Steffen Kotré est dĂ©putĂ© fĂ©dĂ©ral allemand et porte-parole du parti patriotique Alternative pour l’Allemagne (AfD) au sein de la Chambre des dĂ©putĂ©s en matiĂšre Ă©nergĂ©tique. Lionel Baland l’a interrogĂ© pour EurolibertĂ©s.

Quelle est la position de l’AfD par rapport au rĂ©chauffement climatique qui serait liĂ© Ă  l’activitĂ© humaine ?

Les preuves du fait que le rĂ©chauffement climatique serait dĂ» Ă  l’activitĂ© humaine sont inexistantes. Ceux qui prĂ©tendent qu’un lien est Ă©tabli entre les deux sont ceux qui refusent que les personnes ayant des idĂ©es inverses aient le droit de s’exprimer. L’AfD dĂ©sire mettre fin Ă  toutes les inepties climatiques.

Peut-on estimer le coût, pour les citoyens, des mesures énergétiques prises par le gouvernement allemand, dirigé par Angela Merkel et regroupant les démocrates-chrétiens de la CDU, les sociaux-chrétiens bavarois de la CSU et les sociaux-démocrates du SPD, à la question climatique ?

Non, les coĂ»ts de la politique en cours, qui endommagent l’industrie allemande (diesel, Ă©nergie nuclĂ©aire, charbon), sont si Ă©levĂ©s qu’ils ne peuvent pas ĂȘtre chiffrĂ©s.

Le Parti Ă©cologiste Die GrĂŒnen a-t-il influencĂ©, par ses idĂ©es, la ligne du gouvernement allemand en la matiĂšre ? Si oui, pourquoi les partis du systĂšme ont-ils repris les idĂ©es des Ă©cologistes dans ce domaine ?

Angela Merkel dĂ©sire transformer l’Allemagne en zone de peuplement (Citation de fĂ©vrier 2017 : « Tous ceux qui vivent ici appartiennent au peuple allemand ». Citation de mars 2018 : « L’Allemagne, c’est nous tous »). Merkel et les Ă©cologistes ne sont donc pas diffĂ©rents.

Vous Ă©tiez autrefois membre du Parti libĂ©ral FDP. Pourquoi avez-vous quittĂ© celui-ci et rejoint les patriotes de l’AfD ? Le FDP a-t-il Ă©voluĂ© idĂ©ologiquement Ă  la suite de l’ouverture des frontiĂšres en 2015 par Angela Merkel et la montĂ©e en puissance de l’AfD qui en a dĂ©coulĂ© ?

J’étais au FDP, afin de l’orienter dans le mĂȘme sens que celui du Parti libĂ©ral autrichien FPÖ [NDLR : ayant pris un tournant patriotique, Ă  partir de 1986, sous la conduite de Jörg Haider]. Mais en Allemagne, le FDP n’a pas perçu l’esprit du temps. Je n’ai jamais changĂ© d’idĂ©es politiques, mais les partis ont modifiĂ© leurs lignes idĂ©ologiques, avant tout l’ancien Parti conservateur CDU [NDLR : le parti d’Angela Merkel].

Vous ĂȘtes actif politiquement au Brandebourg, un État de l’est de l’Allemagne qui a connu autrefois le communisme. Les Ă©lecteurs du parti post-communiste die Linke ont-ils la nostalgie de ce systĂšme au sein duquel les frontiĂšres Ă©taient fermĂ©es, la sĂ©curitĂ© assurĂ©e et la prĂ©sence de migrants faible ou sont-ils favorables Ă  l’accueil de migrants comme semble le prĂŽner ce parti ?

Non, Die Linke veut laisser tomber l’Allemagne. Quelques nostalgiques de l’époque communiste existent, mais, globalement, cette formation politique est un parti de suppression de l’État national et des frontiĂšres, comme de l’afflux d’étrangers via l’immigration.

Vous ĂȘtes aussi le prĂ©sident de l’AfD de la circonscription de Dahme-Spreewald, qui compte parmi ses habitants des locuteurs de langue slave, les Sorabes. Quelle est la position de votre parti par rapport Ă  cette minoritĂ© ethnolinguistique ?

Le caractĂšre national figure chez nous, Ă  l’AfD, en premiĂšre place. Chez les Sorabes/Wendes, il y a beaucoup de propagande Ă  propos de la « diversité ». Au sein de la circonscription de Dahme-Spreewald, un reprĂ©sentant naturel des Sorabes n’a pas pu ĂȘtre trouvĂ© afin d’exercer la fonction de commissaire de circonscription. Un non-Sorabe a dĂ», en consĂ©quence, occuper ce poste. Le chef-lieu de la circonscription, LĂŒbben, n’a jamais Ă©tĂ© une zone au sein de laquelle les Sorabes se sont implantĂ©s, mais c’est dĂ©clarĂ© tel, pour des raisons touristiques, comme le permet la Constitution du Brandebourg. Cela montre comment les anciens partis mĂ©prisent de maniĂšre arbitraire les identitĂ©s.

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A propos de l'auteur

Lionel Baland

Écrivain et journaliste belge francophone (http://lionelbaland.hautetfort.com). Il parle le nĂ©erlandais (flamand), l’allemand et l’anglais. Il a travaillĂ© dans les parties francophone, nĂ©erlandophone et germanophone de la Belgique, ainsi qu’aux Pays-Bas, et a vĂ©cu en Allemagne. Il est l’auteur de quatre livres : LĂ©on Degrelle et la presse rexiste, DĂ©terna, Paris, 2009 ; Jörg Haider, le phĂ©nix. Histoire de la famille politique libĂ©rale et nationale en Autriche, Éditions des Cimes, Paris, 2012 ; Xavier de Grunne. De Rex Ă  la RĂ©sistance, Godefroy de Bouillon, Paris, 2017 et Pierre Nothomb, collection Qui suis-je ?, PardĂšs, Paris, 2019.

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