Au dĂ©but du mois d’aoĂ»t, un adolescent de 15 ans, Ramzi Mohammad Kaddouri, Belge d’origine marocaine, habitant Ă  Genk (dans le Limbourg en RĂ©gion flamande), est dĂ©cĂ©dĂ© suite Ă  un accident de quad au Maroc. Une information tragique, mais somme toute assez banale. Sauf que les rĂ©seaux sociaux se sont un peu emballĂ©s, pour preuve une sĂ©rie de messages assez gratinĂ©s : « Il Ă©tait en vacances dans son pays d’origine. Il donne le bon exemple en restant lĂ -bas », « Mieux vaut un qu’aucun », « Si ça, c’est un Flamand, moi je suis Saint-Nicolas », « un Arabe en moins », etc.

Inutile de dire que le ban et l’arriĂšre-ban des politiques et autres donneurs de leçons de morale sont immĂ©diatement montĂ©s au crĂ©neau. Sven Gatz, le ministre flamand de la Culture et des mĂ©dias (libĂ©ral), parle d’un « racisme dĂ©gueulasse et maladif » et ajoute que « ces gens-lĂ  doivent se faire soigner ». Du cĂŽtĂ© socialiste, c’est par la voix de la dĂ©putĂ©e flamande Tine Soens (SP-a) que l’indignation s’exprime : « Comment la mort d’un jeune garçon peut elle engendrer de telles remarques ignobles ? Qu’est-ce qui cloche dans ce monde ? »

Le Ministre prĂ©sident de la rĂ©gion flamande, Geert Bourgeois (de la N-VA, nĂ©olibĂ©raux) prĂ©sente ses condolĂ©ances aux parents de la victime et considĂšre que « les commentaires parfois haineux sur les mĂ©dias sociaux montrent qu’il y a encore beaucoup de travail pour parvenir Ă  une citoyennetĂ© partagĂ©e et Ă  une sociĂ©tĂ© inclusive. Les personnes qui utilisent un tel langage offensant feraient mieux de se regarder dans un miroir ». D’autres responsables politiques considĂšrent que « ces rĂ©actions sont indignes, dĂ©goĂ»tantes et n’ont pas leur place en Flandre. La sociĂ©tĂ© ne peut tolĂ©rer un tel racisme » (Zuhal Demir, N-VA), « Nous ne pouvons pas laisser passer ça » (Wim Dries, sociaux-chrĂ©tiens).

Comme si le phĂ©nomĂšne Ă©tait inconnu du personnel politique belge. Ont-ils hibernĂ© durant ces cinq derniĂšres annĂ©es ? Comment ne pas comprendre que les attentats sanglants perpĂ©trĂ©s en France et en Belgique par des individus dont le profil est identique et est parfaitement identifiĂ©, devaient forcĂ©ment laisser des traces, voire une haine tenace envers tous ceux qui correspondent au profil. RĂ©flexe assez naturel tout de mĂȘme. Ces excĂšs s’expliquent pour une part importante par le fait que, dĂšs aprĂšs l’horreur des attentats, on nous a servi la soupe immangeable du « pas d’amalgame ». Le moins que l’on puisse dire est que ce n’est pas le message qu’attendaient les Belges et les Français.

Dans le cas de ce jeune Belgo-Marocain, la rĂ©action des autoritĂ©s n’a pas Ă©tĂ© adĂ©quate. Au lieu de comprendre le message qui montre que le rejet de l’immigration (source d’enrichissement comme on nous le bassine depuis des dĂ©cennies) est extrĂȘmement profond chez un nombre toujours croissant de nos compatriotes, et selon moi de façon irrĂ©versible, il fallait plutĂŽt rappeler les rĂšgles fondamentales de la vie en sociĂ©tĂ©, sans stigmatiser ou donner des leçons de morale aux autochtones qui n’ont que la parole pour s’exprimer, mĂȘme si cette parole est fruste et Ă©chappe complĂštement aux codes du « politiquement correct ». D’ailleurs, la plupart d’entre eux ne savent pas qu’il existe des lois antiracistes. Ils pensent de bonne foi qu’en dĂ©mocratie la libertĂ© d’expression est inconditionnelle et totale. Ce n’est Ă©videmment pas le cas.

C’est ainsi que le commissaire divisionnaire Guido Van Wymersch, chef de corps de la police de Bruxelles, demande Ă  ses agents de police de « partir Ă  la chasse aux racistes » sur Facebook, mĂȘme en dehors des heures de travail : « La plupart des agents sont prĂ©sents sur Facebook », « de fait, ils doivent avoir le rĂ©flexe de rĂ©diger un procĂšs-verbal lorsqu’ils lisent de tels commentaires, mĂȘme hors de leurs heures de travail », « aussi bien dans la rue que sur Internet, les gens doivent comprendre que de pareilles rĂ©actions sont intolĂ©rables et ne peuvent rester impunies », prĂ©cise le commissaire.

En procĂ©dant de la sorte, ce policier ne calme en rien les esprits, au contraire. Pour beaucoup aujourd’hui, la police fait dĂ©sormais partie du clan immigrationniste, clan dĂ©signĂ© Ă  juste titre comme l’ennemi des patriotes.

 

DeuxiÚme acte : les gens du sud ont-ils le sang chaud et peut-on le dire ?

