Lorsqu’à l’AssemblĂ©e, autoproclamĂ©e Constituante en juillet 1789, on disposa les places de dĂ©putĂ©s (ceux-lĂ  mĂȘmes qui avaient Ă©tĂ© envoyĂ©s aux États GĂ©nĂ©raux du royaume de France), les rĂ©actionnaires, partisans de la poursuite de l’institution monarchique de droit divin, siĂ©gĂšrent Ă  l’extrĂȘme droite du fauteuil prĂ©sidentiel
 depuis lors, l’on a toujours – et trĂšs justement – assimilĂ© l’extrĂȘme droite au conservatisme politique, Ă©conomique et social.

À dire vrai, certains monarchistes des annĂ©es 1830 Ă  1914 Ă©taient de chauds partisans de l’établissement de lois sociales et d’un salaire Ă©quitable. Certains d’entre eux inspirĂšrent Ă  LĂ©on XIII son encyclique Rerum novarum, rendue publique le 15 mai 1891, qui effraya tant le patronat europĂ©en. En France, ce patronat Ă©tait gĂ©nĂ©ralement rĂ©publicain, volontiers de tendance « radicale », voire affiliĂ© au Grand Orient, mais ses membres ne voulaient ni de rĂ©formes sociales ni d’augmentation notable des salaires. L’histoire rĂ©elle – pas celle enseignĂ©e dans nos Ă©coles et facultĂ©s – offre de petites joies au chercheur !

Comment qualifier des patriotes (voire des « nationalistes chauvins ») qui veulent amĂ©liorer le statut culturel et le pouvoir d’achat des couches les plus pauvres de la Nation ? Par le nom d’extrĂȘme droite, a-t-on pris l’habitude
 mais pour un observateur lucide, cette appellation devrait plutĂŽt ĂȘtre attribuĂ©e Ă  un patronat rĂ©trograde, qui, par son immobilisme et son Ă©goĂŻsme, permet aux marxistes, aux socialistes de salons et aux permanents syndicaux de donner pĂ©riodiquement de la voix, justifiant ainsi leur existence et leur gagne-pain : sans patronat stupide et arriĂ©rĂ©, pas de gauche ni d’extrĂȘme gauche ! L’un et l’autre s’entretiennent en une cynique interaction, dont les pauvres font les frais : Ă  octroyer trop vite de dĂ©centes conditions de vie au bon peuple, on risquerait de mettre au chĂŽmage les dĂ©magogues.

De nos jours, les deux groupes complices (patronat et pseudo-gauche) soutiennent l’immigration-invasion, utile pour fournir des travailleurs engagĂ©s Ă  bas coĂ»t par les patrons – qui ne reculent pas devant l’emploi de « clandestins » davantage sous-payĂ©s encore –, utile pour gonfler des effectifs syndicaux dĂ©sertĂ©s par des autochtones dĂ©sabusĂ©s. Tous hurlent auprĂšs des mous politiciens pour que l’on accroisse par des allocations de toutes sortes les bas salaires, ce qui est excellent pour la consommation, donc au premier chef pour la grande distribution.

Comment dĂ©signer les hommes et les femmes qui refusent l’invasion de la patrie par des Ă©lĂ©ments extra-europĂ©ens, violents, incultes, importateurs d’une religion conquĂ©rante et meurtriĂšre par son DjihĂąd (recommandĂ© Ă  tout musulman en bonne santĂ©), ces patriotes qui rĂ©clament la prioritĂ© d’embauche pour les nationaux, une meilleure protection de la production nationale exposĂ©e Ă  une concurrence extra-europĂ©enne qui bĂ©nĂ©ficie d’un dumping d’État (aux USA ou en Chine) ou de l’exploitation – selon nos critĂšres europĂ©ens – de populations encore peu exigeantes ?

Pour les dĂ©signer, plutĂŽt que d’user Ă  tort du qualificatif d’extrĂȘme-droite (qui sous-entend un conservatisme Ă©conomique et social), il convient de parler de populisme, soit une doctrine de promotion de la culture en milieu populaire, de revalorisation du travail manuel, d’exigence d’un juste salaire, adaptĂ© Ă  la qualitĂ© et Ă  la quantitĂ© du travail fourni par chacun
 bref, comme l’ont Ă©crit divers thĂ©oriciens depuis le Moyen Âge, c’est une doctrine qui se rĂ©sume par l’expression : Ă  chacun selon son dĂ».

On conçoit que ne soit guĂšre Ă  l’honneur cette notion trĂšs dĂ©mocratique, qui dĂ©finit la mĂ©ritocratie, en une Europe des Économies Unies dans le cadre de la globalisation et de la mondialisation des vies politiques et sous-culturelles, qui sont plus proches de la mĂ©diocratie (pour rester poli) que de la mĂ©ritocratie.

A propos de l'auteur

Bernard Plouvier

Ancien chef de service hospitalier, spĂ©cialisĂ© en MĂ©de­cine interne.Il est auteur de nombreux livres historiques (L’énigme Roosevelt, faux naĂŻf et vrai machiavel ; La tĂ©nĂ©breuse affaire Dreyfus ; Hitler, une biographie mĂ©dicale et politique ; Dictionnaire de la RĂ©volution française,
) et d'essais (RĂ©flexions sur le Pouvoir. De Nietzsche Ă  la Mondialisation ; Le XXIe siĂšcle ou la tentation cosmopolite ; Le devoir d’insurrection,
). Il a Ă©tĂ© Ă©lu membre de l’AcadĂ©mie des Sciences de New York en mai 1980.

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