Cela pose une vĂ©ritable question que d’associer la presse et l’idĂ©e de libertĂ©. Ou plutĂŽt de s’interroger sur la rĂ©alitĂ© du tandem presse/libertĂ©.

En effet, en dehors des premiĂšres antiques gazettes chinoises (Kin Pau) ou des Acta Publica romains, qui n’étaient que des journaux officiels de Cour ou des comptes rendus sĂ©natoriaux, la presse en tant qu’organe privĂ© d’information et de communication n’apparaĂźt vraiment qu’avec les dĂ©buts de l’imprimerie Ă  partir du 16e siĂšcle. Elle Ă©volue et se transforme Ă  travers un combat incessant et progressif en mĂȘme temps que se dĂ©veloppent les idĂ©es nouvelles liĂ©es aux libertĂ©s d’examen arrachĂ©es en matiĂšres religieuse puis politique au rythme des schismes, rĂ©voltes et rĂ©volutions successifs qui jalonnent notre histoire depuis le protestantisme jusqu’à aujourd’hui.

Mais l’objet mĂȘme de la presse est plus intimement liĂ© Ă  l’émergence des idĂ©es et idĂ©ologies politiques. Elle en constitue l’élĂ©ment indissociable. Plus la libertĂ© politique fut grande plus la presse d’opinion fut plurale, comme ce fut le cas Ă  l’ñge d’or de la presse pendant toute la IIIe RĂ©publique. C’est dans le domaine politique que la libertĂ© de la presse se mesure vĂ©ritablement, car elle peut alors jouer son rĂŽle primitif fondamental de « mĂ©dium » ou des « mĂ©dias », c’est-Ă -dire d’intermĂ©diaire entre le pouvoir – ou les pouvoirs – et le peuple. RĂŽle d’information mais avec la diversitĂ© des interprĂ©tations et des choix politiques partisans, prĂ©sentĂ©e avec une Ă©gale diffusion.

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De la liberté politique pluraliste à la liberté monolithique moralisée

L’évolution de la dĂ©mocratie moderne issue de la IIe Guerre mondiale a peu Ă  peu changĂ© les rĂšgles de la libertĂ© de la presse au nom de valeurs et de grands principes imposant une nouvelle maniĂšre de penser et traçant une ligne rouge entre le Bien – ce qu’il faut penser – et le Mal, nouvelle donnĂ©e morale qui stigmatise les adversaires de la correction politique d’AprĂšs-Guerre.

L’imposition d’un corpus de valeurs indiscutables et non nĂ©gociables de plus en plus fourni, a entraĂźnĂ© une ratiocination de la presse jusqu’à en faire des organes prĂ©sentĂ©s comme « objectifs » et « apolitiques », c’est-Ă -dire simplement conformes aux valeurs indiscutables et non nĂ©gociables. La politique est ainsi remplacĂ©e par une morale sociĂ©tale posĂ©e au nom de rĂšgles considĂ©rĂ©es comme des vĂ©ritĂ©s absolues.

La consĂ©quence directe de l’environnement des sept derniĂšres dĂ©cennies, appuyĂ© par l’émergence de sociĂ©tĂ©s de consommation dans lesquelles l’économique et la recherche du confort individuel substituent un consommateur au citoyen dĂ©valuĂ©, est la disparition de la politique et du dĂ©bat citoyen qui l’accompagne, en dehors d’opposition Ă  la marge, de rĂ©glages de quelques curseurs Ă©conomiques ou d’affrontements de façade, sans jamais remettre en cause les orientations gĂ©nĂ©rales sacralisĂ©es et imposĂ©es par les valeurs morales sociĂ©tales, vĂ©ritable nouvelle religion, de la dĂ©mocratie dite postmoderne.

Avec la fin de la libertĂ© politique et de son expression la presse s’est coulĂ©e naturellement dans les nouveaux carcans de la nouvelle morale « apolitique », d’autant plus facilement que les journalistes, issus des mĂȘmes chapelles (École du Journalisme et Sciences Po notamment) sont naturellement convaincus de l’effectivitĂ© des valeurs proclamĂ©es comme incontournables et Ă©videntes. Ainsi, la libertĂ© de la presse est prĂ©servĂ©e dans la mesure oĂč la presse est Ă  l’image d’une idĂ©ologie moderne droit-de-l’hommienne sacralisĂ©e et indiscutable. Toutes les tendances sont donc bien reprĂ©sentĂ©es dans le cadre des valeurs de la nouvelle religion universelle dĂ©mocratique.

La question essentielle est celle de la diffusion de la libertĂ© d’expression

Cette mutation rampante et trĂšs perverse de la politique au profit de concepts moraux, universels et, de plus, juridicisĂ©s pour les rendre sanctionnables, aboutit finalement Ă  une nouvelle dĂ©finition de la libertĂ©, en y mettant des conditions, des limites et des garde-fous tels qu’il est devenu trĂšs scabreux de pouvoir encore s’en faire une idĂ©e concrĂšte. D’autant que la modernitĂ©, si elle pose de trĂšs nombreux interdits Ă  la libertĂ© d’expression, en autorise tout de mĂȘme l’existence de principe. Mais, et c’est lĂ  l’essentiel, la modernitĂ© organise la diffusion de la libertĂ© d’expression de maniĂšre telle qu’elle en reste obligatoirement confidentielle. Et ainsi inopĂ©rante. Et le tour est jouĂ©. Car le cƓur de la libertĂ© d’expression repose dans sa diffusion. La libertĂ© d’expression, mĂȘme rĂ©duite et encadrĂ©e, n’est rien sans capacitĂ© de se diffuser Ă  Ă©galitĂ© avec les autres expressions. Dans ce domaine la presse française comme celle des grandes dĂ©mocraties europĂ©ennes a parfaitement bien verrouillĂ© son prĂ© carré : grande presse Ă©crite, radios nationales et grandes chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision (au premier chef les chaĂźnes dites d’« information » comme BFM, CNews, LCI ou France Info) sont rigoureusement au diapason des Ă©vidences morales obligatoires et tiennent toutes le mĂȘme langage, diffusent les mĂȘmes infos, font les mĂȘmes choix Ă©ditoriaux, invitent les mĂȘmes commentateurs, lancent les mĂȘmes anathĂšmes, proches parfois de fatwas aseptisĂ©es, conformes ainsi Ă  ce qu’il convient de penser et Ă  ce qui est interdit de dĂ©roger.

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