Les 98,33 % de NON Ă  la politique de rĂ©partition par quotas d’accueil obligatoire de migrants imposĂ©e par Bruxelles au mĂ©pris des reprĂ©sentations nationales – en l’occurrence, celle du Parlement hongrois – ne doivent pas faire illusion. Avec un taux de participation de 43,35 %, le rĂ©sultat ne peut, tout simplement, ĂȘtre pris valablement en compte.

D’une part, un seuil de 50 % de bulletins exprimĂ©s Ă©tait juridiquement nĂ©cessaire pour donner son plein et entier effet Ă  cette consultation populaire. D’autre part et surtout, le « quorum » dĂ©mocratique n’est pas atteint, si l’on ajoute Ă  ce chiffre les votes blancs et nuls, ainsi que tout ce point aveugle, classiquement ignorĂ© de la sociologie politique, des Ă©lecteurs non-inscrits sur les listes Ă©lectorales.

L’Union europĂ©enne a incontestablement « gagné », tandis que le peuple hongrois s’est perdu en ne suivant pas comme un seul homme le Pouvoir en place qui tentait, assez habilement, de le protĂ©ger. Sans doute contre lui-mĂȘme, d’ailleurs.

Dans quelques semaines, en dĂ©cembre, ce sera au tour des Ă©lecteurs autrichiens de revoter au second tour de l’élection prĂ©sidentielle, prĂ©cĂ©demment censurĂ©e par la Cour constitutionnelle ayant relevĂ© de nombreuses irrĂ©gularitĂ©s lors du scrutin du 22 mai dernier. Et si, mĂȘme sur le fil, le corps Ă©lectoral se dĂ©disait en Ă©lisant le candidat soutenu par le SystĂšme, le mondialiste Alexander Van der Bellen ?

Comme demain, c’est-Ă -dire, en mai prochain, de ce cĂŽtĂ©-ci des Alpes, est-il prĂ©visible que Marine Le Pen, en dĂ©pit d’une combativitĂ© qu’elle ne manquera pas de montrer, sera battue, assommĂ©e par l’inoxydable plafond de verre rĂ©publicain.

Il y eut le « Brexit », objectera-t-on, claque formidable infligĂ©e Ă  l’Établissement, dĂ©montrant que le peuple, lorsqu’il le veut, ne se laisse pas intimider par les oukases bruxellois. Certes, mais les Anglais sont les Anglais. Leur atavisme civique ne fait pas de leur pays une dĂ©mocratie comme les autres en Europe. Elle se dĂ©finit comme une dĂ©mo-thalassocratie, tandis que notre tellurisme continental nous expose Ă  moins d’aventurisme politique. On peut gloser Ă  l’infini, et lĂ  n’est pas notre propos.

Lorsque Dominique Venner Ă©crivait que l’Europe se trouvait en Ă©tat de dormition, nous pensions, au contraire, que c’étaient davantage les nations qui Ă©taient anesthĂ©siĂ©es. L’analyse de l’historien Ă©tait gouvernĂ©e par l’axiomatique ethno-fĂ©dĂ©raliste de l’Europe des rĂ©gions, occultant arbitrairement les gĂ©nies nationaux sans lesquels, prĂ©cisĂ©ment, cette Europe « aux cent drapeaux » n’eut vraisemblablement jamais Ă©clos dans l’esprit fertile des sectateurs de l’Europe charnelle.

Comme l’observe judicieusement l’historien belge David Engels, en Europe, « la lutte contre le voisin a Ă©tĂ© l’un des Ă©lĂ©ments constitutifs de l’histoire europĂ©enne » (Le DĂ©clin. La crise de l’Union europĂ©enne et la chute de la RĂ©publique romaine, 2013, p. 130).

Or, tout se passe aujourd’hui comme si les nations Ă©taient prises dans l’irrĂ©versible courant d’une alternative impossible : mourir dans et par l’Union europĂ©enne ou s’ensevelir dans le tombeau d’un souverainisme totĂ©mique devenu, Ă  bien des Ă©gards, un combat d’arriĂšre-garde.

Sur ce point, nous sommes forcĂ©s de constater avec Éric Zemmour que si « la question de la souverainetĂ© se pose encore [
] elle n’est plus centrale. Celle de l’identitĂ© l’a remplacĂ©e au firmament des urgences historiques » (Un quinquennat pour rien, 2016, p. 16).

À l’évidence, si les peuples bruissent de cet attachement Ă  l’immĂ©moriale mĂ©lopĂ©e de la civilisation de leurs pĂšres, ils restent toujours implacablement engourdis dans le duvet de plomb de l’abĂȘtissement de masse. Il est Ă  craindre que nous soyons rentrĂ©s dans une trĂšs longue nuit aboulique.

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