« Emmanuel Macron, bel et bien continuateur
d’un monde politique plus « failli » qu’« ancien » ! »

 Entretien avec Philippe Randa, directeur du site de la réinformation européenne EuroLibertés

Propos recueillis par Guirec SÚvres, publiés sur le site SynthÚse nationale

Le prĂ©sident français Emmanuel Macron a comparĂ© la situation actuelle en Europe avec celle de l’entre-deux-guerres du siĂšcle dernier en fustigeant notamment les victoires des partis populistes en Europe qu’il considĂšre comme une lĂšpre ; qu’est-ce que cela vous inspire ?

D’abord, traiter ses rivaux politiques et leurs partisans de « lĂ©preux » est une injure Ă  considĂ©rer comme telle, c’est-Ă -dire par le mĂ©pris. Une telle injure ne suscite guĂšre de rĂ©probation dans la classe politique, mais on n’ose imaginer quelle aurait Ă©tĂ© la rĂ©action de celle-ci si des populistes avaient dĂ©noncĂ© leurs ennemis politiques, voire l’invasion migratoire, en termes similaires. On accuse (entre autres maux) les populistes de violences verbales, mais ils ont en gĂ©nĂ©ral plus de retenue que beaucoup de leurs adversaires. Ensuite, Emmanuel Macron n’a cessĂ© de marteler qu’il fallait en finir avec « l’ancien monde » politique : avec sa douteuse comparaison historique, il incarne justement l’« ancien monde politique » dont les reprĂ©sentants n’ont eu d’autres arguments, ces derniĂšres dĂ©cennies, que de brandir l’épouvantail d’un fascisme fantasmĂ©, mal absolu s’il en Ă©tait Ă  les entendre


Emmanuel Macron : nous fera-t-il regretter François Hollande ?

Emmanuel Macron : nous fera-t-il regretter François Hollande ?

Ces derniĂšres dĂ©cennies, c’est-Ă -dire ? Depuis la fin de la IIe Guerre mondiale ?

Non, depuis la fin des « Trente glorieuses », soit le dĂ©but du premier septennat de François Mitterrand
 Jusque-lĂ , depuis 1945, on avait surtout l’obsession de panser les plaies des deux guerres civiles europĂ©ennes, de construire une Europe forte Ă©conomiquement
 Mais avec les premiĂšres crises pĂ©troliĂšres, l’arrivĂ©e du chĂŽmage de longue durĂ©e, puis de masse, enfin avec la chute de l’URSS – soit la fin de la Guerre froide qui perdurait de façon plus ou moins larvĂ©e – et la « dĂ©couverte » par les EuropĂ©ens de l’invasion migratoire, les gouvernements ont vu la situation se dĂ©tĂ©riorer inexorablement
 Des annĂ©es durant – grosso modo, pour la France jusqu’à la fin du quinquennat de Jacques Chirac – les partis de gouvernement sont parvenus Ă  persuader une majoritĂ© d’électeurs qu’il suffisait d’attendre le retour de la croissance Ă©conomique pour vivre Ă  nouveau des lendemains qui chantent
 « SƓur Anne, ne vois-tu rien venir ? » a Ă©tĂ© le leitmotiv de la classe politique aux affaires, qu’il s’agisse des Ă©lus du Parti socialiste et de ses alliĂ©s communistes et Ă©cologistes ou de ceux de la droite et du centre
 Les quinquennats de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ayant Ă©tĂ© les requiem de cette droite et de cette gauche de gouvernement, Emmanuel Macron et sa RĂ©publique en Marche ont ramassĂ© la mise en se prĂ©sentant comme l’alternative Ă  un monde moins « ancien » que surtout « failli »  Le naufrage du pays perdurant depuis son Ă©lection, dans l’affolement d’une situation qui lui Ă©chappe chaque mois un peu plus – chĂŽmage qui perdure et s’aggrave mĂȘme selon les mois ; affaire Benalla ; dĂ©missions de Nicolas Hulot et GĂ©rard Collomb, deux « élĂ©phants » du gouvernement d’Édouard Philippe ; selfie Ă©quivoque avec des racailles d’outre-mer aprĂšs la rĂ©ception de « vogueurs » en Lunettes noires et maillots de rĂ©sille lors de la FĂȘte de la musique Ă  l’ÉlysĂ©e, etc. –, Emmanuel Macron montre qu’il n’a aucun autre argument, aucune autre dĂ©fense que de reprendre l’antienne du danger fasciste


