Mario Borghezio, vous ĂȘtes dĂ©putĂ© europĂ©en de la Ligue du Nord. Vous ĂȘtes arrivĂ© Ă  vous faire Ă©lire dans le centre de l’Italie ?

Oui, à Rome et dans le centre de l’Italie.

Comment la Ligue du Nord a-t-elle pu pénétrer électoralement dans ces régions autrefois peu ouvertes au léghisme ?

Parce que nous sommes devenus un petit Front National. Nous sommes arrivĂ©s Ă  nous faire entendre par l’ensemble du peuple italien. Notre mouvement est nĂ© et a de profondes racines au nord de l’Italie, mais depuis que Matteo Salvini dirige le parti, nous parlons Ă  tout le pays.

J’ai commencĂ©, un peu ouvert la route lors des Ă©lections europĂ©ennes oĂč je suis Ă©lu dans le centre du pays. Je pense qu’il y a un espace politique Ă©norme pour la Ligue Ă  Rome et au sud de Rome, car, un peu comme en France oĂč Marine Le Pen reprĂ©sente le souverainisme face au mondialisme, il y a la nĂ©cessitĂ© de nouveaux partis. Des anciens Ă©lecteurs de gauche nous ont rejoints ou votent dĂ©sormais pour le M5S de Beppe Grillo.

Pensez-vous que la Ligue du Nord prendra aussi des voix dans le sud de l’Italie ?

Oui, mais il faut choisir de bons dirigeants. Et nous en avons. Dans le Sud, encore plus que dans le Nord, il y a une désaffection envers les anciens politiciens et partis.

Les dirigeants de centre-droit Giorgia Meloni, Silvio Berlusconi et Matteo Salvini.

Les dirigeants de centre-droit Giorgia Meloni, Silvio Berlusconi et Matteo Salvini.

Dans le Sud, il y a aussi un parti intitulĂ© FrĂšres d’Italie-Alliance Nationale ? Allez-vous travailler ensemble dans le futur ?

FrĂšres d’Italie-Alliance Nationale est un parti qui a presque disparu. Je pense que quelque chose de nouveau est nĂ©cessaire. Nous avons de bons contacts avec sa dirigeante, Giorgia Meloni, mais ce n’est pas un mouvement qui est en forte croissance. Je pense qu’il faut crĂ©er quelque chose de nouveau. Cela pourra ĂȘtre une nouvelle Ligue pour le sud.

Vous ne pensez pas faire des listes ensemble lors des élections européennes ?

Vous savez, le scrutin aura lieu dans deux ans et demi et du temps est nécessaire pour créer un nouveau rassemblement.

Le Mouvement 5 Ă©toiles de Beppe Grillo est-il opposĂ© Ă  l’immigration ?

Non, il est Ă©quivoque. Il ressemble un peu Ă  l’ancienne DĂ©mocratie chrĂ©tienne, qui faisait campagne un mois avant les Ă©lections contre le communisme, puis aprĂšs le scrutin oubliait cela. Le M5S se prononce contre l’immigration un mois avant les Ă©lections, afin de capter des voix, puis vote contre le dĂ©lit d’immigration clandestine. Donc leur position n’est pas sĂ©rieuse.

 

Le fait qu’un Ă©lu du M5S ait rejoint le groupe auquel les Ă©lus de la Ligue du Nord appartiennent au sein du Parlement europĂ©en ne pose-t-il pas problĂšme ?

Non, car ses positions sont trùs proches de celles de la Ligue du Nord. C’est une bonne acquisition pour le groupe.

Vous Ă©tiez autrefois avec Silvio Berlusconi, et, maintenant, vous ĂȘtes en bagarre pour le contrĂŽle du centre-droit ?

Oui, mais nous sommes encore en bon rapport avec les Ă©lecteurs de Monsieur Berlusconi, les hommes qui ont pris part Ă  la bataille de Forza Italia. Mais, c’est Silvio Berlusconi qui est devenu un peu trop ami avec le gouvernement [de centre-gauche] pour ses intĂ©rĂȘts personnels et celui de son groupe Mediaset. Nous sommes un parti et pas un groupe mĂ©diatico-financier. Nous sommes un mouvement libre. Nous ne sommes pas au service d’intĂ©rĂȘts particuliers. Silvio Berlusconi a le conditionnement d’un patron de grand groupe et est prisonnier des choix Ă©conomiques et mĂ©diatiques du gouvernement.

Pourquoi est-ce qu’Angelino Alfano [ex-dauphin de Silvio Berlusconi, dĂ©sormais ministre des affaires Ă©trangĂšres et de la coopĂ©ration internationale] est allĂ© avec la gauche ? Est-il en sous-main toujours proche de Silvio Berlusconi ?

Non. Il est n’est pas liĂ© Ă  Silvio Berlusconi. Il est devenu un appui important de la gauche. Il se dit du centre, mais il est essentiel pour la majoritĂ© de gauche.

En Autriche, le Burgenland est gouvernĂ© par les sociaux-dĂ©mocrates du SPÖ et les patriotes du FPÖ. Pensez-vous qu’une situation semblable est imaginable en Italie ? La Ligue du Nord peut-elle diriger des rĂ©gions ou villes avec le centre-gauche ?

C’est trĂšs difficile, car, au niveau rĂ©gional, des dĂ©cisions importantes sur l’immigration sont prises en matiĂšre d’accueil et avec cette gauche italienne, il est impossible de travailler ensemble sur ce sujet.

Et avec le M5S ?

Dans le futur, peut-ĂȘtre, mais ils n’ont pas de positions claires en matiĂšre d’immigration. Je ne peux pas rĂ©pondre pour le moment Ă  cette question. L’avenir nous le dira.

Je pense qu’il est nĂ©cessaire d’avoir une grande Ligue forte comme l’est le Front National en France. Et alors, tout le monde devra raisonner en tenant compte de nos idĂ©es.

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