Il faut encore revenir sur les vƓux prĂ©sidentiels Ă  la presse du 3 janvier 2018, cette vĂ©ritable dĂ©claration de guerre aux « dĂ©mocraties illibĂ©rales ».

La « Chronique hebdomadaire du Village planĂ©taire », n° 13, du 16 dĂ©cembre 2016 avait dĂ©jĂ  Ă©voquĂ© cette expression supposĂ©e disqualifiante. Inutile par consĂ©quent d’y revenir. Ce qui surprend dans l’intervention prĂ©sidentielle est le registre guerrier employĂ©.

« Nous devons mener cette bataille, prĂ©tend le prĂ©sident de la RĂ©publique, et cette bataille a un nom, c’est celle qui consiste Ă  dĂ©fendre pleinement l’effectivitĂ© de toutes les libertĂ©s de nos dĂ©mocraties parce qu’une tentation est lĂ  qui existe, croissante, aux frontiĂšres de l’Europe comme au sein de l’Europe, c’est la tentation des dĂ©mocraties illibĂ©rales. »

Le Premier Marcheur de l’Hexagone ajoute plus loin que « cette tentation illibĂ©rale, nous ne devons pas la prendre aujourd’hui Ă  la lĂ©gĂšre et elle constituera Ă  n’en pas douter l’un des combats que la France aura Ă  conduire, mais Ă©galement l’Union europĂ©enne, au cours de l’annĂ©e 2018 parfois avec plusieurs de ses membres. »

De son point de vue, l’inquiĂ©tude est palpable : la Syrie du PrĂ©sident Bachar al-Assad a presque gagnĂ© la guerre. L’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Espagne sont fragilisĂ©es par des crises politiques internes inĂ©dites. Les États-Unis sont en proie Ă  une guerre civile froide larvĂ©e. L’Autriche, la Bulgarie, la Slovaquie comptent dans leur gouvernement de coalition des ministres nationalistes et populistes en attendant peut-ĂȘtre l’Italie et la RĂ©publique tchĂšque. La Hongrie, le BĂ©larus, la Turquie, la Pologne, la Russie prennent une voie institutionnelle originale. Ces quelques exemples confirment la fin de l’idĂ©ologie sordide des LumiĂšres.

L’ancien assistant du philosophe Paul RicƓur ne se trompe pas.

« La crise que nous vivons aujourd’hui n’a pas de prĂ©cĂ©dent dans notre Ă©poque contemporaine, dit-il encore, c’est cette rupture entre une Ă©conomie de marchĂ©, des classes moyennes, des Ă©quilibres sociaux, la dĂ©mocratie et l’attachement aux libertĂ©s qui vont avec. Ce socle, qui depuis le XVIIIe siĂšcle avait construit le progrĂšs continu de nos dĂ©mocraties, est en train de se fissurer et, au nom de la protection d’un État, au nom parfois de la lutte contre tel ou tel risque, telle ou telle menace extĂ©rieure, d’une fascination nationaliste qui revient au portillon, plusieurs rĂ©gimes politiques sont tentĂ©s par l’illibĂ©ralisme politique. »

Le ProgrĂšs se trouve dans une impasse, du moins souhaitons-le ! La thĂ©ocratie stupide des droits humains, de l’homme, de la femme, des gamins, du trans, du cyborg et des poux ne fait plus consensus. Excellente nouvelle !

« Cette montĂ©e des fausses nouvelles, se lamente encore le locataire de l’ÉlysĂ©e, est aujourd’hui totalement jumelle de cette fascination illibĂ©rale que j’évoquais puisqu’elle est bien souvent financĂ©e par les mĂȘmes, elle est bien souvent utilisĂ©e par des puissances qui s’amusent en quelque sorte des faiblesses de la dĂ©mocratie, de son ouverture extrĂȘme, de son incapacitĂ© Ă  trier, Ă  hiĂ©rarchiser, Ă  reconnaĂźtre au fond une forme d’autoritĂ©. »

Mais trier, n’est-ce pas lĂ  une forme de discrimination ? HiĂ©rarchiser, n’est-ce pas contraire Ă  l’égalité ? Ne pas reconnaĂźtre une forme d’autoritĂ©, n’est-ce pas la revendication centrale d’un certain mai 1968 qu’il veut par ailleurs cĂ©lĂ©brer ? Et quand il affirme que « toutes les paroles ne se valent pas », ne s’agit-il pas d’imposer une doxa officielle et de prĂ©tendues vĂ©ritĂ©s rĂ©vĂ©lĂ©es bien sĂ»r incontestables ?

L’ancien ministre de l’Économie de François Hollande a toutes les raisons de s’en soucier. L’échec de la forme dĂ©mocratique reprĂ©sentative bourgeoise conduira tĂŽt ou tard les peuples du Vieux Continent Ă  adopter selon leur gĂ©nie national spĂ©cifique, des autoritĂ©s charismatiques, populaires et illibĂ©rales.

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