« Le droit, Ă  l’ombre de l’antifascisme et de la Shoah,

(a) été absorbé par la nouvelle morale antidiscriminatoire

dite, par extension, antiraciste
 »

(Entretien avec maütre Éric Delcroix ; propos recueillis par Fabrice Dutilleul).

En cette pĂ©riode exacerbĂ©e de chasse aux sorciĂšres (rĂ©cemment, les campagnes de haine ou de censure contre Éric Zemmour, Michel Onfray, Alain Finkielkraut, etc.), il nous a paru important de publier cet entretien avec MaĂźtre Éric Delcroix, auteur du ThĂ©Ăątre de Satan (Ă©ditions L’Æncre).

Pourquoi le « Théùtre de Satan » ?

J’ai repris l’expression d’un universitaire, Robert Muchembled, pour dĂ©signer toute la fantasmagorie sidĂ©rante qui rendait possible les procĂšs en sorcellerie (voyez, Les derniers bĂ»chers, Ramsay, 1981). MĂȘme un penseur politique classique, dĂ©couvreur du mĂ©canisme de l’inflation monĂ©taire, comme Jean Bodin, croyait aux sorciĂšres, au point de commettre un abominable monument de superstition judiciaire, De la dĂ©monomanie des sorciers (1587). Or, malheureusement, de tels errements sont redevenus d’actualitĂ©, le droit, Ă  l’ombre de l’antifascisme et de la Shoah ayant Ă©tĂ© absorbĂ© par la nouvelle morale antidiscriminatoire dite, par extension, antiraciste


Qu’est-ce à dire ?

À l’exemple du retour au droit archaĂŻque des procĂšs en sorcellerie qu’a Ă©tĂ© le grand procĂšs de Nuremberg (1945-1946), notre droit, spĂ©cialement pĂ©nal, a cessĂ© d’ĂȘtre rationnel et impartial. Jusqu’à la loi Pleven du 1er juillet 1972, en France, on Ă©tait encore jugĂ© en fonction de l’acte commis. Certes, il fallait un « élĂ©ment intentionnel » – c’est-Ă -dire la conscience de l’acte, ce qui renvoyait Ă  la seule question « le sujet a-t-il voulu l’acte ? » – criminel. DĂ©sormais, avec les lois Pleven et celles qui s’en sont suivies, la question est de plus en plus « pourquoi a-t-il voulu l’acte ? », c’est Ă  dire le mobile du sujet est-il conforme Ă  la morale ? Cela renvoie, comme dans la morale monothĂ©iste, Ă  l’examen du for intĂ©rieur, le droit Ă©tant confondu avec la morale, ce dont nous Ă©tions libĂ©rĂ©s depuis le XVIIIe siĂšcle avec Kant ou Beccaria. Dans la morale chrĂ©tienne intime, un acte en soi autorisĂ©, peut devenir un pĂ©chĂ© si le sujet en son for intĂ©rieur est mĂ» par l’un des sept pĂ©chĂ©s capitaux ; dans la morale Ă©galitariste contemporaine, un acte qui n’est pas en soi un dĂ©lit peut le devenir si son auteur est mĂ» par une arriĂšre-pensĂ©e discriminatoire illicite. Dans la France post-rĂ©volutionnaire, en dehors des crimes de trahison, plus politiques que juridiques, le mobile n’était jamais un Ă©lĂ©ment constitutif du crime ou dĂ©lit, sauf dans le cas des lois contre les actes anarchistes, en 1894, aussi les a-t-on appelĂ© lois scĂ©lĂ©rates !

Pouvez-vous nous en donner des exemples concrets ?

Depuis la loi Pleven, le propriĂ©taire d’un appartement est toujours censĂ© demeurer libre de choisir son locataire, mais si son « libre » arbitre a pour ressort intime le refus de louer Ă  un Musulman ou un Tzigane, il commet un dĂ©lit-pĂ©chĂ©, un dĂ©lit peccamineux pour reprendre l’expression issue de la morale chrĂ©tienne. Autre exemple, dans l’état actuel du droit, le mobile discriminatoire est un cas gĂ©nĂ©ral d’aggravation des crimes et dĂ©lits. Aussi est-il formellement plus grave d’incendier une mosquĂ©e qu’un supermarchĂ© (crime a priori non peccamineux, sauf meilleure inquisition de l’état d’ñme de l’auteur). Mais les Français demeurent dans l’illusion du caractĂšre laĂŻc de l’État, ce que je dĂ©veloppe Ă©galement dans Le ThĂ©Ăątre de Satan.

Pouvez-vous préciser ce point ?

