S’il est une tarte Ă  la crĂšme que les dĂ©tracteurs de l’Ɠuvre de la France en AlgĂ©rie utilisent abondamment, c’est celle du « statut personnel » et d’un incertain « code de l’indigĂ©nat » (dont aucun exemplaire n’a, semble-t-il, jamais Ă©tĂ© Ă©ditĂ©) imposĂ©s aux populations musulmanes pour mieux les asservir. Bien Ă©videmment, leur vĂ©hĂ©mence est Ă  la mesure de leur mĂ©connaissance totale du sujet. S’impose donc un recours Ă  l’histoire
 vous savez, celle qu’on balaye aussi prestement que sournoisement, avant de la glisser sous le tapis.

Juillet 1830. Les conditions de la reddition d’Alger imposĂ©es par le gĂ©nĂ©ral Bourmont au Dey sont on ne peut plus gĂ©nĂ©reuses pour ce qui concerne le statut des populations locales : « L’exercice de la religion mahomĂ©tane restera libre : la libertĂ© de toutes les classes d’habitants, leur religion, leurs propriĂ©tĂ©s, leur commerce et leur industrie, ne recevront aucune atteinte ; leurs femmes seront respectĂ©es ; le gĂ©nĂ©ral en chef en prend l’engagement sur l’honneur. »

Et c’est ainsi que pendant des dĂ©cennies l’armĂ©e s’impose de fait comme le meilleur dĂ©fenseur de l’Oumma et le garant de l’application de la Charia (voir les officiers des bureaux arabes, ces grands aĂźnĂ©s des officiers des affaires indigĂšnes et des SAS de la guerre d’AlgĂ©rie).

Mais bientĂŽt se pose la question portant sur le statut dĂ©finitif de cette population et la façon d’en faire une composante du peuple français. Ainsi s’ouvre un dĂ©bat, d’ailleurs toujours en cours, mais en d’autres lieux, sur les vertus respectives de la cohabitation, de l’intĂ©gration et de l’assimilation.

C’est dans ce cadre que le sĂ©natus-consulte du 14 juillet 1865 est Ă©dicté : « L’indigĂšne musulman est français : nĂ©anmoins, il continuera Ă  ĂȘtre rĂ©gi par la loi musulmane. Il peut ĂȘtre admis Ă  servir dans les armĂ©es de terre et de mer. Il peut ĂȘtre appelĂ© Ă  des fonctions et emplois civils en AlgĂ©rie. Il peut, sur sa demande, ĂȘtre admis Ă  jouir des droits des citoyens français ; dans ce cas, il est rĂ©gi par les lois civiles et politiques de la France. »

Pourtant, en 1870, seulement 194 musulmans ont souscrit Ă  la proposition qui leur offrait la pleine citoyennetĂ©. Les oulĂ©mas et autres imams avaient expliquĂ© Ă  leurs ouailles que s’engager dans une telle dĂ©marche revenait Ă  commettre une vĂ©ritable apostasie. Membres de l’Oumma, ils ne devaient se soumettre qu’à la Charia. C’est ainsi que, de ce respect de la libertĂ© individuelle, est nĂ© ce fameux « statut personnel » tant dĂ©criĂ©.

Rappelons que la situation des Juifs d’AlgĂ©rie a Ă©tĂ© rĂ©glĂ©e collectivement et autoritairement par le dĂ©cret CrĂ©mieux de 1870 (encore faut-il prĂ©ciser que son initiateur Ă©tait lui-mĂȘme israĂ©lite et sans Ă©tat d’ñme quant Ă  l’avis de ses coreligionnaires).

Le temps a passĂ©, ces « Français Ă  part entiĂšre, de Dunkerque Ă  Tamanrasset », ont Ă©tĂ© dispersĂ©s ou ensevelis par cette tempĂȘte de sable qu’on a appelĂ© fort opportunĂ©ment « Vent de l’Histoire ».

Et c’est lĂ  que, enfourchant cette impitoyable machine Ă  dĂ©zinguer le temps, je regagne ce dĂ©but 2017 pour poser une question Ă  mes avisĂ©s lecteurs : ce survol de notre passĂ© national ne vous rappelle-t-il rien ?

Le citoyen français « hexagonal » des annĂ©es Pompidou avait-il connaissance de concepts aujourd’hui vulgarisĂ©s car abondamment utilisĂ©s dans les dĂ©bats tĂ©lĂ©visĂ©s ou radiodiffusĂ©s ? Qu’aurait-il pu rĂ©pondre Ă  des questions portant sur un « imam salafiste », un « wahabite », un « frĂšre musulman », la nourriture « hallal », le port du « niqab », le « djihad », ou la « takiya » ?

Imaginait-il qu’au nom du Coran et de la Charia, on pĂ»t imposer de rĂ©server des heures de piscines aux femmes, leur interdire la frĂ©quentation d’une brasserie ou tolĂ©rer une cohabitation forcĂ©e avec une ou deux autres concubines parce que Mahomet l’a lui-mĂȘme pratiquĂ©e ?

Comment aurait-il pu prophĂ©tiser un quelconque appel Ă  vivre dans le cadre d’une dhimmitude rampante, une identitĂ© heureuse et une fraternitĂ© musulmane garantie par l’Imam de Bordeaux, Tarek Oubrou le MisĂ©ricordieux, cela Ă  l’instigation de quelques bateleurs d’estrades, soucieux de camoufler leur impuissance Ă  protĂ©ger leurs concitoyens ?

Ma boulangĂšre a eu cette rĂ©flexion plaisante : « Ils nous berlurent avec leurs zones dites de non droit. Tu parles ! J’ai une cousine qui habite Roubaix. C’est une zone de plein droit
 oui, mais coranique, celui-lĂ . »

Elle ne doit sa luciditĂ© qu’à son gros bon sens. GrĂące Ă  Dieu, elle ne saurait appartenir Ă  la « Promotion Voltaire » de l’ENA et ne deviendra donc jamais ministre de l’IntĂ©rieur, des cultes, des coups de pied occultes et autres baisers sur la babouche qui l’accompagnent.

Mais au fait, cette sympathique cousine pourra-t-elle prĂ©tendre un jour bĂ©nĂ©ficier d’un quelconque statut personnel ?

« Inch’Allah » (Dieu le veut), lui rĂ©pondrait Ahmed son chaleureux Ă©picier.

« Mektoub » (c’était Ă©crit) renchĂ©rirait Aziz, son dĂ©bonnaire boucher

Vous avez aimé cet article ?

EuroLibertĂ©s n’est pas qu’un simple blog qui pourra se contenter ad vitam aeternam de bonnes volontĂ©s aussi dĂ©vouĂ©es soient elles
 Sa promotion, son dĂ©veloppement, sa gestion, les contacts avec les auteurs nĂ©cessitent une Ă©quipe de collaborateurs compĂ©tents et disponibles et donc des ressources financiĂšres, mĂȘme si EuroLibertĂ©s n’a pas de vocation commerciale
 C’est pourquoi, je lance un appel Ă  nos lecteurs : NOUS AVONS BESOIN DE VOUS DÈS MAINTENANT car je doute que George Soros, David Rockefeller, la Carnegie Corporation, la Fondation Ford et autres Goldman-Sachs ne soient prĂȘts Ă  nous aider ; il faut dire qu’ils sont trĂšs sollicitĂ©s par les medias institutionnels
 et, comment dire, j’ai comme l’impression qu’EuroLibertĂ©s et eux, c’est assez incompatible !
 En revanche, avec vous, chers lecteurs, je prends le pari contraire ! Trois solutions pour nous soutenir : cliquez ici.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.