Le philosophe Alain Ă©crivait : « Le pouvoir corrompt. Le pouvoir absolu corrompt absolument ». Fort heureusement nous ne sommes pas sous un pouvoir absolu, puisque Le Canard enchaĂźné peut se dĂ©chaĂźner de temps Ă  autre. Nos hommes d’État ont donc dĂ» trouver un systĂšme de corruption dĂ©mocratique qui permettait de faire des saletĂ©s avec des mines d’enfants de chƓur. Le diable autrefois Ă©tait figurĂ© le plus horriblement possible, car c’était l’idĂ©e que l’on se faisait de la faute. Aujourd’hui, il peut avoir la tĂȘte benoĂźte d’un candidat Ă  la prĂ©sidence de la RĂ©publique


L’affaire Fillon peut finir, comme beaucoup d’autres affaires dĂ©licates en queue de poisson. Le maquereau est un poisson ! Moi, je crois Ă  l’honnĂȘtetĂ© du personnage, car il a agi comme la plupart des gens de sa catĂ©gorie. On peut discutailler sur ce qu’il a fait de son argent, mais enfin si la RĂ©publique ne lui avait pas mis le pactole entre les mains, il n’aurait pas achetĂ© aussi chĂšrement l’amour de PĂ©nĂ©lope, et PĂ©nĂ©lope aurait dĂ» tricoter un peu plus pour lui faire des essuie-pieds.

Je le tiens donc au pire, d’une malhonnĂȘtetĂ© innocente. Je parle en connaissance de cause. Comme je perçois une honnĂȘte retraite paysanne de 809 euros mensuels, je n’ai jamais Ă©tĂ© tentĂ© de gonfler jusqu’à le faire pĂ©ter le compte en banque de ma femme, qui frĂŽlait de temps en temps le compte en manque. Je suis donc obligatoirement honnĂȘte sur le sujet et j’ai la satisfaction de ne pas ĂȘtre aimĂ© pour mon argent. Mais la malhonnĂȘtetĂ© de la rĂ©publique concernant sa devise Ă©galitaire a fait que je n’ai pas les moyens de l’ĂȘtre moi-mĂȘme.

Je suis donc Ă  mĂȘme de penser que si les indemnitĂ©s de nos Ă©lus Ă©taient bloquĂ©es sur le revenu moyen des Français, ils ne seraient pas tentĂ©s de le capitaliser par l’entourloupe, le risque pouvant ĂȘtre plus grand que le profit. Et j’aurais votĂ© avec plaisir pour un candidat mettant cette rĂ©forme au programme. Et peut-ĂȘtre ainsi aurions-nous une AssemblĂ©e nationale un peu plus conforme Ă  la reprĂ©sentation nationale, avec des paysans, des ouvriers, des artisans, qu’on compte aujourd’hui sur les doigts. L’assemblĂ©e est devenue une pompe aspirante pour des fonctionnaires qui ne fonctionnent pas, des avocats sans pratique et des docteurs sans clientĂšle !

Je le dis avec une grande paix d’esprit car j’ai donnĂ© l’exemple, Ă  ma petite mesure, de ce qui devrait ĂȘtre. Lorsque je fus Ă©lu PrĂ©sident National du syndicalisme Agricole libre, je trouvais que l’assemblĂ©e gĂ©nĂ©rale avait votĂ© pour le prĂ©sident des indemnitĂ©s que je jugeais exagĂ©rĂ©es. Ma premiĂšre dĂ©cision fut donc celle-ci : « Le PrĂ©sident, au SMIG, comme tout le monde ! »

Et bien sûr, je ne fus pas tenté de payer ma femme pour me relayer auprÚs de mes Brebis.

Cependant, mon propos Ă©tait discutable, car « Tout le monde » n’était pas au SMIG, il s’en fallait ! Et le Ministre Rocard devait me confirmer que les trois quarts des paysans vivaient avec la moitiĂ© du SMIG. Chirac, Sarkozy et Hollande ont fait mieux que Mitterrand depuis, puisque cette annĂ©e, 760 agriculteurs se sont suicidĂ©s faute d’avoir eu le dixiĂšme des revenus de Madame Fillon !

Aussi, je l’avoue, quand l’anarchiste qui sommeille en moi se rĂ©veille, j’entrevois nos ministres et leur prĂ©sident fusillĂ©s de dos et Ă  genoux comme il en fut ainsi pour des traĂźtres.

Fort heureusement mes sentiments chrĂ©tiens reprennent le dessus et je souhaite seulement qu’un gouvernement de salut public, aprĂšs confiscation de leurs biens au profit des indigents, les envoie en terre AdĂ©lie pour convertir les manchots Ă  l’agriculture industrielle


Je ne doute pas, en effet, de la venue d’un gouvernement de salut public, tout simplement parce que l’excĂšs du mal tue le mal lui-mĂȘme, et il n’y a pas, dans tous les programmes que j’ai pu Ă©tudier, l’ombre d’un commencement de redressement : nous en sommes dans cette situation oĂč la chienlit parlementaire, incapable de sortir de la sentine rĂ©publicaine, prĂ©sente tout ce qui a rĂ©ussi Ă  ruiner la nation, dans un ordre de malfaisance diffĂ©rent du prĂ©cĂ©dent, c’est tout !

Mais c’est justement la faillite totale du SystĂšme qui contient l’espĂ©rance d’autre chose !

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