Le 26 mai prochain, l’Europe vote. Enfin, la moitiĂ© de l’Europe vu le taux d’abstention habituel Ă  cette Ă©lection. Ce qui laisse rĂȘveur quant Ă  ces 50 % d’EuropĂ©ens non concernĂ©s par leur devenir. Moutons se laissant traĂźner Ă  l’abattoir pour certains. Consommateurs au sens civique anesthĂ©siĂ© par les dĂ©mocraties libĂ©rales pour beaucoup. Citoyens dĂ©senchantĂ©s, Ă©cƓurĂ©s, retranchĂ©s dans des solutions crypto-anarchistes encore. Jeunesses massivement abstentionnistes et totalement dĂ©politisĂ©es : les dĂ©mocraties ont rĂ©ussi parfaitement avec elles leur stratĂ©gie d’accaparement du pouvoir aux mains d’élites idĂ©ologisĂ©es.

En tout Ă©tat de cause, quel que soit le rĂ©sultat, il sera illĂ©gitime, comme la plupart des Ă©lections d’ailleurs, manquant totalement de fondement populaire. Être Ă©lu avec les voix d’environ 20 % des peuples constitue une imposture qui est le cƓur de la crise dĂ©mocratique terrible que nous traversons. Crise dĂ©mocratique parfaitement assumĂ©e par nos Ă©lites qui s’en accommodent trĂšs bien et qui les sert en rĂ©alitĂ©.

La premiĂšre obligation dĂ©mocratique est de susciter l’adhĂ©sion au systĂšme dĂ©mocratique en faisant s’appliquer le principe de souverainetĂ© populaire par un vote massif et quasi gĂ©nĂ©ralisĂ©. L’échec des dĂ©mocraties est patent.

DĂ©mocraties tenues en main par des Ă©lites omniprĂ©sentes qui verrouillent un systĂšme auquel adhĂšre une minoritĂ© de votants. Comment s’étonner alors que le rĂ©fĂ©rendum d’initiative populaire soit un repoussoir absolu pour un tel pouvoir ? Les Ă©lites avancent que laisser l’initiative d’un vote Ă  une minoritĂ©, surtout sur des sujets dits sensibles – c’est-Ă -dire chasse gardĂ©e des tenants de l’idĂ©ologie dominante, est une folie. Cette seule affirmation est un dĂ©ni de souverainetĂ©.

Ce ne sont pas les initiateurs d’un rĂ©fĂ©rendum qui font le vote final. Si plus de 50 % du peuple vote par exemple le rĂ©tablissement de la peine de mort, pourquoi interdire un tel vote ? Cela prouve simplement que les dĂ©cisions majeures sur le plan sociĂ©tal, prises par les Ă©lites vont Ă  l’encontre de la volontĂ© populaire. C’est donc cela la dĂ©finition de la dĂ©mocratie postmoderne. Quant Ă  ceux qui prĂ©tendent qu’une Ă©lection notamment rĂ©fĂ©rendaire peut faire l’objet de nombreuses manipulations, ils sont seulement frustrĂ©s de leurs propres instrumentalisations dont ils sont coutumiers dans toutes les Ă©lections.

Il y a de nombreuses dictatures, certainement odieuses, qui recueillent l’adhĂ©sion d’une large majoritĂ© des peuples. D’autres, minoritaires, qui s’imposent par la force. Nos dĂ©mocraties s’apparentent de plus en plus Ă  cette seconde catĂ©gorie de dictatures. La diffĂ©rence subtile repose sur une terrible boutade bien connue de Coluche : « La dictature, c’est « Ferme ta gueule », tandis que les dĂ©mocraties c’est « Cause toujours ». »

Or, le grand combat europĂ©en annoncĂ© par Emmanuel Macron entre dĂ©mocraties libĂ©rales lĂ©gales mais illĂ©gitimes, et dĂ©mocraties illibĂ©rales, ou populismes, lĂšpres ou crypto-fascismes si ce n’est encore pire, repose sur la peur de peuples en rĂ©veil. L’avatar des Gilets Jaunes français, ou un Brexit dur de plus en plus assumĂ© par le Royaume Uni, les votes italien, hongrois, autrichien, polonais, sans compter les poussĂ©es anti-libĂ©rales de toutes sortes partout en Europe, constituent des Ă©vĂšnements certes disparates, protĂ©iformes, mais rĂ©vĂ©lateurs d’un mal-ĂȘtre europĂ©en en ordre dispersĂ© de plus en plus inquiĂ©tant pour les intĂ©rĂȘts des Ă©lites qui depuis plus de cinquante ans tiennent dans une main de fer les dogmes de leur idĂ©ologie dĂ©vastatrice.

Tout est alors bon pour dĂ©tourner un peuple mal Ă©levĂ© de mal voter. AprĂšs un « Grand dĂ©bat » qui n’est qu’un exercice didactique et pĂ©dagogique, l’annonce en France d’un rĂ©fĂ©rendum Ă  choix multiples le mĂȘme jour que l’élection europĂ©enne serait une nouvelle manipulation habile pour le pouvoir en place. Les citoyens s’y laisseront-ils encore prendre ? Wait and see.

