Et voilà ! Le QuĂ©bec est dĂ©sormais en campagne Ă©lectorale et ce, jusqu’au premier octobre, date du scrutin. Les forces en prĂ©sence sont le Parti libĂ©ral de Philippe Couillard, Ă  la tĂȘte du gouvernement sortant, la Coalition Avenir QuĂ©bec, premiĂšre dans les sondages, le Parti quĂ©bĂ©cois, principale force souverainiste, et QuĂ©bec solidaire, groupuscule d’extrĂȘme gauche qui peut compter sur quelques Ă©lus Ă  l’AssemblĂ©e nationale.

Tout indique que c’est la Coalition Avenir QuĂ©bec, de centre-droit, qui remportera les prochaines lĂ©gislatives. Le Parti quĂ©bĂ©cois, malgrĂ© plus d’une dĂ©cennie de gouvernance libĂ©rale, dont plus personne ne veut, ne semble plus ĂȘtre en mesure de captiver le peuple. Le parti se cherche et ne parvient pas Ă  trouver sa voie.

Avec Jean-François LisĂ©e Ă  sa tĂȘte, la souverainetĂ© n’est plus la raison du Parti quĂ©bĂ©cois. La justification de cet abandon est simple : bien que l’idĂ©e d’indĂ©pendance enflamme de nombreuses rĂ©gions en Europe dont l’Écosse et la Catalogne, ici elle est trĂšs peu discutĂ©e dans les mĂ©dias et ne jouit pas d’un appui populaire significatif, si l’on se fie aux sondages parus dans les derniĂšres annĂ©es.

Le prĂ©dĂ©cesseur de LisĂ©e, Pierre-Karl PĂ©ladeau avait quant Ă  lui dĂ©cidĂ© d’assumer son rĂŽle : si on souhaite que la souverainetĂ© soit un enjeu politique majeur, il faut en parler et la faire mousser.

Son rĂšgne Ă  la tĂȘte du Parti quĂ©bĂ©cois, Ă©courtĂ© Ă  cause de problĂšmes familiaux, se plaçait d’ailleurs sous le signe de l’indĂ©pendance : pas un discours sans prononcer le mot souverainetĂ©. LisĂ©e est plus frileux et attend que tout se passe par soi-mĂȘme, que les gens demandent l’indĂ©pendance, sans qu’aucun travail politique prĂ©alable ne doive se faire.

PrivĂ© de son objectif premier, la souverainetĂ©, le Parti quĂ©bĂ©cois se cherche un sens. VoilĂ  au moins un Ă©clair de luciditĂ©, mais dans tous les cas, ce parti est dans la tĂȘte de tous, souverainistes ou fĂ©dĂ©ralistes, le parti de la souverainetĂ©. Que le projet soit timidement relĂ©guĂ© en arriĂšre-plan ne changera rien : seuls les souverainistes voteront pour lui. Malheureusement, les souverainistes, qui attendent depuis des dĂ©cennies l’indĂ©pendance, se divisent aujourd’hui sur des enjeux considĂ©rĂ©s comme prioritaires et migrent Ă  droite vers la Coalition Avenir QuĂ©bec et Ă  gauche chez QuĂ©bec solidaire.

Les acrobaties de LisĂ©e n’ont en rien aidĂ© cet exode, comme je le rappelais sur le site du quotidien PrĂ©sent : en se faisant Ă©lire avec une plateforme identitaire, qu’il a aussitĂŽt reniĂ©e pour adopter des politiques inspirĂ©es de la gauche sociĂ©tale radicale, LisĂ©e est parvenu Ă  mĂ©contenter tout le monde et Ă  perdre sa crĂ©dibilitĂ©, y compris auprĂšs des Ă©lecteurs potentiellement intĂ©ressĂ©s par le message pĂ©quiste. Il avait d’abord Ă©coutĂ© le peuple, celui qui est sans voix, puis s’est mis au diapason avec les mĂ©dias, qui malheureusement pour LisĂ©e, ne reprĂ©sentent qu’une infime minoritĂ© de la population montrĂ©alaise.

Le chef pĂ©quiste a trop tergiversĂ© et ne sait plus oĂč se positionner, ce qui Ă©videmment crĂ©e un malaise certain, alors que la campagne Ă©lectorale a dĂ©butĂ©. Faute de contenu, le Parti quĂ©bĂ©cois a dĂ©cidĂ© de donner dans le jeunisme : avoir l’air jeune, avoir l’air « cool », pour rĂ©colter un maximum de votes chez les jeunes, qui trop souvent boudent les Ă©lections, ne se sentant reprĂ©sentĂ©s par aucun des principaux partis.

Tout a commencĂ© par une teinture blonde « Trump » pour le chef, question d’effacer ces tempes blanches, qui a une autre Ă©poque dĂ©montraient une certaine sagesse.

Les jeunes n’y verront que du feu, celui qui hier avait la chevelure des anciens, avait soudainement rajeuni et comprenait les gĂ©nĂ©rations montantes.

Puis, avant mĂȘme que la campagne ne dĂ©bute, le Parti quĂ©bĂ©cois, en guise de slogans, dĂ©cida de se lancer dans une sĂ©rie de « blagues Ă  papa », des blagues dont la caractĂ©ristique principale est qu’elles ne sont pas drĂŽles. Oui, ces blagues sont en vogue, mais lĂ  encore, les jeunes n’adhĂ©reront pas Ă  un parti politique parce que ses leaders tentent de rĂ©cupĂ©rer de façon malhabile certaines de leurs rĂ©fĂ©rences culturelles. Le malaise empire lorsque l’on voit l’autobus de campagne, directement inspirĂ© de Yellow Submarine. Non, les jeunes ne carburent plus au LSD, la jeunesse d’aujourd’hui diffĂšre de la leur.

C’est une fin de parcours pathĂ©tique pour le Parti quĂ©bĂ©cois. En juin 2017, je prophĂ©tisais dans les pages du magazine Harfang la mort de ce parti qui Ă  une certaine Ă©poque portait Ă  bout de bras les aspirations du peuple de Nouvelle-France. Malheureusement, cette mort qui semble de plus en plus inĂ©luctable ne sera ni digne, ni hĂ©roĂŻque, mais pathĂ©tique, Ă  l’image de ses dirigeants actuels qui n’auront qu’eux Ă  blĂąmer. La seule chose qu’on espĂšre c’est que le projet d’indĂ©pendance ne mourra pas avec ce parti rĂ©volu, il ne faudrait pas jeter le bĂ©bĂ© avec l’eau du bain.

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A propos de l'auteur

RĂ©mi Tremblay

RĂ©mi Tremblay, Ă©diteur du Harfang, porte-parole de la FĂ©dĂ©ration des QuĂ©bĂ©cois de souche, collaborateur Ă  plusieurs journaux (PrĂ©sent, Livr’Arbitres, Council of Euro-Canadians et Alternative Right) ; il a dĂ©jĂ  publiĂ© le livre "Les Acadiens : du Grand DĂ©rangement au Grand Remplacement" et "Le Canada français, de Jacques Cartier au gĂ©nocide tranquille" (avec Jean-Claude Rolinat) aux Ă©ditions Dualpha. Il est le correspondant d'EuroLibertĂ©s au Canada.

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