À six mois des Ă©lections europĂ©ennes, un climat dĂ©lĂ©tĂšre et de provocation se dĂ©veloppe et tend Ă  chercher Ă  creuser une fracture profonde en Europe. La fin des partis traditionnels est entĂ©rinĂ©e au niveau europĂ©en par Emmanuel Macron qui recherche un affrontement violent avec ses adversaires qu’il traite ouvertement comme des ennemis issus des mouvements fascistes et nazis des annĂ©es 1930, comme il l’exprime trĂšs clairement. Il les injurie mĂȘme sans vergogne, et trĂšs loin du ton doucereux et diplomatique dont il se veut l’image relayĂ©e savoureusement notamment par la grande chaĂźne d’information BFM (dite « BFMacron »).

L'État « impartial » cher Ă  François Mitterrand et pivot de la campagne de François Hollande en 2012 vient de voler en Ă©clat


L’État « impartial » cher Ă  François Mitterrand et pivot de la campagne de François Hollande en 2012 vient de voler en Ă©clat


Ses ennemis : la « lĂšpre nationaliste » assimilĂ©e sans nuance au NSDAP ou aux Faisceaux italiens d’avant-guerre, pour susciter une « Grande Peur » en Europe et attirer Ă  lui une masse Ă©lectorale craintive, crĂ©dule et Ă©motive sur ces sujets. On attend pour bientĂŽt un rappel de la Shoah pour faire bonne mesure.

Emmanuel Macron dĂ©passe les bornes sans que personne dans la grande presse officielle ne s’en indigne, glosant, commentant et minimisant avec le plus grand sĂ©rieux les folles incartades d’un prĂ©sident qui joue avec le feu, et bien plus provocateur qu’un Donald Trump dont le moindre mot le fait vouer aux gĂ©monies. Jean-Luc MĂ©lenchon est mĂȘme un petit garçon face Ă  ses outrances inouĂŻes et ne lui arrive pas Ă  la cheville dans ses gesticulations pourtant non dĂ©nuĂ©es de fondement lorsque l’on voit ce que M. Macron est capable de faire.

Pourtant, l’élimination de tous les grands partis traditionnels d’Europe en France, Allemagne, Italie, Autriche, Hongrie ou leur affaiblissement ailleurs, sont un sujet de rĂ©jouissance Ă  la fois pour M. Macron et aussi pour les mouvements ou gouvernements taxĂ©s de « populistes ».

Ainsi les deux adversaires dĂ©clarĂ©s sont dĂ©jĂ  passĂ©s par-dessus les partis pour clarifier d’une certaine maniĂšre les enjeux europĂ©ens et leur apporter toute leur importance : l’immigration et la sĂ©curitĂ© d’une part et, avec eux, une reconsidĂ©ration de la notion d’État de droit d’une façon plus gĂ©nĂ©rale. Les petites cuisines chĂšres aux partis traditionnels sont rejetĂ©es sur le cĂŽtĂ© de la route.

Mais cette simplification apparente, et peut-ĂȘtre salutaire, cache d’autres craintes que ce « faux combat » dissimule. Les mouvements « populistes » europĂ©ens, ou amĂ©ricains maintenant, sont tous partisans d’une Ă©conomie trĂšs libĂ©rale, comme M. Macron lui-mĂȘme. C’est peut-ĂȘtre leur seul point commun, mais il est de taille. D’ailleurs le discours Ă©conomique d’Emmanuel Macron est beaucoup moins mondialiste qu’à ses dĂ©buts et tend Ă  prendre depuis peu en compte les intĂ©rĂȘts nationaux et europĂ©ens. Ce n’est probablement pas un hasard.

Qu’il puisse y avoir une convergence d’intĂ©rĂȘts Ă©conomiques, et la prĂ©sence de Steve Banon en Europe tendrait Ă  le prouver, entre M. Macron et les « Populistes » au bout du compte, est un paramĂštre qui n’est pas Ă  Ă©carter. Quitte Ă  sacrifier quelques « valeurs » europĂ©ennes pĂ©rimĂ©es, Ă  restreindre les flux d’immigration, tout en recomposant une Europe dans laquelle la haute finance aurait dĂ©finitivement pris le pouvoir. M. Macron ne serait-il pas finalement un « Trump europĂ©en » en germe ?

Pour l’instant M. Macron agite des chiffons rouges et rĂ©veille les vieux dĂ©mons du passĂ©, toujours vendeurs pour crĂ©er une apparente opposition frontale dans un nouveau bipartisme europĂ©en qui aurait au moins en commun l’élimination des vieilles structures au profit d’un grand « tout financier » tout aussi dĂ©solant, mais nouveau.

Ceci Ă©tant, il est aussi risible qu’inquiĂ©tant d’entendre l’UE et Emmanuel Macron psalmodier les valeurs intangibles et sacrĂ©es de l’« État de droit » et de visionner le clip rĂ©alisĂ© par l’État français pour mobiliser les Ă©lecteurs en vue de la prochaine Ă©lection europĂ©enne. Ce clip est totalement partisan, stigmatisant MM Orban et Salvini sans aucun complexe.

C’est un clip de « La RĂ©publique en Marche » et non celui d’un État impartial qui poursuit un but exclusivement civique. Mais « l’État impartial » cher Ă  François Mitterrand et pivot de la campagne de François Hollande en 2012 vient de voler en Ă©clat et ne doit dĂ©jĂ  plus ĂȘtre une valeur fondamentale de l’« État de droit ». Nous sommes entrĂ©s dans l’ùre nouvelle de l’« État partial » macronien sans vergogne. On croit rĂȘver.

Tout cela est aussi outrancier – tout en laissant de marbre tous les commentateurs qui, il y a peu, se seraient offusquĂ©s et auraient criĂ© Ă  la dictature si Nicolas Sarkozy avait dit et fait le dixiĂšme de M. Macron –, que la dĂ©nomination des deux futurs partis europĂ©ens amorcĂ©e par M. Macron : la « LĂšpre nationaliste » (LN) d’un cĂŽtĂ©, et de l’autre, appelons le « CholĂ©ra macronien » (CM). Par certains cĂŽtĂ©s on croit revenir avec angoisse sur les bancs du cours prĂ©paratoire (CP).

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A propos de l'auteur

Richard Dessens

Enseignant pendant plusieurs annĂ©es dans une Ă©cole prĂ©paratoire aux concours d’entrĂ©e aux IEP et Écoles de journalisme, Richard Dessens crĂ©e et dirige parallĂšlement une troupe de thĂ©Ăątre dans la rĂ©gion de Montpellier. Docteur en droit, DEA de philosophie et licenciĂ© en histoire, il est l’auteur d’ouvrages de philosophie et d’histoire des idĂ©es politiques, de relations internationale. Il a entres autres livres publiĂ© aux Ă©ditions Dualpha "Henri Rochefort ou la vĂ©ritable libertĂ© de la presse", "La dĂ©mocratie interdite" et "Histoire et formation de la pensĂ©e politique".

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