-Luc Mélenchon, déjà crédité de 12 à 13 % de suffrages, a une chance réelle, car les socialistes marxisants se résoudront à voter pour lui. Il pourrait donc se trouver face à Marine Le Pen au second tour. Ce qui serait inespéré pour le Front National, car la « droite centralisée » ne votera pas en totalité Mélenchon.

PremiĂšre hypothĂšse : Marine Le Pen est Ă©lue contre MĂ©lenchon : À l’appel d’Al QaĂŻda, 60 000 combattants islamistes que le socialisme voulut ignorer, renforcĂ©e par la racaille des bas-fonds, les anarchistes, la lie des prisons libĂ©rĂ©e et les marxistes-lĂ©ninistes, dĂ©clenchent immĂ©diatement la rĂ©volution, profitant du ressentiment de la gauche vaincue.

L’armĂ©e, dĂ©jĂ  truffĂ©e par prĂšs de 20 % de musulmans dit-on, pourra-t-elle intervenir ? Et que fera une Église de France dont une grande partie pense comme le Pape, que l’islam est une religion de paix et de misĂ©ricorde ? Quant Ă  la droite centralisĂ©e que le politiquement correct a Ă©duquĂ©e dans la croyance que le FN est un hitlĂ©risme tricolore, il y a des chances qu’elle se soumette bien dĂ©votement Ă  la charia : ce n’est pas sans apprentissage que l’on se fait une Ăąme hĂ©roĂŻque !

Seconde HypothĂšse : François Fillon triomphe de Marine Le Pen. La RĂ©volution ne sera mise en attente qu’un instant. Mais la politique libĂ©rale paupĂ©risant davantage la classe populaire, l’islamisme, comme l’extrĂȘme gauche, guetteront le degrĂ© de plus dans le pourrissement Ă©conomique et le mĂ©contentement populaire, avant de dĂ©clencher les Ă©meutes, et le processus rĂ©volutionnaire, avec, comme dans la premiĂšre hypothĂšse, le ralliement de toutes les crapules dont les « casseurs » incontrĂŽlables, donnent une idĂ©e lors des manifestations.

Seul recours intelligent : l’alliance des Filloniens avec le Front National. Sera-elle suffisante ? La lie qu’ont reçue nos voisins europĂ©ens, ne viendra-t-elle pas renforcer les forces de dĂ©sordre ?

Je n’envisage pas une troisiĂšme hypothĂšse qui serait l’élection de Jean-Luc MĂ©lenchon, Ă©tant donnĂ© la pulvĂ©risation de la gauche. Mais si cela se produisait, il est vraisemblable que pourrait se produire le processus qui, en Espagne, dĂ©cida un prudent gĂ©nĂ©ral de sortir de l’ombre. Mais dans toutes les hypothĂšses, je ne vois pas comment nous Ă©viterions la guerre civile, et il faudrait un miracle pour que dans les prochains mois, une reprise Ă©conomique embellisse le paysage politique. Mais les miracles sont rares. Et n’est-ce pas Airbus, qui pourtant fait d’importants bĂ©nĂ©fices, qui nous annonçait hier la suppression d’un millier d’emplois ?

Et tout cela, parce que la gauche la plus vicieuse du monde, aussi bien que la droite centralisĂ©e la plus lĂąche qui soit, ont persuadĂ© le peuple hexagonal que la morale du DĂ©calogue Ă©tait « dĂ©passĂ©e ». De sorte que nous en paierons les consĂ©quences, et que nous sommes de plus en plus nombreux Ă  penser, que l’avenir n’est prometteur que pour les asticots.

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Philippe Randa,
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