Les Allemands vont-ils en finir une bonne fois pour toutes avec leur passĂ© national-socialiste ? Jeter aux oubliettes de l’histoire le carcan de leur dĂ©faite de 1945 qui les empĂȘche depuis cette Ă©poque d’apprĂ©hender leur avenir comme le ferait n’importe quelle autre nation ?

Et si la politique d’ouverture des frontiĂšres aux pseudo-rĂ©fugiĂ©s du Moyen-Orient l’an dernier, imposĂ©e par la chanceliĂšre Angela Merkel, allait ĂȘtre le dĂ©tonateur d’un changement des mentalitĂ©s ? Avec des consĂ©quences exactement contraires Ă  celles voulues par les mondialistes ?

Car dĂ©sormais, certains responsables politiques d’outre-Rhin rĂ©clament ouvertement de faire appel Ă  l’armĂ©e pour assurer la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure.

« Il faudrait que dans certaines situations extrĂȘmes comme les attaques terroristes, nous puissions recourir aux forces de la Bundeswehr », a dĂ©clarĂ© le ministre de l’IntĂ©rieur du land de BaviĂšre, Joachim Herrmann, membre du parti CSU (propos rapportĂ©s par le quotidien Welt am Sonntag). Et d’ajouter pour bien se faire comprendre : « Les rĂ©ticences justifiĂ©es par l’histoire sont dĂ©passĂ©es. Nous ne vivons plus Ă  l’époque de la RĂ©publique de Weimar. Notre dĂ©mocratie est absolument stable. »

Soit, en d’autres termes : Le passĂ©, c’est le passĂ© et le prĂ©sent, c’est le terrorisme islamique !

D’oĂč plusieurs mesures sĂ©curitaires proposĂ©es cette semaine par le ministre allemand de l’IntĂ©rieur, Thomas de MaiziĂšre (Union chrĂ©tienne-dĂ©mocrate, CDU), parmi lesquelles une procĂ©dure d’expulsion accĂ©lĂ©rĂ©e contre les rĂ©fugiĂ©s ou demandeurs d’asile « prĂ©sentant un danger pour la sĂ©curitĂ© publique », ainsi qu’un assouplissement du secret mĂ©dical : les mĂ©decins pourraient ainsi « informer Ă  temps les autoritĂ©s des crimes planifiĂ©s par leurs patients. »

D’autres mesures seraient envisagĂ©es pour renforcer la sĂ©curitĂ© Ă  l’intĂ©rieur des frontiĂšres allemandes ; Nathalie Versieux, correspondante Ă  Berlin pour le quotidien LibĂ©ration, en a dressĂ© une liste non exhaustive : «  dĂ©chĂ©ance de nationalitĂ©, interdiction du voile intĂ©gral, surveillance du financement des mosquĂ©es, expulsions de prĂ©dicateurs haineux, recrutement de 15 000 officiers de police d’ici 2020, davantage de vidĂ©osurveillance dans les lieux publics et crĂ©ation d’un centre de lutte contre la cybercriminalitĂ© au sein de la police afin de combattre le trafic d’armes sur le web, etc. »

« Les Allemands qui participent aux combats Ă  l’étranger pour une milice terroriste et qui possĂšdent une autre nationalitĂ© doivent Ă  l’avenir perdre leur nationalitĂ© allemande » a bel et bien rĂ©clamĂ© Thomas de MaiziĂšre.

Selon La Croix, « d’aprĂšs un dĂ©compte effectuĂ© par les services secrets allemands en mai, 820 djihadistes ont quittĂ© l’Allemagne pour la Syrie et l’Irak, un tiers Ă©tant dĂ©jĂ  rentrĂ©s au pays. »

Évidemment, de telles annonces, qu’elles soient rĂ©ellement envisagĂ©es ou diffusĂ©es comme simples rumeurs pour calmer une opinion allemande Ă©branlĂ©e par les attaques terroristes en juillet dernier, ne sont pas exemptes d’arriĂšre-pensĂ©es Ă©lectorales : le parti populiste Alternative pour l’Allemagne (AfD) a plus que jamais le vent en poupe.

Frauke Petry, prĂ©sidente de l’AfD, a rĂ©clamĂ© le recours aux armes Ă  feu aux frontiĂšres pour arrĂȘter le flux des migrants clandestins, ce qui a dĂ©clenchĂ© les polĂ©miques qu’on imagine : « Nous avons besoin d’un contrĂŽle efficace afin d’empĂȘcher qu’il y ait autant de demandeurs d’asiles non-enregistrĂ©s qui entrent dans le pays par l’Autriche [
] Aucun policier n’a envie de tirer sur des rĂ©fugiĂ©s, et moi non plus je ne le veux pas. Mais en derniĂšre instance, on doit pouvoir avoir recours aux armes », a-t-elle ainsi dĂ©clarĂ© au Mannheimer Morgen.

Le poids Ă©lectoral de ce mouvement populiste est de plus en plus significatif, d’autant que « L’AfD peut espĂ©rer une victoire politique, car il ne se rattache pas au souvenir du national-socialisme et donc pas Ă  l’extrĂȘme droite », confirme de son cĂŽtĂ© le politologue Jean Yves Camus, directeur de l’observatoire des radicalitĂ©s politiques de la Fondation Jean JaurĂšs.

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