Les Ă©lections lĂ©gislatives anticipĂ©es de ce 12 dĂ©cembre marquent un tournant majeur dans l’histoire du Royaume-Uni. Offrant volontiers aux mĂ©dias et Ă  ses dĂ©tracteurs une image de bouffon provocateur, le Premier ministre Boris Johnson, excellemment conseillĂ© par le redoutable stratĂšge en communication politique, Dominic Cummings, a rĂ©ussi son pari et bĂ©nĂ©ficie dĂ©sormais d’une lĂ©gitimitĂ© incontestable sortie des urnes aprĂšs avoir conquis Ă  la hussarde le vieux Parti conservateur.

Celui-ci connaĂźt pour la circonstance son plus grand succĂšs depuis 1987. Il s’empare de quarante-huit nouvelles circonscriptions dont de nombreuses issues du « Mur rouge » du nord de l’Angleterre traditionnellement acquises aux travaillistes. « BoJo » dispose dorĂ©navant d’une Ă©crasante majoritĂ© absolue (365 siĂšges sur 650). Il va pouvoir rĂ©aliser le Brexit, mais va-t-il aussi transformer la Grande-Bretagne en une copie occidentalisĂ©e d’un Singapour mondialisé ? Pas forcĂ©ment quand on sait que les nouveaux Ă©lecteurs « bleus » sont d’anciens travaillistes Brexiters tout autant prĂ©occupĂ©s par l’insĂ©curitĂ© galopante que par une immigration croissante, y compris venue du Commonwealth.

Ce scrutin fait trois victimes principales sans compter les frondeurs conservateurs anti-Johnson qui subissent de graves revers. En 2017, le Labour du sympathique Jeremy Corbyn dont les idĂ©es politiques, sociales et Ă©conomiques n’ont jamais variĂ©, avait augmentĂ© son audience de trente Ă©lus. Cette fois-ci, malgrĂ© un programme ouvertement populiste de gauche malheureusement entachĂ© par de nĂ©fastes considĂ©rations multiculturalistes et sociĂ©talistes, les travaillistes perdent le double dont des bastions historiques jugĂ©s imprenables. Cette incontestable dĂ©faite attise les rĂšglements de comptes entre l’aile gauche dirigeante et son opposition sociale-libĂ©rale d’origine blairiste. Les semaines Ă  venir seront saignantes pour ce parti de gauche qui, Ă  l’instar de ses homologues allemand, français, belge et autrichien, poursuit son inexorable dĂ©clin.

Europhiles convaincus et favorables Ă  l’arrĂȘt immĂ©diat du Brexit sans mĂȘme recourir Ă  un nouveau rĂ©fĂ©rendum, les centristes libĂ©raux-dĂ©mocrates se ramassent une belle dĂ©culottĂ©e et rĂ©gressent d’un siĂšge, celui de leur prĂ©sidente, l’Écossaise Jo Swinson. Soutenus par les milieux d’affaires de la City, les « Lib-Dem » n’ont pas convaincu, ce qui est une bonne nouvelle. L’Ulster connaĂźt Ă  son tour une rĂ©volution silencieuse.

Force d’appoint indispensable aux prĂ©cĂ©dents gouvernements minoritaires tories, les unionistes du DUP reculent de deux siĂšges et n’envoient plus que huit Ă©lus. On observe pour la premiĂšre fois que le Sinn Fein, le Parti social-dĂ©mocrate et travailliste et les centristes du Parti de l’Alliance s’adjugent les dix autres siĂšges. Ce vote confirme la montĂ©e en puissance de la population catholique. L’Irlande du Nord risque de devenir un point d’achoppement sĂ©rieux dans les prochaines annĂ©es, parallĂšlement au retour de la brĂ»lante question Ă©cossaise.

Avec 48 siĂšges, le SNP ne renouvelle pas son triomphe de 2015 (56 siĂšges alors), mais le parti indĂ©pendantiste gagne nĂ©anmoins treize Ă©lus supplĂ©mentaires. Force prĂ©pondĂ©rante au-delĂ  du Mur d’Hadrien, il constitue plus que jamais le troisiĂšme groupe parlementaire de Westminster.

En Écosse, les tories arrivent en tĂȘte dans six circonscriptions, les « Lib-Dem » dans quatre et un seul Ă©lu pour le Labour longtemps hĂ©gĂ©monique. Le regain de l’indĂ©pendantisme Ă©cossais qui coĂŻncide avec le maintien de l’autonomisme gallois (le Plaid Cymru conserve ses quatre siĂšges) rĂ©pond Ă  la nette anglicisation du Parti conservateur. En phagocytant les formations nationalistes (le Parti du Brexit de Nigel Farage fait 2 %, UKIP 0,1 % et le BNP 0,0 %), les conservateurs portent le mĂ©contentement de l’opinion publique anglaise tandis que les formations rĂ©gionalistes anglaises telles que le Parti du Yorkshire, les IndĂ©pendants d’Ashfield ou le Parti pour les Cornouailles ne rĂ©coltent que des miettes infĂ©rieures Ă  0,1 % des suffrages.

L’« Angleterre pĂ©riphĂ©rique » rurale et suburbaine s’élĂšve contre les diffĂ©rentes dĂ©volutions (autonomies administratives) octroyĂ©es Ă  l’Écosse, au Pays de Galles, Ă  l’Irlande du Nord et Ă  Londres. Elle rĂ©clame sa propre dĂ©volution rĂ©gionale et se dĂ©tourne d’une capitale plus que jamais fief d’un travaillisme cosmopolite et globalitaire. Le Parti conservateur correspond donc de facto Ă  la partie visible d’un puissant mouvement de fond nationaliste anglais pan-britannique.

Boris Johnson se retrouve donc Ă  la tĂȘte d’un État en proie Ă  des forces centrifuges rĂ©elles et tangibles. Loin d’attĂ©nuer les tensions territoriales, le Brexit va les accentuer au moment oĂč le garant sĂ©culaire de l’unitĂ©, la monarchie, traverse une pĂ©riode difficile. Bon pied bon Ɠil, Sa Gracieuse MajestĂ© va nĂ©anmoins sur ses 94 ans.

Son fils, le prince de Galles, assure dans les faits la rĂ©gence alors que la famille royale affronte deux secousses comparables au dĂ©cĂšs de Lady Di. D’une part, le fils prĂ©fĂ©rĂ© de la souveraine, Andrew, grand pote du financier pĂ©dophile Jeffrey Epstein, a montrĂ© toute sa dĂ©sinvolture au cours d’un entretien tĂ©lĂ©visĂ© sur un sujet sensible pour des Britanniques dĂ©jĂ  horrifiĂ©s par les scandales parlementaires et l’impunitĂ© manifeste du prĂ©dateur sexuel Jimmy Savile. D’autre part, le jeune couple princier Meghan et Harry envisagerait de s’installer outre-Atlantique, ce qui constituerait un vĂ©ritable affront pour la « Firme » de Buckingham Palace.

Pour l’heure, bien que fragmentĂ©e, l’unitĂ© britannique perdure par dĂ©fĂ©rence envers la reine Elizabeth II. Or sitĂŽt celle-ci disparue, son successeur ne fera pas autant l’unanimitĂ©, bien au contraire. Telle une autre Autriche–Hongrie, le Royaume-Uni de Charles, voire de Guillaume, pourrait Ă©ventuellement exploser.

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