Norbert van Handel est candidat, en place Ă©ligible, sur les listes du parti patriotique autrichien FPÖ pour les Ă©lections lĂ©gislatives du 29 septembre 2019. Lionel Baland a interrogĂ© pour EurolibertĂ©s ce baron, membre de l’Ordre europĂ©en de Saint-Georges, un ordre chrĂ©tien et conservateur de la Maison de Habsbourg-Lorraine (1).

Les mĂ©dias autrichiens vous ont rĂ©cemment surnommĂ© « le baron bleu » car vous figurez sur la liste du FPÖ pour les Ă©lections lĂ©gislatives. Pourquoi ĂȘtre passĂ© du Parti social-chrĂ©tien ÖVP au parti patriotique FPÖ. Quelles sont vos idĂ©es fondamentales et quel est votre programme en tant que probable futur dĂ©puté ?

Lors du deuxiĂšme tour des Ă©lections prĂ©sidentielles autrichiennes de 2016, le candidat du FPÖ Norbert Hofer a affrontĂ© celui issu des milieux Ă©cologistes Alexander Van der Bellen. L’ÖVP a soutenu ce dernier, alors que le premier est chrĂ©tien. Cette situation m’a conduit Ă  quitter l’ÖVP.

En mai 2019, le chancelier ÖVP Sebastian Kurz a mis fin, sans aucune nĂ©cessitĂ©, Ă  l’excellente coalition gouvernementale ÖVP-FPO. J’ai alors dĂ©cidĂ© de rejoindre le FPÖ avec qui j’étais dĂ©jĂ  en contact. Mon programme est : une Europe chrĂ©tienne, une Europe fondĂ©e sur des valeurs conservatrices, une Europe forte qui sait se dĂ©fendre et une Europe patrie des patries organisĂ©e sur le principe de subsidiaritĂ©.(2)

L’affaire de la vidĂ©o d’Ibiza a mis en avant la facilitĂ© avec laquelle des lobbys peuvent faire tomber des responsables politiques. Ces faits, qui touchent les anciennes figures de proue du FPÖ Heinz-Christian Strache et Johann Gudenus, reprĂ©sentent-ils un cas isolĂ© ou les lobbys sont-ils si puissants qu’ils peuvent faire de la politique par-delĂ  les responsables politiques ?

L’affaire de la vidĂ©o d’Ibiza est un cas grave, tant par la mĂ©thode perfide utilisĂ©e que par le contenu des conversations. Si les personnes responsables d’avoir techniquement montĂ© cette opĂ©ration sont connues, les lobbys se cachant derriĂšre n’ont pas Ă©tĂ©, pour le moment, dĂ©busquĂ©s. Les lobbys ne sont pas les seuls Ă  faire de la politique par-delĂ  les politiciens : certains mĂ©dias ne se limitent pas Ă  informer et Ă  contrĂŽler, mais s’immiscent dans la pratique de la politique. Cela va Ă  l’encontre de la sĂ©paration des pouvoirs et est malsain.

Le FPÖ dispose d’une matrice politique – liĂ©e aux idĂ©es de la rĂ©volution de 1848 – de lutte contre l’absolutisme de la monarchie, anticlĂ©ricale et visant Ă  rĂ©aliser l’union des germanophones au sein du mĂȘme État. Cette conception se situe aux antipodes du conservatisme catholique monarchiste habsbourgeois. Quelle est votre position au sein du FPÖ et quelles sont vos relations avec des tendances au sein du parti avec lesquelles vous devez avoir moins d’affinitĂ©s, comme les associations estudiantines nationalistes dĂ©nommĂ©es « Burschenschaften ». De plus, le FPÖ se qualifie lui-mĂȘme de « parti social-patriotique ».

Je souhaite que le FPÖ soit un « parti social-patriotique », mais Ă©galement que chaque pays dispose d’un parti de ce type. En effet, seules les nations fortes peuvent soutenir l’Union EuropĂ©enne en voie d’affaiblissement, sinon au lieu d’une Europe basĂ©e sur le principe de subsidiaritĂ©, celle-ci deviendra un super-État dĂ©sirant tout contrĂŽler. La rĂ©volution de 1848 Ă©tait dirigĂ©e principalement contre le systĂšme de Metternich et pas contre la maison impĂ©riale. De plus, cela s’est passĂ© il y a plus de 150 ans et le FPÖ est de nos jours un des rares partis qui soutient une politique chrĂ©tienne.

Durant mes Ă©tudes, j’ai Ă©tĂ© membre d’une association traditionnelle autrichienne catholique (Landsmannschaft) entretenant d’excellentes relations avec les associations estudiantines. Bien que les Burschenschaften ont une tradition diffĂ©rente, ce qui importe est qu’elles ont une tradition et que ces associations estudiantines nationalistes reprĂ©sentent un enrichissement intellectuel pour le FPÖ.

Quels rĂ©sultats envisagez-vous pour le FPÖ lors des Ă©lections lĂ©gislatives ? Existe-t-il des possibilitĂ©s de mettre en place une coalition pouvant façonner la politique future de l’Autriche ?

J’espĂšre que le FPÖ dĂ©crochera Ă  nouveau plus de 20 % lors des prochaines Ă©lections. Je prĂ©dis que l’ÖVP de Sebastian Kurz n’obtiendra pas plus de 34 ou 35 %. Le chemin pour une coalition ÖVP-FPÖ sera ainsi pavĂ©. Toute autre coalition gouvernementale ne peut ĂȘtre que nĂ©faste pour l’Autriche. L’implication de l’excellent ex-ministre de l’IntĂ©rieur FPÖ Herbert Kickl dans le gouvernement sera dĂ©cidĂ©e par ce dernier aprĂšs les Ă©lections.

Une coalition entre les sociaux-dĂ©mocrates du SPÖ et les patriotes du FPÖ est active au Burgenland, un État autrichien situĂ© prĂšs de la Hongrie. Le prĂ©sident fĂ©dĂ©ral du FPÖ Norbert Hofer a d’emblĂ©e refusĂ© de porter une telle alliance au niveau du gouvernement national. Pensez-vous qu’une alliance SPÖ-FPÖ est impossible au niveau fĂ©dĂ©ral ? Si oui, la raison en est-elle une incompatibilitĂ© idĂ©ologique ou de personnes ?

Cela montre que les sociaux-dĂ©mocrates du Burgenland sont pragmatiques et ne se soucient pas de savoir si le SPÖ fĂ©dĂ©ral souhaite ou non coopĂ©rer avec le FPÖ. Le prĂ©sident national du FPÖ Norbert Hofer estime que le FPÖ doit, soit s’allier avec l’ÖVP pour gouverner le pays, soit choisir l’opposition. Les reprĂ©sentants du parti doivent s’en tenir Ă  cette dĂ©cision et s’abstenir de prĂŽner d’autres possibilitĂ©s.

Notes

(1) https://www.georgsorden.at

(2) Le principe de subsidiaritĂ© veut qu’une responsabilitĂ© doit ĂȘtre prise par le plus petit niveau d’autoritĂ© publique compĂ©tent pour rĂ©soudre le problĂšme.

Norbert van Handel, le baron bleu.

Norbert van Handel, le baron bleu.

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99