Depuis la loi Pleven, dont les principes ont fini par ĂȘtre gĂ©nĂ©ralisĂ©s par les lois subsĂ©quentes, s’attaquer Ă  quiconque en raison de sa religion est assimilĂ© au « racisme » protĂ©iforme. Aussi pouvez-vous dire que le communisme rend pervers, mais pas que l’islam ou le judaĂŻsme rend pervers. J’ai essayĂ© de forlancer les magistrats lĂ -dessus, mais, de nos jours, lorsqu’une juridiction se sent en danger au regard de l’IdĂ©ologie, elle rĂ©pond Ă  cĂŽtĂ© de la question : le hors sujet, proscrit en fac de droit, devient l’art suprĂȘme dans l’exposĂ© des motifs des jugements et arrĂȘts… 

Vous avez dit « en danger » ?

Évidemment, les magistrats aussi vivent dans la crainte du systĂšme, sous la chape d’un nouvel ordre moral dont la puissance est relayĂ©e par tous les organismes politiques, sociaux et mĂ©diatiques. Les libres discriminations, qui Ă©taient le lot de tout-un-chacun, qui relevaient de la licence arbitraire de la personne privĂ©e, ont vĂ©cu au nom de l’antiracisme passionnel. Toutes les discriminations naturelles sont devenues lĂ©galement punissables ; les discriminations artificielles seules demeurent libres, telles les discriminations par l’argent. (Remarquez que, corrĂ©lativement, la provocation Ă  la haine ou Ă  la discrimination de classe n’est pas un dĂ©lit). C’est tout cela que je dĂ©cris et condamne dans Le ThĂ©Ăątre de Satan. Entre mon entrĂ©e au barreau et mon dĂ©part, Ă©cƓurĂ©, j’ai vu sur quatre dĂ©cennies, dans le silence gĂ©nĂ©ral, mi-inconscient, mi-lĂąche, l’inversion de tout notre droit et de ce que les juristes appellent l’ordre public.

Le ThĂ©Ăątre de Satan d’Éric Delcroix, 448 pages, 31 euros, Ă©ditions L’Æncre, collection « Politiquement incorrect ». Pour commander ce livre, cliquez ici.

Éric Delcroix, Le ThĂ©Ăątre de Satan (Ă©ditions L’Æncre).

Éric Delcroix, Le ThĂ©Ăątre de Satan (Ă©ditions L’Æncre).

EuroLibertĂ©s : toujours mieux vous rĂ©-informer 
 GRÂCE À VOUS !

Ne financez pas le systÚme ! Financez EuroLibertés !

EuroLibertĂ©s rĂ©-informe parce qu’EuroLibertĂ©s est un mĂ©dia qui ne dĂ©pend ni du SystĂšme, ni des banques, ni des lobbies et qui est dĂ©gagĂ© de tout politiquement correct.

Fort d’une audience grandissante avec 60 000 visiteurs uniques par mois, EuroLibertĂ©s est un acteur incontournable de dissection des politiques europĂ©ennes menĂ©es dans les États europĂ©ens membres ou non de l’Union europĂ©enne.

Ne bĂ©nĂ©ficiant d’aucune subvention, Ă  la diffĂ©rence des mĂ©dias du systĂšme, et intĂ©gralement animĂ© par des bĂ©nĂ©voles, EuroLibertĂ©s a nĂ©anmoins un coĂ»t qui englobe les frais de crĂ©ation et d’administration du site, les mailings de promotion et enfin les dĂ©placements indispensables pour la rĂ©alisation d’interviews.

EuroLibertĂ©s est un organe de presse d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Chaque don ouvre droit à une dĂ©duction fiscale Ă  hauteur de 66 %. À titre d’exemple, un don de 100 euros offre une dĂ©duction fiscale de 66 euros. Ainsi, votre don ne vous coĂ»te en rĂ©alitĂ© que 34 euros.

Philippe Randa,
Directeur d’EuroLibertĂ©s.

Quatre solutions pour nous soutenir :

1 : Faire un don par virement bancaire

Titulaire du compte (Account Owner) : EURO LIBERTES
Domiciliation : CIC FOUESNANT
IBAN (International Bank Account Number) :
FR76 3004 7140 6700 0202 0390 185
BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFRPP

2 : Faire un don par paypal (paiement sécurisé SSL)

Sur le site EuroLibertĂ©s (www.eurolibertes.com), en cliquant, vous serez alors redirigĂ© vers le site de paiement en ligne PayPal. Transaction 100 % sĂ©curisĂ©e.‹ 

3 : Faire un don par chĂšque bancaire Ă  l’ordre d’EuroLibertĂ©s

à retourner à : EuroLibertés
BP 400 35 – 94271 Le Kremlin-BicĂȘtre cedex – France

4 : Faire un don par carte bancaire

Pour cela, téléphonez à Marie-France Marceau au 06 77 60 24  99