Le combat devient frontal mĂȘme si l’on sait dĂ©jĂ  que les mouvements frondeurs, illibĂ©raux ou populistes ne pourront jamais obtenir la majoritĂ© au Parlement europĂ©en sans dĂ©passer au mieux 25 % des dĂ©putĂ©s. La peur, plus belle idĂ©e politique des dĂ©mocraties, la stigmatisation primaire, les manƓuvres subtiles, le poids des Ă©lites, les ukases des marchĂ©s et des experts idĂ©ologiques de l’économie mondialisĂ©e, se chargeront d’imposer une majoritĂ© dĂ©mocratique incontestable, fondĂ©e sur 30 % au plus des votes europĂ©ens.

Mais l’analyse de la situation de l’Europe amĂšne Ă  se poser la question de l’incompatibilitĂ© de la dĂ©mocratie rĂ©elle avec les impĂ©ratifs de la mondialisation. On retrouve ici la primautĂ© triomphante de l’économie sur le politique depuis la fin de la IIe Guerre mondiale.

Le politique s’incarne dans la dĂ©mocratie, c’est-Ă -dire la souverainetĂ© des peuples. L’économique se dĂ©finit dans la croissance, le progrĂšs et les profits infinis, c’est-Ă -dire la souverainetĂ© des puissances Ă©conomico-financiĂšres incontrĂŽlĂ©es. Les prĂ©occupations des peuples n’ont aucune commune mesure avec celles des puissances Ă©conomiques. Les uns sont soudĂ©s autour d’un vivre ensemble, de leurs identitĂ©s, lorsque les autres ne vivent que pour leurs Ă©goĂŻsmes, et pour la mixitĂ© humaine rentable d’une masse indiffĂ©renciĂ©e de consommateurs dociles.

La dĂ©mocratie est leur adversaire le plus dangereux autant qu’elle est un justificatif apaisant dont elles ont fait leur outil de pouvoir autonome. La dĂ©mocratie post-moderne et sa religion droit-de-l’hommienne, sont devenues l’arme redoutable permettant aux puissances Ă©conomico-financiĂšres mondialisĂ©es d’imposer leur vision d’un monde Ă  la merci des marchĂ©s, peuplĂ© de citoyens dĂ©naturĂ©s et transformĂ©s en zombies.

Lorsque les peuples europĂ©ens remettent en cause cette dĂ©mocratie de la mondialisation, ce n’est pas la dĂ©mocratie qu’ils contestent, au contraire, c’est la dĂ©mocratie qu’ils rĂ©clament, contre la dĂ©mocratie dĂ©guisĂ©e sous les oripeaux des puissances financiĂšres. La rĂ©ponse haineuse des missi dominici de l’économie mondialisĂ©e mis en place, Ă  commencer par Emmanuel Macron qui en constitue l’un des plus beaux fleurons, renvoie Ă  un dialogue volontairement de sourds.

Pour eux, la dĂ©mocratie c’est d’abord le triomphe de l’économie, de la finance, de la croissance et d’un progrĂšs devenu glaçant par les horreurs contre nature qu’il annonce. La souverainetĂ© du peuple, simple principe sans substance, doit ĂȘtre contenue dans les limites de prĂ©tendues valeurs culpabilisantes et indiscutables leur laissant la voie libre.

Le combat pour la démocratie passe par celui contre la mondialisation. Les peuples veulent se réapproprier la démocratie, ce qui est insoutenable pour leurs adversaires libéraux. La lutte des partisans de la mondialisation passe en revanche par son édulcoration et sa forme de coquille vide, mais remplie de slogans et de grands principes creux censés la justifier aux yeux des plus crédules et des plus naïfs.

Un fossĂ© sĂ©pare les uns et les autres et les accusations tirĂ©es de l’Histoire rĂ©cente, lĂšpre ou nazisme, Ă  l’encontre de ceux qui ont soif de vraie dĂ©mocratie, sont une imposture qui renvoie Ă  leurs auteurs les rĂ©alitĂ©s du totalitarisme moderne qu’ils incarnent.

Il faudra encore quelques Ă©tapes dans l’insupportable pour que le rĂ©veil des peuples se traduise par un retour Ă  leur souverainetĂ© rĂ©elle.

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99

A propos de l'auteur

Richard Dessens

Enseignant pendant plusieurs annĂ©es dans une Ă©cole prĂ©paratoire aux concours d’entrĂ©e aux IEP et Écoles de journalisme, Richard Dessens crĂ©e et dirige parallĂšlement une troupe de thĂ©Ăątre dans la rĂ©gion de Montpellier. Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, il est l’auteur d’ouvrages de philosophie et d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationale. Il a entres autres livres publiĂ© aux Ă©ditions Dualpha "Henri Rochefort ou la vĂ©ritable libertĂ© de la presse", "La dĂ©mocratie interdite" et "Histoire et formation de la pensĂ©e politique".

Articles similaires