Il est temps que le Parti conservateur du Canada joue franc jeu et mette cartes sur table.

AprĂšs la dĂ©faite Ă©lectorale d’octobre (mais victoire populaire, si l’on se fie au nombre de votes), le Parti conservateur du Canada a dĂ©cidĂ© de changer de chef en acceptant la dĂ©mission d’Andrew Scheer qui subissait de nombreuses pressions au sein du parti.

Peut-ĂȘtre est-il temps aussi de changer de nom et d’assumer avec franchise ses convictions politiques.

De plus en plus, les conservateurs canadiens tentent de prĂ©senter une image douce et modĂ©rĂ©e, de gouvernement rassembleur, et ce faisant, n’hĂ©sitent pas Ă  copier le programme libĂ©ral, mais de façon allĂ©gĂ©e. L’establishment du Parti conservateur, aimerait relĂ©guer le bleu pour un mauve plus proche du rouge libĂ©ral. Pour eux, la victoire n’est possible qu’en Ă©mulant Trudeau.

L’Alternative Right, mouvement radical amĂ©ricain, avait enfantĂ© l’Alternative Light, une version plus polie et Ă©dulcorĂ©e. Peut-ĂȘtre les conservateurs devraient-ils adopter le nom de Parti lĂ©geral du Canada, ou Lighteral Party of Canada.

Au niveau social, les enjeux comme le mariage gay, l’avortement, le droit aux armes Ă  feu, l’immigration, la dĂ©centralisation ont Ă©tĂ© remplacĂ©s par des thĂšmes Ă©conomiques comme la rĂ©duction de l’état, les coupes dans les services, les baisses des impĂŽts des entreprises, la derĂ©gulation des marchĂ©s. Bref, les conservateurs sociaux sont relĂ©guĂ©s au second plan et en fait, ont souvent peur de s’exprimer ouvertement au sein mĂȘme de leur parti, de crainte de se faire humilier et marginaliser.

Mais se souvient-on que le Parti conservateur est un parti relativement rĂ©cent issu de l’Alliance canadienne de Stockwell Day, chef charismatique qui n’aurait probablement plus sa place au sein du parti qu’il a cofondĂ©. L’autre parti Ă©tait le Parti progressiste-conservateur (PPC), une version « light » du parti libĂ©ral qui perdait des siĂšges au profit de l’Alliance canadienne, plus agressive et populiste, plus tranchĂ©e surtout sur les questions sociales. Le PPC Ă©tait en perte de vitesse et fut sauvĂ© par l’Alliance, qu’il a finalement rĂ©ussi Ă  phagocyter.

On a l’impression que depuis, la branche du PPC a imposĂ© sa vision du monde, ou du moins sa stratĂ©gie, Ă  l’ensemble du PC. Seulement celle-ci Ă©tait vouĂ©e Ă  l’échec.

Andrew Scheer reprĂ©senta un compromis : conservateur social, catholique convaincu, pro-vie et pro-libertĂ©, il allait chercher l’appui des forces vives conservatrices, les militants de base, ceux qui Ă©taient issus de l’Alliance canadienne. Mais, l’establishment l’avertit : il devait la mettre en veilleuse, refuser de se prononcer sur les dĂ©bats de sociĂ©tĂ© et s’il le faisait, il devait adopter la position de Trudeau, tout en mentionnant ses rĂ©ticences personnelles qu’il acceptait au nom du progressisme d’enterrer en silence. Tout le monde Ă©tait satisfait : les hommes de droite avaient leur cocu, Ă  leur image, et les financiers avaient leur centriste, bien mallĂ©able.

Mais voilĂ , aujourd’hui on dit dans le caucus que les rĂ©ticences morales de Scheer furent un frein. Ce qu’il faut, c’est un vĂ©ritable libĂ©ral dans l’ñme, comme Peter MacKay ou Jean Charest (qui nous a fait la grĂące de finalement rester chez lui). On s’attend Ă  ce que les gens de droite, ayant sabordĂ© leur parti il y a une quinzaine d’annĂ©es, continuent Ă  appuyer le Parti conservateur, faute d’alternative. Avant on parlait en France d’UMPS, et bien au Canada, le phĂ©nomĂšne est semblable.

Le calcul est simple : il n’y a plus de parti Ă  droite du PC, donc pas d’ennemis Ă  droite, pas de concurrence. On compte uniquement sur la mĂ©diocritĂ© de Trudeau pour emporter, et imposer le programme que lui-mĂȘme aurait implantĂ©!

Le grain de sable de cette cynique stratĂ©gie sera peut-ĂȘtre « Mad Max », Maxime Bernier, qui lui a pris le pari contraire : pour gagner, il faut cesser de se coller au parti au Pouvoir.

À moins que le Parti ne renoue avec sa fibre populiste et Ă©lise un chef populiste ou du moins socialement conservateur comme Richard DĂ©carie ou Pierre Poilievre, qui lui-mĂȘme n’y croit pas, ayant prĂ©fĂ©rĂ© ne pas tenter sa chance.

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A propos de l'auteur

RĂ©mi Tremblay

RĂ©mi Tremblay, Ă©diteur du Harfang, porte-parole de la FĂ©dĂ©ration des QuĂ©bĂ©cois de souche, collaborateur Ă  plusieurs journaux (PrĂ©sent, Livr’Arbitres, Council of Euro-Canadians et Alternative Right) ; il a dĂ©jĂ  publiĂ© le livre "Les Acadiens : du Grand DĂ©rangement au Grand Remplacement" et "Le Canada français, de Jacques Cartier au gĂ©nocide tranquille" (avec Jean-Claude Rolinat) aux Ă©ditions Dualpha. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s au Canada.

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