La chaĂźne de tĂ©lĂ©vision C8 diffuse depuis le 17 novembre dernier chaque dimanche soir quatre Ă©pisodes de la premiĂšre saison de Survivant dĂ©signĂ©. LancĂ©e en 2015, cette sĂ©rie Ă©tatsunienne s’est arrĂȘtĂ©e au terme de trois saisons en juillet 2019. On trouve parmi ses auteurs David Guggenheim, un rĂ©dacteur des discours de Bill Clinton et d’Al Gore et l’acteur – producteur Kal Penn, fort proche de l’entourage de Barack Obama.

Quant Ă  la vedette principale, le Canadien Kiefer Sutherland, elle ne cache pas sa sympathie pour le Nouveau Parti dĂ©mocratique, l’équivalent Ă  Ottawa de GĂ©nĂ©ration.s de BenoĂźt Hamon. Cette sĂ©rie synthĂ©tise toutes les lubies nĂ©o-conservatrices et progressistes qui constituent l’idĂ©ologie de l’État profond yankee.

Librement inspirĂ©e des aventures de Jack Ryan, le hĂ©ros de Tom Clancy, l’intrigue tourne autour du « survivant dĂ©signé » Thomas Adam Kirkman. Lors de l’investiture prĂ©sidentielle tous les quatre ans et au moment du discours annuel du prĂ©sident des États-Unis sur l’état de l’Union devant les deux chambres rĂ©unies du CongrĂšs, la Maison Blanche dĂ©signe un membre du gouvernement qui, placĂ© sous la protection du Secret Service dans un lieu tenu secret, doit assumer en cas de destruction des institutions la continuitĂ© de l’État et devenir le nouveau prĂ©sident des États-Unis.

Au lendemain du 11 septembre 2001, le vice-président Dick Cheney et le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux étaient ces « survivants désignés ». Le 20 janvier 2009, jour de la prestation de serment de Barack Obama, le secrétaire à la Défense, le républicain Robert Gates, maintenu dans ses fonctions par le nouvel élu démocrate, assumait ce rÎle.

Depuis 2005, le CongrĂšs choisit lui aussi des sĂ©nateurs et des reprĂ©sentants « survivants » qui assisteront le cas Ă©chĂ©ant le nouveau prĂ©sident afin de renforcer leur lĂ©gitimitĂ© respective. La sĂ©rie s’attarde un peu sur cette fragilitĂ© constitutionnelle intrinsĂšque. SecrĂ©taire au Logement et au DĂ©veloppement urbain bientĂŽt dĂ©missionnĂ©, Thomas Kirkman est un universitaire, inscrit chez les indĂ©pendants, qui n’a participĂ© Ă  aucune campagne Ă©lectorale.

Il devient chef de l’État aprĂšs l’explosion terroriste du Capitole. Susceptible d’accĂ©der au Bureau ovale dans des circonstances tragiques, le « survivant dĂ©signé » doit respecter les conditions d’éligibilitĂ© Ă  la prĂ©sidence des USA : y ĂȘtre nĂ©, avoir au moins 35 ans et avoir eu sa nomination au poste ministĂ©riel confirmĂ©e par le SĂ©nat. Pour l’heure, en sont exclus la secrĂ©taire aux Transports de Donald Trump, Elain Chao, originaire de TaĂŻwan, naturalisĂ©e en 1972, et Chad Wolf, le secrĂ©taire Ă  la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure par intĂ©rim.

AdoptĂ© en 1967, le XXVe amendement n’évoque que le vice-prĂ©sident, mĂȘme s’il rĂ©affirme toute sa lĂ©gitimitĂ© Ă  succĂ©der au prĂ©sident Ă©lu. Le cas s’est prĂ©sentĂ© Ă  neuf reprises, huit dĂ©cĂšs et une dĂ©mission, Ă  savoir Gerald Ford, successeur de Richard Nixon en 1974. Or le vice-prĂ©sident qui accĂšde Ă  la prĂ©sidence sans avoir Ă©tĂ© Ă©lu se voit souvent dĂ©criĂ©. PrĂ©sident de droit du SĂ©nat, il est souvent Ă©cartĂ© des affaires courantes par son colistier. Truman dĂ©couvre le projet Manhattan Ă  la mort de Roosevelt. Depuis Bill Clinton, la vice-prĂ©sidence a Ă©tĂ© notoirement revalorisĂ©e et son titulaire promu coresponsable des mesures prises par l’exĂ©cutif.

