Entretien réalisé par Lionel Baland.

Nicolas Dupont-Aignan, vous ĂȘtes prĂ©sident du parti Debout la France, dĂ©putĂ©, maire d’Yerres et candidat Ă  l’élection prĂ©sidentielle en 2017. Quelle est la diffĂ©rence entre votre programme et celui de François Fillon ou de Marine Le Pen ? N’ĂȘtes-vous pas pris entre deux feux ?

La question fondamentale est la suivante : je suis un gaulliste, un vrai gaulliste. Ce qui signifie que je suis pour l’indĂ©pendance nationale, tout en voulant que celle-ci s’accompagne du rassemblement des Français.

Monsieur Fillon est soumis Ă  l’Union europĂ©enne. Il est responsable de la situation dans laquelle nous nous trouvons puisqu’il gouverne depuis 30 ans. Son programme de politique Ă©trangĂšre me paraĂźt bien, par exemple Ă  propos de la Russie. Il est un homme honnĂȘte et respectable, mais je suis en dĂ©saccord complet Ă  propos de cette soumission Ă  l’Union europĂ©enne qui l’oblige Ă  prĂ©senter un programme d’austĂ©ritĂ© contre-productif qui va encore renforcer le matraquage fiscal et la souffrance des Français. Je prĂ©sente une autre politique Ă©conomique et sociale.

Marine Le Pen veut l’indĂ©pendance nationale. C’est bien, mais je pense qu’elle ne gagnera pas car les Français sont mĂ©fiants et inquiets Ă  l’idĂ©e qu’elle divise nos compatriotes et aussi parce que son programme Ă©conomique, pour le moment, est trop collectiviste.

Je dirais qu’une a un programme trop collectiviste et l’autre un programme trop libĂ©ral et qu’en vĂ©ritĂ© le patriotisme, le renouveau, ne fonctionneront que si nous avons un programme sĂ©rieux que je propose, appelĂ© « L’autre politique », qui consiste en la relocalisation des entreprises et en la relance du pouvoir d’achat, les deux allant de pair. L’enjeu du premier tour des Ă©lections prĂ©sidentielles est lĂ .

Nicolas Dupont-Aignan a pris la parole ce 27 novembre 2016 lors du congrès du Parti Populaire en Belgique.

Nicolas Dupont-Aignan a pris la parole le 27 novembre 2016 lors du congrès du Parti Populaire en Belgique.

Considérez-vous que Donald Trump va dans ce sens ?

Donald Trump est aux États-Unis. Nous sommes diffĂ©rents. Pour autant, Donald Trump prouve que les peuples en ont assez d’obĂ©ir Ă  leurs maĂźtres. Il a gagnĂ© parce que les AmĂ©ricains en ont assez de souffrir du systĂšme. Maintenant, il y a un mouvement de rĂ©Ă©quilibrage de la mondialisation, qui est allĂ©e trop loin, au dĂ©triment des classes moyennes. L’enjeu est d’accepter la rĂ©alitĂ© du monde : la mondialisation est un fait historique, mais il faut la rĂ©guler. Je pense que la rĂ©gulation de la mondialisation passe par la fin de l’Union EuropĂ©enne telle qu’elle est. Celle-ci doit ĂȘtre reconstruite sur des bases saines.

Vous Ă©tiez autrefois dans un parti du systĂšme. Pourquoi l’avez-vous quitté ?

Car j’étais en dĂ©saccord avec les traitĂ©s europĂ©ens qui tuent nos nations et qui de surcroĂźt ne servent pas l’Europe. Je ne vois pas l’intĂ©rĂȘt de confier le pouvoir Ă  des gens non-Ă©lus qui, pour la plupart, sont corrompus. Ce n’est pas Ă  l’ancien prĂ©sident de la Commission europĂ©enne Monsieur JosĂ© Manuel Barroso, qui est maintenant chez Goldman Sachs, ou Ă  l’actuel prĂ©sident de cette Commission europĂ©enne et ancien Premier ministre du Luxembourg Monsieur Jean-Claude Juncker, qui a crĂ©Ă© un paradis fiscal, de gouverner l’Europe, mais aux EuropĂ©ens de chaque pays.

Vous ĂȘtes malgrĂ© tout pour le maintien de l’Union europĂ©enne ?

Non, je suis pour la renĂ©gociation de tous les traitĂ©s. Cela ne s’appellera plus l’Union europĂ©enne, mais l’Europe des Nations et des Projets.

Vous ĂȘtes maire depuis 1995. Quelles sont les spĂ©cificitĂ©s de votre gestion ?

J’ai Ă©tĂ© rĂ©Ă©lu Ă  80 % des voix trois fois dans une ville de banlieue parisienne. Ce qui prouve que quand on s’occupe – au sens noble du terme – des gens, quand on respecte le peuple, quand on le sert, lorsqu’on est honnĂȘte, lorsqu’on fait du bon travail, on est rĂ©Ă©lu. Si les peuples renvoient leurs dirigeants, c’est parce que ceux-ci gouvernent mal.

Si vous n’ĂȘtes pas prĂ©sent au deuxiĂšme tour de l’élection prĂ©sidentielle, appellerez-vous Ă  voter pour un autre candidat ?

Je ferai tout pour ĂȘtre prĂ©sent.

Si vous ĂȘtes Ă©lu, qui allez-vous prendre comme Premier ministre ?

Nous verrons, mais nous aurons l’embarras du choix. Mais je m’occuperai surtout des premiĂšres dĂ©cisions qui seront : contrĂŽle des frontiĂšres, fin des travailleurs dĂ©tachĂ©s, relocalisation des emplois, renĂ©gociation de tous les traitĂ©s europĂ©ens.

Si le Royaume-Uni quitte l’Union europĂ©enne, votre alliĂ© britannique l’UKIP ne sera pas la prochaine fois au Parlement europĂ©en. Accepterez-vous de vous associer Ă  d’autres types de parti ?

La prochaine fois, nous aurons gagnĂ© en France. Il n’y aura plus d’Union europĂ©enne, mais autre chose. Il n’y aura pas d’élections europĂ©ennes en 2019 puisqu’il n’y aura plus de Parlement europĂ©en. Nous verrons oĂč nous en serons.

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.