Ce 16 septembre le journal La DerniÚre Heure titrait : « Dérapage de Marc Delire sur Belfodil : pour un Franco-Algérien, il reste relativement calme. »

De quoi s’agit-il ? Marc Delire est commentateur de match de football et c’est pendant le match d’Europa League entre le Standard et le Celta Vigo, qu’il aurait tenu des propos dĂ©placĂ©s. Qu’avait donc pu dire Marc Delire pour que le ciel antiraciste lui tombe sur la tĂȘte avec une telle violence ? L’une ou l’autre comparaison animaliĂšre ? Non, pas du tout. Le journaliste s’est contentĂ© d’observer qu’un joueur franco-algĂ©rien Ă©tait restĂ© calme, sans doute parce que celui-ci avait des raisons de s’énerver. Pour les antiracistes de service, c’en Ă©tait trop. Delire suggĂ©rait par sa remarque que les « gens du sud » auraient un sang plus chaud que les autres et cela est intolĂ©rable et fait preuve d’un racisme absolument scandaleux. Évidemment, si la bien innocente remarque du journaliste sportif dĂ©clenche de telles rĂ©actions, nous ne pouvons pas ĂȘtre Ă©tonnĂ©s que dans l’affaire du dĂ©cĂšs tragique du jeune Belgo-Marocain et des commentaires excessifs sur Internet, un commissaire divisionnaire de la police de Bruxelles se croit autorisĂ© Ă  jouer les Big Brother en suggĂ©rant avec lourdeur Ă  ses agents de police de traquer les « dĂ©viants racistes » sur Internet pendant leurs heures de repos.

 

TroisiÚme acte : Au Parlement, « Retournez au Maroc »

La Belgique accuse le coup. En quelques jours, plusieurs entreprises dĂ©posent le bilan ou se dĂ©localisent. C’est le cas de Caterpillar, gĂ©ant amĂ©ricain des engins de chantier. Ces milliers de jobs perdus, malgrĂ© un investissement public important pour aider cette entreprise (le cynisme des multinationales est sans limite), faisaient dĂ©bat au Parlement fĂ©dĂ©ral ce jeudi 15 septembre. La chef de groupe de la SP.a (socialistes flamands) Meryame Kitir avait la parole et critiquait l’action du gouvernement, comme il se doit lorsqu’on est dans l’opposition, lorsque soudain, un certain Luk Van Biesen (libĂ©ral flamand), deuxiĂšme couteau au sein de son parti, invite Madame Kitir Ă  « retourner au Maroc. »

Les Ă©colos s’en mĂȘlent en affirmant avoir clairement entendu Van Besien prononcer ces mots. L’intĂ©ressĂ© nie tout en bloc dans un premier temps. Le prĂ©sident de la Chambre Siegfried Bracke (N-VA) prend la parole pour indiquer que « si les allĂ©gations Ă©taient avĂ©rĂ©es », il considĂ©rerait le propos comme « inacceptable » et inviterait l’intĂ©ressĂ© Ă  « prĂ©senter des excuses. »
Dans un deuxiĂšme temps, Luk Van Biesen dĂ©clare depuis son siĂšge dans l’hĂ©micycle que « si ses propos avaient Ă©tĂ© mal compris, il s’excusait ». Dans la soirĂ©e les choses s’accĂ©lĂšrent, la prĂ©sidente des libĂ©raux flamands Gwendolyn Rutten dĂ©clare : « Nos dĂ©putĂ©s ont une fonction d’exemple et doivent porter nos valeurs libĂ©rales toujours et partout. Il n’y a pas de place pour les mandataires qui ne reconnaissent pas ceci ». Luk Van Besien est sur un siĂšge Ă©jectable.

Le lendemain, penaud, Van Besien se prĂ©sente Ă  la presse en compagnie de Kitir pour une dĂ©claration commune. Il s’excuse pour tout le mal qu’il a causĂ©, il s’excuse auprĂšs de Madame Kitir et de la communautĂ© marocaine. Il regarde ses chaussures et se tortille les mains, spectacle lamentable pour un homme dans la cinquantaine. Madame Kitir accepte les excuses et annonce qu’ils vont ensemble lutter de toutes leurs forces contre le racisme. Rideau. L’honneur de Madame Kitir et de la communautĂ© marocaine est sauf, Van Besien conserve son mandat et ses petits avantages de parlementaire et le combat antiraciste se trouve renforcĂ©. Tout le monde y gagne semble-t-il. Peut-ĂȘtre pas, parce qu’au-delĂ  de la sortie gaillarde du sieur Van Besien Ă  la Chambre, le fond de son propos concerne le problĂšme de la concurrence des Allochtones par rapport aux Autochtones sur le marchĂ© du travail. Avant son aventure et son repentir politico-mĂ©diatique, Van Besien aurait pu lancer le dĂ©bat, maintenant il entre dans les ordres de la religion de l’antiracisme et se retrouve au purgatoire jusqu’à sa retraite parlementaire.

Alors, en Belgique, racisme Ă  tous les Ă©tages ? Pas plus qu’ailleurs sans doute. Mais il faut constater une libĂ©ration de la parole sur les questions d’identitĂ©, d’immigration, d’islam, de terrorisme, etc. Nos concitoyens considĂšrent de plus en plus que l’autoritĂ© n’est pas en phase avec ce qu’ils veulent. Sarkozy, qui sait souvent d’oĂč vient le vent, avait bien saisi cela en fustigeant les « arguties juridiques » qui minent l’action de la force publique.

Dire qu’on est en guerre et nous servir du « pas d’amalgame », de la « tolĂ©rance » et de l’« ouverture d’esprit » est absolument contradictoire.

Nos compatriotes ont bien compris les enjeux, et beaucoup d’entre eux ont clairement dĂ©fini l’ennemi. Ils considĂšrent que chaque musulman est un terroriste potentiel. Le bon sens leur fait tirer cette conclusion au nom du plus Ă©lĂ©mentaire des devoirs de prĂ©caution. Si nos gouvernants se bercent de concepts abstraits, le peuple, lui, vit dans la rĂ©alitĂ© et c’est sans doute ce qui nous sauvera.

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Philippe Randa,
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