Ce dĂ©dain remonte aux premiers temps des États-Unis quand le vaincu de la prĂ©sidentielle devenait nĂ©anmoins vice-prĂ©sident. MalgrĂ© le changement du mode d’élection, cette dĂ©fiance perdure. John Tyler succĂšde en 1841 Ă  William Henry Harrison investi un mois plus tĂŽt, victime d’une pleurĂ©sie mortelle. Perçu comme un homme d’État mĂ©diocre, le dixiĂšme prĂ©sident Tyler agit cependant en tant que prĂ©sident Ă  part entiĂšre et non pas comme un quelconque prĂ©sident par intĂ©rim. Il dirige en revanche les États-Unis sans aucun vice-prĂ©sident Ă  ses cĂŽtĂ©s. En cas de drame, qui l’aurait remplacĂ© ?

Le CongrĂšs vota dĂšs 1792 une premiĂšre loi de succession prĂ©sidentielle. Elle prĂ©voyait qu’en cas de vacance de la prĂ©sidence et de la vice-prĂ©sidence, la fonction reviendrait au prĂ©sident pro tempore du SĂ©nat (c’est-Ă -dire le doyen de la majoritĂ© sĂ©natoriale, aujourd’hui le rĂ©publicain de l’Iowa Chuck Grassley), puis au speaker (prĂ©sident) de la Chambre des reprĂ©sentants, soit la dĂ©mocrate californienne Nancy Pelosi. En 1886, une nouvelle loi modifie l’ordre.

La charge prĂ©sidentielle reviendrait alors au secrĂ©taire d’État (soit Mike Pompeo), puis dans l’ordre protocolaire aux autres secrĂ©taires du Cabinet. En 1947, Harry Truman promulgue un troisiĂšme ordre de succession encore en vigueur : vice-prĂ©sident, speaker, prĂ©sident pro tempore du SĂ©nat, secrĂ©taire d’État, secrĂ©taire Ă  la DĂ©fense et les onze autres ministres sur les quinze envisagĂ©s.

Toutefois, anglais oblige, les textes demeurent assez obscurs. En effet, en cas de destruction complĂšte des institutions, qu’est-ce qui empĂȘcherait les parlementaires survivants d’élire un speaker qui relĂ©guerait ainsi au second plan le survivant dĂ©signĂ© de l’exĂ©cutif ? Ce dernier serait-il contraint de dĂ©missionner quelques jours aprĂšs son entrĂ©e en fonction ? Le « survivant dĂ©signĂ© » nouveau prĂ©sident serait-il vraiment obĂ©i ? Dans la sĂ©rie, le gouverneur du Michigan ne reconnaĂźt pas l’autoritĂ© de Tom Kirkman, mais (merci les scĂ©naristes !) ce gros naĂŻf accepte de se rendre Ă  Washington oĂč il se fait arrĂȘter pour sĂ©dition et conspiration. Mais si le gouverneur avait refusĂ© de se dĂ©placer et obtenu en prime l’aide de son assemblĂ©e d’État et de la Cour suprĂȘme locale, comment aurait rĂ©agi Washington ?

Dans ce contexte exceptionnel, un État fĂ©dĂ©rĂ© pourrait bien aller jusqu’à l’épreuve de force en proclamant sa souverainetĂ© effective.

Ces interrogations ne visent pas que le « survivant dĂ©signĂ© », elles concernent aussi le speaker et le prĂ©sident pro tempore. Dans l’éventualitĂ© peu probable d’une destitution simultanĂ©e de Donald Trump et de Mike Pence, Nancy Pelosi bĂ©nĂ©ficierait-elle d’une rĂ©elle lĂ©gitimitĂ© ? Toutes ces hypothĂšses montrent en tout cas la mĂ©fiance atavique des Étatsuniens pour les modalitĂ©s non Ă©lectives de succession du rĂ©sident au 1600, Pennsylvania Avenue.

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