Une rhĂ©torique de diabolisation des Populistes qui, jusqu’à prĂ©sent, a tout de mĂȘme bien fonctionnĂ© pour les empĂȘcher d’accĂ©der aux Affaires


Ralentie tout au plus car les populistes sont dans des coalitions au Pouvoir en Italie, en Autriche, en Pologne et en Hongrie ou l’ont Ă©tĂ© (Slovaquie, Finlande)
 Et sont rentrĂ©s dans la quasi-totalitĂ© des parlements oĂč ils Ă©taient jusqu’alors absents (le cas le plus significatif est celui de l’Afd en Allemagne)
 Quant Ă  la France, par deux fois en quinze ans, ils ont Ă©tĂ© au second tour de la PrĂ©sidentielle, Marine Le Pen doublant en 2017 le score de son pĂšre en 2002
 Mais si, en France, les Populistes n’ont pas profitĂ© davantage de l’écroulement de la droite et de la gauche de gouvernement, est-ce vĂ©ritablement Ă  cause de la diabolisation dont ils auraient Ă©tĂ© victimes
 ou de leur manque de crĂ©dibilité ? Ce qui Ă©tait vrai du temps de la prĂ©sidence chiraquienne – Jacques Chirac fut un mauvais prĂ©sident, mais « savait faire prĂ©sident » ; Jean-Marie Le Pen prĂ©conisait des solutions de bon sens, mais pouvait-il « faire prĂ©sident » ? Les Ă©lecteurs hĂ©sitants (ceux qui font la diffĂ©rence le soir d’une Ă©lection) ne l’ont jamais pensé  Et cela a Ă©tĂ© le cas Ă©galement pour sa fille, surtout lors de son dĂ©bat avec Emmanuel Macron. Elle a fait une campagne Ă©lectorale plutĂŽt bonne au premier tour, mais ce soir-lĂ , elle a atterrĂ© les Ă©lecteurs hĂ©sitants bien plus par sa gestuelle et ses diatribes que par ses manques d’arguments Ă©conomiques
 Donald Trump avait fait une campagne « destroy » contre tous ses rivaux, ce qui lui a permis d’ĂȘtre dĂ©signĂ© candidat des RĂ©publicains, mais lors du dĂ©bat face Ă  Hillary Clinton – mĂȘme s’il a Ă©tĂ©, dit-on, moins brillant qu’elle, et alors ? – a convaincu les Ă©lecteurs hĂ©sitants qu’il « pouvait faire prĂ©sident »  Et quoiqu’on ait pu dire de lui, quoi qu’on dise toujours, Donald Trump « fait prĂ©sident », incontestablement ! Ç’aurait pu ĂȘtre le cas des Le Pen, pĂšre ou fille, on ne le sait pas
 Ă  ce jour, en tout cas !

Et sur la situation actuelle en Europe qui ressemblerait à celle de l’entre-deux-guerres, qu’en pensez-vous ?

Je ne vois pas en quoi elle lui ressemblerait « spĂ©cialement »  À cette Ă©poque, il y avait en Allemagne un grand sentiment de revanche Ă  prendre aprĂšs l’armistice de 1918 ; un danger communiste Ă  l’Est avec la Russie bolchevique et, Ă  l’ouest, une guerre civile en Espagne
 Non, si l’on veut vraiment trouver une comparaison historique avec la situation actuelle en Europe, c’est plutĂŽt avec celle de la France de 1789, fracturĂ©e entre pays lĂ©gal et pays rĂ©el
 On peut donc craindre – ou espĂ©rer – une imminente nouvelle « nuit du 4 aoĂ»t » qui abolirait les actuels privilĂšges des reprĂ©sentants de la finance internationale et des autoproclamĂ©s dĂ©positaires des « valeurs rĂ©publicaines ». On aimerait bien d’ailleurs avoir enfin une dĂ©finition exacte de celles-ci. Cela reste pour l’heure un vƓu pieux


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